‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 104 sur 255 · NÉCROSE DE LA. CORNÉE · texte numérisé non relu

NÉCROSE DE LA. CORNÉE

lète de sjmplôines inlIaniiDaloires; quelquefois même le reste de la cornée conîrve sa transparence, comme cela est arrivé chez le malade de Richet, ainsi ue chez un autre que j'ai eu l'occasion d'observer dans le service de Trousseau à Hôtel-Dieu.

Anatomie pathologique. — D'après les Signes décrits plus haut, on peut adjettre en principe que les nerfs de la cinquième paire sont altérés ; sous l'influence e cette altération, les cellules cornéennes subissent une dégénérescence grais- 3use, comme His l'a mis en lumière.

Étioiogic. — Chaque fois que la cornée est entourée d'un bourrelet épais de I conjonctive, et qu'elle se trouble, i! y a lieu de supposer que la nécrose se roduit. C'est ainsi qu'on la rencontre dans les conjonctivites blennorrhagiques, urulentes, diphthéritiques, scrofuleuses, et après certaines opérations de la calaacte.

La compression que subit la cornée dans le glaucome par suite de la tension itraoculaire, ou par suite de tumeurs qui chassent l'œil hors de l'orbite, peut tonner lieu à une ulcération partielle de cette tunique, mais sans conséquences ;raves.

Les tumeurs cérébrales, les méningites tuberculeuses qui attaquent le ganglion le Casser, les tumeurs cancéreuses ou autres, qui envahissent l'origine du nerf rijumeau, occasionnent aussi la nécrose de la cornée.

, Pronostic. — Il est très-grave, et l'on doit craindre la destruction complète de j cornée, surtout dans l'ophthalmie purulente. Les nécroses paralytiques préserient moins de danger, et comme la paralysie des nerfs trijumeaux est souvent in- ;omplète, cette paralysie peut guérir et avec elle la cornée.

Traitement. — Dans les ophthalmies purulentes de toute sorte, il faut surveiller 'état de la cornée pour exciser le bourrelet chémosique péricornéen, aussitôt que lelte tunique est menacée.

Dans les affections cérébrales, il n'existe d'ordinaire aucun moyen direct de ;uérison ; c'est contre la maladie cérébrale que le praticien doit diriger toute son iltention.

On peut agir localement avec efficacité en instillant allernalivemenl le collyre l'atropine et d'éserine; puis on aura recours à quelques légers collyres astrinjentset aux lotions aromatiques, telles qu'infusion de camomille, de thé vert, etc.

Quand l'eschare n'est que superficielle, on peut la loucher avec une légère solution d'eau chlorurée, comme Dupuytren l'avait conseillé.

Bibliographie. — Sanson, Dictionnaire de médecine en 15 vol., Paris, 1833, t. X, p. QQli, art. Kératite. — Cliassaignac, D'un mode d'ulcère spéc. de la cornée {Gaz. des hôp. 1855, p. 102. — Trousseau, Fonte de la cornée dans les fièvres putrides [Archives yénér. de méd. 15« série, t. VII, p. 460). — Claude Bernard, Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux. Paris, 1858, t. II, p. 56 et suiv. — Snellen, Traitement et guérison de la kérato-conjonctivite consécutive à la paralysie du nerf trijumeau chez l'homme [Nederlandsch Tijdschrift voor Geneeskunde, 1864, p. 177 et Annales d'oculist., 1865 janv. et févr., p. 178). — Graefe, Hornhautverschwiirung bei infantiler Encéphalites {Archiv f, Ophthalm., Bd. XII, Abth. II, S. 250).

MALADIES ML LA COHNliE.

AllTlCKE IV.

KÊRA'rm GlJANULtUSE OU PANNUS.

Celle aiïeclioii csl ordinaireineiil supeificielle : elle occupe les couches les pi cxlcines de la cornée; le pus granuleux s'y inlillre, alleinlles cellules épilhélial qui se gonflenl et se désagrégenl à leur tour ; bientôt des vaisseaux apparaisse dans la moitié supérieure de la cornée. Leur présence en grand nond)! e iniprii à la kératite un cachet tout particulier, qui a valu à la maladie le nom de panm ou de kératite vascalaire.

iSymp^omatoiogic. — La kératite granuleuse est caractérisée dès le début p un engorgement du limbe conjonctival péricornéen et par un soulèvement p places de l'épithélium à la partie supérieure de la cornée. Le pus granuleux tr verse les couches épithélialcs, s'inlilire dans la membrane élastique antérieu ainsi que dans les couches superficielles propres de cette membrane, et y co stitue des amas blanchâtres. La tunique cornécnne perd sa transparence dai toute celte étendue; elle devient opa(iue, blanchâtre, légèrement terne et dépoli

A partir de ce moment on aperçoit à sa surface des dépressions plus ou moii nombreuses, luisanteS; présentant de véritables facettes planes.

Au voisinage de ces facettes, on trouve de nombreux points opaques, blanchâtres, qui sont le résultat de l'accumulation du pus granuleux. Telles sont le altérations qui constituent la première période de la kératite granuleuse.

Une infdtration aussi considérable du pus granuleux dans la cornée ou d'ui sorte d'exsudation albumineuse, selon Gaffe, ne peut persister sans y amena des troubles notables de nutiiiion. Les nerfs cornéens sont irrités d'une manier continue; celle irritation, en se traiismeltant h la région périkératique, y dév loppe une circulation plus active, plus énergique; des vaisseaux nombreux n tardent pas à se déveloj)per, d'abord à la partie supérieure de la cornée et pu successivement sur toute l'étendue de cette membrane.

Dans cette forme de kératite, les vaisseaux suivent donc l'infiltration granu leuse et constituent la secoiule période de la maladie, conformément à cequel'o observe dans d'autres kératites.

La kératite granuleuse devient ainsi vasculaire, et les vaisseaux occupent 1 couche sous-épithéliale ainsi que la couche sous-jacente ; ils se développent d'ha bilude d'une manière Irès-Ientc, et, quoique nombreux, ils sont si petits et s fins que souvent on ne peut les apercevoir qu'à l'aide d'un verre grossissant.

Mais, à mesure que l'irritation des nerfs cornéens augmente, les yeux de viennent plus sensibles pour la lumière, et un larmoiement considérable survient. Le trouble de la cornée tend aussi h se généraliser ; des taches nouvelles plus épaisses se dessinent çà et là et la vascularisation s'accroît. Cette vascularisation semble communiquer avec les vaisseaux de la conjonctive, et l'on remarque quelquefois au bord de la cornée, en haut surtout, une rougeur tellement vive dans la conjonctive bulr baire périkératique, qu'on serait tenté de prendre cette rougeur pour une formation de bourgeons charnus ; d'où la dénomination de pannus crassus, dont se servent les auteurs anglais.

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