FIG
FiG. 153 bis.
Dans un cas que j'ai observé, la pupille avait la forme d'un trèfle, cl le malade percLvait consomment cette ligure devant ses yeux. iMackenzie a constate uiic
DE L'ilUTlS liN GÉNÉKAL. à6\)
fois cinq brides qui donnaient à la pupille la l'orme d'une feuille de chêne ; quelquefois elle a la figure d'un losange (Denonvilliers et Gosselin).
Plusieurs auteurs ont attaché une importance toute spéciale à la forme que prend la pupille dans les iriiis, prétendant trouver dans ce signe une explication des causes rhumatismale, syphilitique ou autre de l'inllammalion. Ainsi Middlemore pensait que l'iritis était due à une dialhèse rhumatismale, quand la pupille était allongée en dedans et en haut. Beer considère le déplacement de la pupille en haut et en dedans comme un caractère de l'iritis syphilitique, de sorte qu'au lieu d'être située au centre, celte ouverture se trouverait placée beaucoup plus près du bord supérieur et interne de cette membrane. On comprend facilement combien était erronée une pareille opinion ; quelles que soient, ert effet, les adhérences de l'iris, la nature de l'inllammation ne pourra être reconnue que par les signes rationnels de la maladie.
( 5. Lymphe plastique, hypopyon et hypkéma. — Lorsque l'iritis acquiert une certaine intensité et que l'inflammation gagne par voisinage le procès ciliaire, la sécrétion morbide s'épanche dans l'humeur aqueuse. Alors la pupille se trouble, devient louche et se remplit d'une sorte de fumée ou voile blanchâtre; bientôt, cette exsudation se répand dans toute l'humeur aqueuse et lui imprime une Coloration terne et nuageuse.
: Dans certaines formes d'iritis plastiques, la lymphe forme des flocons blanchâtres suspendus dans l'humeur aqueuse, et quelquefois la quantité de cette exsudation augmente à tel point que la chambre antérieure en est complètement tt'eraplie et que l'iris échappe au regard.
L'iritis est quelquefois accompagnée d'une accumulation de ))us dans la partie iéclive de la chambre antérieure, et il se produit un véritable hypopyon.
Une certaine quantité de sang se mêle par exception à l'humeur aqueuse, ce •jui est désigné sous le nom d'/typhéma. Ce sang occupe la partie inférieure de a chambre antérieure; mais, à chaque mouvement de la tête, il se déplace, et orsqu'il remonte jusqu'au bord de la pupille^ il se répand à la surface du crisallin et fait voir les objets colorés en rouge. J'ai eu occasion d'observer un cas nialogue chez un haut fonctionnaire de l'Université de Pari», que le docteur S. Gueneau de Mussy m'avait obligeamment adressé. Ce malade était atteint l'une iriiis avec hyphéma, et, chaque fois qu'il baissait la tête, les objets lui pa- •aissaient pendant quelques instants colorés en rouge.
6. Kératite ponctuée ou disséminée. — Dans certaines variétés d'iritis, la :ornée prend part à Tinflammation : tantôt il se forme des dépôts brunâtres, )ointillés, près de la meud)rane de Descemet ; ils ont reçu la dénomination de :ératile ponctuée; tanlôt, c'est une véritable kératite disséminée qui se développe )ar exemple dans le courant d'une iriiis syphilitique. J'ai trouvé quelquefois dans a cornée, à la suite d'une iritis, des dépôts noirs comme des taches d'encre. Pourant la cornée conserve dans la grande majorité des cas sa transparence cor!)plète.
7. La sclérotique est habituellement injectée au pourtour de la cornée, ce qui !St dû à l'engorgement des vaisseaux qui communiquent avec Tiris. Mais la
^naladie débute (luclquefois par une périsclérite ou par une sclérite, qui s'amendent L disparaissent même complètement aussitôt que l'iritis a pris toute son évolution. I:'est ainsi que les choses se sont passées chez un malade goutteux que j'ai traité
•^•J^^ -MALADILiS l)K l.'jKIS.
en hSbOpoiir une iriiis el auquel G. Sée (loiinail des soins pour ses attaques goulleuses.
b. Gonflement, condylomes el abcès dam l'iris.— Par suite de rinllaniniaiion pareuchyinateuse de l'iris, la surface de celle-ci devient lomenleuse ; ses libres sont moins distinctes, tout son parenchyme se gonfle. Tar places on y remarque ([uelqucfois des élevures plus ou moins marquées, et (|ui ne sont autres que des condylomes dans la syphilis ou des abcès dans les iritis suppurative, strumeusc ou scrofuleuse. Velpeau a vu jusqu'à cinq abcès chez un homme d'environ cinquante ans. Pour ma part, j'ai vu chez un enfant scrofulcux trois abcès volumineux dans l'iris, lesquels donnèrent lieu à un hypopyon.
Signes pliysiologitiue». — J . Névralgies ciliaires. — Au début de la maladie et quelquefois pendant toute la durée de l'iritis, les malades n'éprouveiii aucune douleur vive; tout au plus s'ils ressentent une sensation de plénitude ei de chaleur dans l'œil ; en même temps, l'œil semble plus gros et comme chassé de l'orbite.
Habituellement cette forme bénigne ne dure pas longtemps, des douleurs plus vives apparaissent sous forme d'élancements dans l'œil et de douleurs pulsatives au fond de l'orbite. Les mêmes douleurs lancinantes se manifestent sur le fiont, le long de la branche du nerf .sus-orbitaire, et s'irradient à toutes ses ramifications frontales et temporales. Tantôt toute la moitié de la tête, ainsi que le sommet, est endolorie; dans d'autres cas, les branches sous-orbitaires et dentaires sont aussi irritées.
Mais ces douleurs ne sont pas continuelles; elles viennent par crises, et s'exaspèrent régulièrement tous les soirs et pendant la nuit pour se calmer dans le jour.
Les névralgies ciliaires occupent quelquefois toutes les branches de la cinquième paire; mais on rencontre d'autres formes d'iritis qui ne sont suivies que de l'irritation d'une seule branche. Ainsi, j'ai soigné un homme âgé (le quarante ans, porteur à la halle, et qui, pris en premier lieu de douleurs dentaires violentes, s'était laissé arracher inutilement deux dents. Ces douleurs étaient consécutives à une iritis.è Un traitement convenable en eut facilement raison. ^
2. Pliolophobie. — L'exagération de la sensibilité des nerfs ciliaires rend l'œil' plus impressionnable pour la lumière; cette sensibilité exagérée ou photophobie est presque toujours en raison directe de l'intensité de l'inflammation. Quelques' auteurs ont, à lort, attribué ce phénomène à une congestion sinmltanéc de la. rétine. L'expérience m'a prouvé que la rétine n'est point malade, et que celle irritation est due à la surexcitation des nerfs ciliaires.
3. Il en est de même de Vépiphora ou du larmoiement, qui devient quelquefois! excessif, et qui ne diminue qu'à mesure que l'iritis perd de sa gravité. '
k. Trouble de la vue. — Les inflammations de l'iris n'amènent pas, en général, de trouble notable de la vue ; mais plus l'exsudation est considérable dans la pu4 pille, plus la vue devient voilée et masquée. Quelquefois les malades éprouvent des sensations lumineuses dans les yeux; mais ce phénomène est rare.
Pour Chavernac (1), une iritis est toujours accompagnée « d'un certain degré
(1) Cliavcrriac, Din y nostic différentiel des inflammations du tism irido-c/ioroïdirn . Montpellier, d86G, p. 29.
DE L'IRITIS liN GÉNÉRAL. ''^l^
(le rétinite, de conjoiicliviie, et d'une légère inflammalion de l'hémisphère anlériour de la capsule, s'étendant parfois à la choroïde. »
Sans admettre l'inllamniation concomitante de toutes ces membranes, nous a\ons pu y constater un degré plus ou moins grand d'injection, et la papille du iH>rf optique, comparée à celle du côté sain, était d'ordinaire plus rouge, congeslionnée. Souvent nous avons trouvé le corps vitré rempli de flocons, et la capsule antérieure trouble et parsemée de nombreux points opaques, blanchâtres, qui paraissaient être dans l'épaisseur de la membrane, et n'avaient rien de commun avec les dépôts pigmentaires. J'ai pu les voir surtout en examinant le fond de l'œil avec un miroir, derrière lequel je plaçais une lentille convexe de 2 pouces 1/2,
Ces dilïérents symptômes d'iritis peuvent varier selon que la maladie a envahi toute la substance de l'iris ou qu'elle occupe sa surface antérieure ou posté- ' ieure.
Prenant pour caractères des maladies la structure analomique et les différentes lormes d'inflammation, on devra distinguer, avec Ammon, Desmarres et S. Wells, .les formes suivantes d'iritis.
* A. iRiTis SÉREUSE OU AQUO-CAPSULiTis DES AUTEURS. — Elle est Caractérisée surtout par une augmentation de la sécrétion de l'humeur aqueuse, ce qui peut s'expliquer par une sorte de transsudation séreuse à travers les parois vasculaires malades. Ammon (1) pensait que l'iritis séreuse était une inflammation de la séreuse antérieure de l'iritis. Nous avons démontié plus haut que cette séreuse n'existe pas; d'autre part, Denonvilliers et Gosseîin (2) ont remarcjué très-justetnent qu'on ne pourrait pas comprendre l'inflammation d'un seul feuillet mince de 'iris sans que la substance propre de cette membrane y prenne part.
Consécutivement à cette hypersécrétion, la chambre antérieure augmente de ('olume, la cornée devient plus bombée, et sa surface postérieure se couvre, près [le la membrane de Descemet, de pointillés brunâtres qui constituent le phénomène principal de l'affection qu'on a appelée kératite ponctuée. La tension de l'œil est sensiblement augmentée, mais l'iris change très-peu de couleur. La forme de la )upille est modifiée, et les synéchies postérieures se produisent; mais elles sont moins épaisses et moins nombreuses, comme S. Wells l'a fait observer.
L'injection périkératique et le trouble de la vue ne sont pas habituellement irès-marqués ; mais les névralgies ciliaires sont excessivement fortes; elles s"ag- ^ravent périodiquement le soir. Quelquefois elles sont tellement rebelles au traitement que les paracentèses oculaires peuvent seules les calmer (Sperino).
B. iRiTis PARENCHYMATEUSE OU PLASTIQUE. — C'est uue inflammation du parenchyme de l'iris tout entier, accompagnée de la formation d'exsudations plastiques très-épaisses et souvent en grande quantité. Ces exsudations sont constituées par la lymphe coagulable, qui s'organise facilement pour constituer des adhérences solides et étendues entre l'iris et la capsule; quelquefois le pus s'accumule dans la chambre postérieure, et remplit mc'me les parties déclives de la chambre antérieure.
L'inflammation plastique est la forme la plus fréquente d'iriiis.
C. IiUTis GOMMEUSE. — Cette dénomination a été donnée par les auteurs alle-
(1) Ammon, De ipitide. Lipsiae, 1838.
(2) Denonvilliers et Gossolin, Trnifô rh.o )V(,lfifli>;<t drs yeux. Paris, 185.'). p. /i97.
MALADiKS nr, l'iiur,
niands à une variété d'irilis syphiliiique dans laquelle se produisent des exsudalions, des coudviomes et des épnncheinents jtlaslifpies fdirineux.
Toutes ces trois formes d'iritis peuvent occuper soit un seul œil, soit les deux yeux h la fois.
Lorsqu'un seul œil est malade, l'affection reste ordinairement, dès le début, limitée à cet œil. Mais souvent il arrive que le premier, à peine guéri, l'autre est atteint de la même inflammation ; la maladie suit alors les mêmes phases et la même évolution.
Les réduites des iritis surviennent irrégulièrement, tantôt dans un œil, tantôt dans l'autre.
Anatomie pathologique. — L'inflammation de l'iris peut se déclarer lorsque l'innervation dans les nerfs sensitifs sera abolie ou que l'engorgement dans les vaisseaux amènera des stases et des transsudations.
Les expériences de Claude Bernard ont démontré que, lorsqu'on coupe le grand sympathique, il se produit une stase du sang artériel par suite de la paralysie des vaisseaux et contraction de la pupille. Une stase prolongée amène la transsudation séreuse, surtout s'il y a, dans la composition du sang, une cause prédisposante.
C'est surtout à la surface antérieure de l'iris et sur le bord pupillaire qu'apparaissent les exsudations au début de la maladie; en même temps, le ])aienchynie lui-même ne tarde pas à s'infiltrer de cette exsudation, ce qui rend cette membrane épaisse et peu contractile.
La stase sanguine, jointe à l'exsudation parenchymateuse, influe d'une manière visible sur la coloration de cette membrane.
Stellwag von Carion a vu se former de véritables membranes exsudatives h h surface antérieure de l'iris. De mon côté, j'ai vu ces exsudations s'éj)ancher en masse dans la chambre antérieure sous forme de flocons, et nager dans l'humeur aqueuse. Dans un cas d'irilis syphilitique, toute la chambre antérieure était remplie d'une masse blanche, qui s'était épanchée dans l'espace de quinze jours; l'iris et la pupille ne pouvaient être aperçus. Le traitement antisyphilitique mixte a fait disparaître cette exsudation dans l'espace d'un mois, et le malade recouvra la vue.
Les exsudations pupillaires sont ordinairement brunâtres à cause du pigment qui se détache de la surface postérieure de l'iris et les recouvre en partie. Mais, dans certaines formes d'iritis, je leur ai vu prendre une coloration saie, jaunâtre, et cela immédiatement après l'iridectoraie, ou après l'iritis traumatique. Quelquesunes de ces exsudations s'organisent et se couvrent de vaisseaux, comme j'ai pu le constater sur une petite fille qui s'était blessé la cornée et l'iris avec des ciseaux.
L'inflammation de l'iris donne quelquefois lieu à des pustules syphilitiques qui s'ouvrent dans la chambre antérieure, et qui occasionnent un hypopyon. Ricord, à l'obligeance duquel je dois les détails relatifs à plusieurs cas de ce genre, l'a plus d'une fois constaté chez ses malades.
Dans d'autres cas, des abcès se forment dans le parenchyme de l'iris; ces abcès s'ouvrent dans la chambre antérieure, el laissent à leur place, pendant longtemps, une large ulcération. Beer('i) signale des faits de ce genre.
(i) Beer, f-ofirr non der AHgcnkrnnkheUi'ii . R(l. I, p. 4.^6.
Di; l'iritis en général. 3ZiH
Il arrive aussi que le pus s'infiltre clans toute l'épaisseur de l'iris sans donner lieu à un abcès ; mais, à la suite de l'infiltration, le parenchyme de cette membrane s'altère progressivement et se détruit, comme "Weller (1) et Gilibert (2) l'ont observé.
Les iritis gommeuses sont ainsi appelées parce qu'on trouve dans le parenchyme de l'iris des tumeurs syphilitiques qui ne diffèrent pas de celles que l'on rencontre dans d'autres parties du corps. Nous possédons actuellement l'étude analomique détaillée de deux cas, dont voici le résumé :
1. Chez un homme de vingt-quatre ans, A. Graefe fut obligé d'extirper une tumeur gommeuse syphilitique de l'iris, qui avait pris un tel développement, que, malgré le traitement antisyphilitique, cette tumeur menaçait d'amener la fonte purulente de l'œil. Examinée au microscope par Colberg, elle présentait tous .les caractères des tumeurs gommeuses jeunes.
2. Chez un homme de quarante-cinq ans, atteint d'une production gommeuse dans l'iris, production qui s'étendait à la région ciliaire, avec le décollement de la réline, Jacobson (de Kœnigsberg) extirpa
l'œil, et la dissection, faite par Hippel (3) et Neumann, a donné les résultats suivants : iris hypérémié; une tumeur volumineuse occupe sa partie interne et ' se prolonge du côté du cercle ciliaire (fig. a). Cette tumeur était blanchâtre mais très-vasculaire ; elle se composait des cellules rondes, lymphatiques, à noyau rond. Plusieurs de ces cellules présentaient 1''ig. 15/i. — Tumeur gommeuse de l'iris (*). une dégénérescence graisseuse. Les cellules pigmentaires étaient altérées et en partie détruites. Outre l'altération de l'iris, il existait une choroïdite, une rélinite et une sclérite de même nature, avec décollement de la réline.
Étioioglc. — La question d'étiologie de l'iritis présentant le plus d'importance, tant au point de vue de la symptomatologie que du pronostic et du traitement luimême, nous nous en occuperons d'une façon toute spéciale.
1. Age. — L'iritis s'observe le plus souvent entre quinze et trente-cinq ans ; pourtant les enfants très-jeunes et même les nouveau-nés n'en sont pas exempts, comme l'ont démontré les auteurs anglais. Dans ces derniers cas, suivant ces praticiens, la cause est syphilitique héréditaire. C'est à partir de quinze ans que la maladie devient plus fréquente.
2. Sexe. — Le sexe n'a aucune influence sur la fréquence de l'iritis, et malgré l'assertion contraire d'Ammon et de Ruete, elle se manifeste aussi souvent chez les femmes que chez les hommes.
(1) Weller, Krankheiien der menschlich. Anges, 1826, p. Zi89.
(2) Gilibert, in Schôn, PothoL Anaf. des- Auges. Hamburg, 1828 p 193
(3) Hippel, Archiv f. Ophth. v. Graefe. Bd. VllI, Abth. I, p. 288.
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MALADIKS Dli L'IRIS.
3. J'rmmiat/sme. — Les blessures et surUiiil les contusions de la cornée et de l'iris, les corps étrangers implantés dans l'une ou dans l'autre de ces membranes occasionnent très -fréquemment des irilis. C'est ainsi qu'on la voit survenir dans les opérations de la cataracte, après la contusion que subit la surface postérieure de l'iris au moment du passage du cristallin. L'iritis traumatique peut mcMne êli" considérée comme une des formes graves de la phlogose de cette membrane.
^1. Causes accidentelles. — Des causes accidentelles, telles que la |)eiiie vérole, l'érysipèle, la scarlatine et diverses autres affections générales aiguës, peuveni donner lieu à une irilis d'un ou des deux yeux. J'ai remarqué que cette phieg masie se déclare habituellement dans la période de convalescence. Ainsi, en 1869, j'ai donné des soins à un malade que le docteur Remond, de Paris, m'avait adressé. Ce malade fut atteint d'une iritis double très- violente au moment où il se relevai! de la petite vérole, dont il avait souffert pendant quatre semaines; il n'avait jamais eu la syphilis. Le traitement antiphlogistique amena la guérisou. Une femme convalescente de la petite vérole, que j'ai eu l'occasion d'observer avec le docteur Korabiewicz à Batignolles, a offert un cas tout à fait analogue. -
E. Vidal (1) a rapporté le fait très-intéressant d'un érysipèle de la face dévelop|)é chez une femme de trente ans, et qui s'était cou)pliqué dans la période de conv;ilescence d'une iritis double avec déformation notable des deux pupilles.
En 1869, nous avons vu dans le service de notre excellent maître le piofesseur Lasègue, un malade atteint de rétrécissement des bronches, qui pcndaiii la convalescence d'une pneumonie fut pris d'un herpès de la face et de phlyctènes cornéennes avec une iritis double excessivement violente, laquelle ne céda qu'à un traitement antiphlogistique énergique. Stellwag von Carion (2) parle d'iritis dans la pyohémie.
5. L'iritis apparaît souvent comme une complication dans les maladies d'autres membranes de l'œil. C'est une iritis secondaire, moins grave que les autres, et qui est souvent accompagnée de kératites primitives ou suppuratives, dechoroïdites et de décollements de la rétine.
6. Les causes spécifiques provenant des différentes crases du sang ont été considérées depuis longtemps comme les causes les plus fréquentes de l'iritis. 11 faut avouer que, malgré les différences peu sensibles et en général mal connues, qui distinguent les diverses variétés d'iritis, leur existence ne peut cependant être mise en doute.
Au point de vue des causes spécifiques, nous devons étudier les variétés suivantes d'iritis, qui nous semblent présenter quelques particularités dignes d'attention toute particulière.
I. Iritis syphylitique. — Parmi les inflammations de l'iris, l'iritis sypliilitique est l'une des plus fréquentes; et d'après la statistique que j'ai pu établir elle se rencontre soixante-deux fois sur cent.
Symptômes particuliers. — Parmi les signes qui sont particulièrement pn» près à l'iritis syphilitique, nous signalerons le cercle cuivré, ou jaune brunâtre, occupant tout le bord pupillaire, qui reste boursouflé et iufdtré outre mesure. Des
(1) E. Viflal, Mi'-Dioives de la Socuité rie Uologk. Paris, JSGS, p. 49.
(2) Stellwag v. Carion, Die Ophflinlmolngip, Bd. 11, Abtb. I, 1856, S. 2(î2.
!)E L'IRITIS en GÉNÉUAL. 3^'^
niamenls brunâtres se portent clans toutes les directions sur la surface^ de l'iris, et souvent môme toute celte membrane prend une teinte jaune brunâtre et se trouble.
Un second signe de la diathèse syphilitique plus important que tous les autres, est sans contredit la présence des condylomes de Viris; ce symptôme peut être considéré comme pathognomonique. On voit à la surface de celte membrane, etnon loin du bord pupillaire, une petite élevure ou tumeur arrondie, d'une couleur brun rougeâtre, et quelquefois blanc grisâtre, recouverte à la surface d'une sorte de voile grisâtre ainsi que de nombreuses stries rouges qu'on prend habituellement pour des vaisseaux. Le plus souvent on ne rencontre à la surface de l'iris qu'une seule de ces tumeurs; quelquefois pourtant elles sont multiples. Elles peu>vent exister en l'absence de toutes douleurs et de tous les autres signes d'iritis. Celte circonstance s'est présentée chez une jeune malade du service du professeur Richet, à la Pitié, atteinte d'une iritis gommeuse, qui guérit facilement après un traitement mercuriel. La tumeur se dissipa, bien que la malade eût nié la cause syphilitique,
Ces petites tumeurs ne dilfèrent en rien des tumeurs gommeuses sy(Dhilitiques, (jue l'on retrouve dans d'autres organes, et l'examen microscopique fait par Colberg sur une de ces tumeurs enlevées, a constaté la présence des cellules fusiforraes, des cellules de nouvelle formation et des noyaux libres. Tour Ricord ces taches ou tumeurs de l'iris ne sont souvent autre chose que des pustules ou des abcès.
Des élevures analogues aux condylomes syphilitiques peuvent dépendre, il est vrai, des abcès de l'iris; mais ces cas sont rares. Velpeau et Mackenzie en ont rapporté des exemples ; j'en ai rencontré aussi chez les enfants scrofuleux.
L'existence simultanée de l'inflammation dans plusieurs membranes de l'œil de structure différente, constitue le troisième signe de raffection syphilitique. Ainsi une iritis qui se complique de kératite interstitielle, de sclérile, de choroïdite et surtout d'une rétinile ou d'une névrite optique, est pour moi une iritis syphilitique non douteuse.
C'est ainsi que j'ai soigné, en 1868, un homme âgé de soixante ans, atteint d'une iritis grave. Le malade nia la cause syphilitique ; mais, en présence des signes de choroïdite, de rétinile apoplectique, d'une névrite qui existaient simultanément, je n'ai pas hésité à diagnostiquer une affection syphilitique, ce que confirwièrent du reste plus tard les docteurs Ricord et Clerc.
Pour RoUet (1), les douleurs nocturnes intenses constituent un des symptômes propres à l'iritis syphilitique. Ces douleurs apparaissent quelquefois avant les autres signes d'iritis , puis elles augmentent avec les progrès de la maladie et deviennent quelquefois intolérables. Il faut pourtant avouer que les névralgies ciliaires sont généralement moins fréquentes dans l'iritis syphihtiquc que dans les autres, et il arrive bien souvent que les malades sont atteints d'une inflammation très-violente sans éprouver de souiïrances.
Quant au signe dont parle Beer : que dans une iritis syphilitique la pupille est entraînée par les synéchies en haut et en dedans, il n'a aucune valeur ; on le rencontre indistinctement dans toutes les inflammations de cette membrane.
[\) Rollet, Trtiilé des mnldrlies véwr.iennes. Pqris, 1SG7, p. 873.
•^•'0 MAr.ADJIiS l)K I.'IIUS.
Los antros signos d'iritis syphiliiiqun iio dilïï'rfinl fii lioii de l'iriiis simple, et pour faire nu diagnostic exact, il est nécessaire de prendre en considération' les antécédents du malade, rexisleiice du chancre, des syphilides, des plaques inuqucuses, des angines chroniques, etc.
Selon Rollet, celte affection constitue le plus souvent un symptôme franchement secondaire, et quelquefois le symptôme de transition. Le docteur Clerc pense que l'iriiis peut, dès le début, accuser une forme grave et ressembler à une affection tardive et tertiaire; dans d'autres cas, elle appartient à la forme secondaire.
Ricord admet trois formes d'iritis : érythémateuse, caractérisée par une exsudation séreuse; forme papuleuse avec exsudation plastique analogue aux syphilides populeuses el qui ressemble à un condylome, et l'iritis pustuleuse, lorsqu'on voit à la surface de l'iris des tumeurs semblables aux condylomes, mais qui ne sont en réalité que des pustules, se transformant quelquefois en abcès et pouvani, domier lieu à un hypopyon et à un travail ulcératif dans l'iris, comme Ricord l'a observé plusieurs fois.
L'iritis se montre habituellement dans la période des syphilides secondaires, c'est-à-dire six semaines après l'apparition du chancre, et quelquefois quatre, six, huit et dix mois après. Je l'ai même vue se manifester quatre à six ans après l'accident primitif. Il arrive aussi, d'après Ricord, que l'iritis n'est que le seul et le premier symptôme de l'affection secondaire de la syphilis.
Chez les enfants, l'iritis est le plus souvent consécutive à la syphilis héi'éditaire et congénitale. La maladie est ordinairement indolente et quelquefois accompagnée de dépôts centraux blanchâtres sur la capsule. .J'ai observé une iritis très-grave avec un condylome chez un enfant atteint d'une kératite interstitielle; l'affection disparut sous l'influence d'un traitement aniiphlogistique et de l'iodure de potassium administré îi l'intérieur. Dixon (1) et Hutchinson ont rencontré des cas d'iritis syphilitique chez les enfants dès l'âge de quatre mois.
L'iritis syphilitique peut se présenter sous une des trois formes que nous avons décrites précédemment. Lorsqu'elle est de nature séreuse, l'augmenlalion de Thiimeur aqueuse devient considérable, la cornée se trouble; il y a une kératite ponctuée, et l'œil semble même jusqu'à un certain point atteint de choroïdiie séreuse, ce que nous avons pu constater cette année avec le professeur Richet su une jeune malade de sa clinique.
L'iritis syphilitique-plastique est la plus fréquente ; il se forme quelquefois des exsudations plastiques fibrineuses blanchâtres, tellement nombreuses dans I chambre antérieure qu'elles simulent même la présence du pus. J'ai vu une foi la chambre antérieure tout entière rem|)lie par cette exsudation, ce qui n'empéch pas le malade de guérir complètement au moyen du traitement mixte le plus éner gique.
IL Iritis blennorrhagique. — L'inflammation des articulations et de l'iri pendant le cours d'une blennorrhagie a été observée depuis longtemps: mais o hésitait à attribuer ces altérations à la cause blennorrhagique, Pourîant les fait recueillis par tous les syphilographes ne pcrmetlaient jins de nier son existence.
I\laisquaiU à l'iriiis blennorrhagique, elle n'a élé réellement démoniré.' que pa
(I) nixnn, r.iiidf nf fhePradicnl Sfurly of Di'ipnspx nf tho Ei/n. Londnn, 1855, j).
Di: l'ihitis r.N général.
Mackenzie (1), Vetche (2), Uicord (3), Rollel (6), Alfred Fournit' (5) cl Gakzowski (6).
Symptômes particuliers. — Dès le début, l'intlammation do l'œil est très-vive ; la conjonctive et la sclérotique sont très-fortement injectées, sans qu'il y ait la moindre trace de suppuration.
Bientôt la face postérieure de la cornée se trouble; des dépôts blanchâtres ou pigmentaires se forment par places, l'hunieur aqueuse perd sa limpidité; la pupille se déforme, et les syuéchies postérieures de peu de consistance envahissent la pupille. Pendant ce temps, la surface de l'iris ne change pas beaucoup d'aspect; sa couleur est un peu plus foncée, mais on ne voit pas la teinte cuivrée de l'iritis syphilitique ou des condylomes. C'est, en un mol, une iritis séreuse.
La photophobie, le larmoiement et les douleurs périorbitaires sont excessivement violentes; mais, au lieu de s'aggraver la nuit, elles prennent plus d'intensité le matin et après les repas.
Il existe une autre forme d'iritis bleiinorrhagique; c'est l'iritis plastique ou fibrineuse, que j'ai observée surtoul à la seconde ou h la troisième rechute de la maladie.
Dans le champ pupillaire apparaît une exsudation blanchâtre, formée par la lymphe coagulable, et ((ui se précipite quelquefois dans la chambre antérieure sous forme de nombreux flocons blanchâtres. Ces exsudations sont quelquefois très-abondantes et pourraient remplir toute la chambre antérieure si la maladie n'est pas soignée énergiquement dès le début.
Cette alfeclion a une marche rapide; elle produit des adhérences très-nombreuses, adhérences qui cèdent pourtant facilement à l'action de l'atropine. J'ai même vu des dépôts de la capsule disparaître complètement sous l'influence du traitement.
Mais, de môme que les arthrites hlennorrhagiques, la maladie laisse une prédisposition aux récidives; et, chaque fois que le malade contracte une nouvelle blennorrhagie, il est pris d'arthrite et d'iritis. Il arrive aussi que les attaques d'iritis reviennent, pendant les saisons froides et humides, sans qu'il y ait eu de nouvelles inoculations de blennorrhagie. Ricord dit même avoir observé des iritis hlennorrhagiques chez des malades qui n'avaient point d'arthrite.
III. Iritis goutteuse ou arthritique. — La dialhèse goutteuse est trèsvariée dans son évolution, et, selon qu'elle se traduit par une inflammation des articulations, ou qu'elle frappe soit les viscères, soit tout autre organe interne, elle est désignée par Trousseau par les noms de goutte régulih^e ou goutte irrégulier e.
La goutte régulière ofl're des symptômes prémonitoires du côté de l'appareil digestif, de l'appareil urinaire et de l'appareil nerveux; quelquefois il y a de la
(1) Mackenzie, Traité, etc., t. II, p. 35.
(2) Vetche, Prndicnl Trentisc on thr Dimises of the Eye. London, 1820, p. 195.
(3) W\covA, Lettres mr In si/ pin lis-. 3" édition. Paris, 18G3, p. 30. (A) Rollet, Traité des maiod. vénériennes. Paris, 1866, p. 351.
(5) A. Fournier, Cnon nu-dirnk, 1867. — Voy. .\. Fournier, Nnureau Diciionuaire dr irlecine et de dnrurgie pratiques. Paris, 1866, t. V, p. 239, article Blennorrhagik. f)) (.atezowski, Gazette des hApifnnx, 1867.
«-^o MAL/VDIES DE L'IIUS.
bleuiiorrliagic el une prédisposition catarrliak! du côlé des yeux. Scudamoie. d'après Trousseau, avait parlé de l'oplilliahiiie, qui précède quelquefois d'uu un de deux jours l'accès goutteux. Dans quelques cas, comme l'a fait remarquer le docteur Galtier Boissière, elle présente une gravité considérable, et elle constitue alors une iritis ou irido-sclérite goutteuse.
Mais c'est surtout dans la goutte larvée ou irrégulière que les symptômes inflammatoires peuvent se déclarer du côté des yeux. Les malades sujets aux migraines goutteuses, à l'angine goutteuse, aux coliques néphrétiques, aux affections cutanées, etc., sont pris tout d'un coup de troubles visuels dus à une goutte irrégulière, ou larvée nommée par les anciens jnétastase goutteiise.Tvoumtm (1; disait avec raison que les goutteux se plaignent souvent d'accidents du côlé de l-i vue; les yeux leur semblent couverts de flocons; mais ces symptômes disparaissent aussitôt que la goutte gagne le pied.
Dans d'autres cas, cette sorte de métastase se traduit d'abord par une sclérite, puis par l'iritis. L'inflammation de l'iris se manifeste aussi quelquefois d'emblée.
i 'iritis goutteuse ne présente pas de symptômes particuliers qui permettent do la distinguer des autres formes. Voici pourtant quelques particularités qu'il est ylile de signaler.
L'iritis arthritique commence souvent par une sorte de rougeur scléroticale, localisée le plus souvent dans le segment externe du globe et loin de la cornée. Celte rougeur est accompagnée d'une boursouflure, et simule une phiyciène; mais, dès le début, des douleurs périorbitaircs très-violentes se manifestent, dou leurs qui ne cèdent à aucun moyen et persistent pendant huit ou dix jours. Petit à petit, elles s'apaisent et le malade se croit guéri; mais une imprudence, un excès de table ou toute autre cause occasionne une rechute des plus violentes.
Quant à l'iris lui-même, sa couleur reste la même; la pupille est en apparence peu modifiée, et les instillations d'atropine font seules découvrir des synéchies postérieures.
Mais cet état de l'iris peut s'aggraver d'une manière sensible si l'on n'intervient pas à temps par le traitement convenable. La pupille prend alors des adhérences très-solides avec la capsule; quelquefois même elle est oblitérée par les exsudations : il y a une atrésie complète.
Le larmoiement est excessif chez ces malades et reparaît h chaque crise. La photophobie est aussi intense ; quant aux autres symptômes, ils sont les mêmes que dans les autres formes d'iritis.
IV. Iritis rhumatismale. — On observe une forme particulière d'inflammation de l'iris pour laquelle aucune cause ne peut être invoquée, et on la rapporte habituellement à une cause rhumatismale, surtout si l'individu est sujet aux douleurs articulaires ou musculaires plus ou moins prononcées.
Malheureusement aucun signe caractéristique de l'iritis rhumatismale ne peut être retrouvé, et l'embarras augmente encore lorsque celte iritis idiopathique ajv paraît chez une personne qui n'est jamais sujette aux douleurs rhumatismales. D'autre part, on sait, d'une manière positive, que le rhumatisme articulaire aigu
(1) Trousseau, C/mir/nr miulir.nh d<> llhUd-nieu. I>iiris. 18(38, t. 111. r édit.,ii.
DE l'IRT'IIS en GÉNÉllAL. -^^^
ne donne jamais lieu à des synipiômes d 'irilis. Pour moi l'exislence d'une iritis i humaiismale simple n'est pas encore démontrée.
11 existe encore des irilis sympathiques, consécnlives à une altération traumalique de l'autre œil. Nous nous en occuperons en parlant des ophthalmies synipaihiques en général.
• iHarciic «le l'irîtîs en général. — La marche d'une iritis est excessivement variée; elle dépend de la cause d'inflammation et des prédispositions individuelles.
L'iriiis tiaumatique a une marche plus aiguë et parcourt ses différentes phases plus rapidement que les autres.
L'iritis syphilitique diffère beaucoup de forme et de durée; sa marche est ordinairement iente; rarement elle guérit avant trois semaines; le plus souvenl, elle ne cède qu'après six semaines à deux mois.
Les formes aiguës d'iritis syphilitique présentent souvent des exacerbations, et les changements en mieux ou en pire sont d'autant plus fréquents que des altérations se manifestent du côté de la cornée ou de la choroïde.
Viritis blennorrhagique a une marche réguUère, n'offre pas de complications, (!t guérit facilement. Quant à Viritis goutteuse, sa marche est lente, avec des rémittences marquées; sa durée est d'autant plus longue qu'elle atteint le malade pour la deuxième ou la troisième fois.
Toutes les iritis, à part l'iritis traumatique, laissent une prédisposition à des récidives. J'ai vu ces rechutes se produire à chaque saison froide et humide, et après que les yeux avaient été pendant longtemps fatigués par un travail assidu et par des veilles de nuit.
La marche ultérieure de l'iritis dépendra en grande partie des altérations qui se seront déclarées dans la pupille et la chambre postérieure. C'est ainsi que la formation de nombreuses synéchies postérieures gênera beaucoup les mouvements de cette membrane et contribuera aux stases sanguines. D'autre part, si les synéchies postérieures occupent une grande partie de la pupille, l'humeur aqueuse sécrétée par le cercle ciliaire ne pourra que difficilement passer dans la chambre antérieure; elle s'accumulera derrière l'iris et le repoussera en avant. Consécutivement à la pression continuelle exercée sur celte membrane, de nouvelles attaques inflammatoires seront imminentes.
Diagnostic différentiel de l'iritis en général. — Il est facile d'établir le
diagnostic entre une iritis et les autres maladies de l'œil.
On ne pourra confondre celte affection avec celles de la conjonctive, même si la conjonctivite phlycténulaire occupe le bord de la cornée. Le soulèvement du limbe conjonciival et la présence des phlyctènes périkérafiques rendront le doute impossible, surtout si l'on ne trouve ni la décoloration de l'iris, ni de synéchies postérieures, ni de trouble dans l'humeur aqueuse, et lorsque la pupille conserve son voluiue et sa contraction normale.
Une iritis peut être associée à une kératite, et d'après le degré d'inflammation de l'une ou do l'autre de ces membranes, on saura laquelle des deux a été pi imitivement affectée.
En parlant des maladies delà choroïde, nous donnerons des indications pour distinguer l'iritis des affections de cette membrane.
MALADIES im l.'llUS.
!\lais il ix'esl pas loujuuis facile de rccoiiiiaîln! la naluro de la maladie iiinaïuiiialoire de l'iiis; au point de vue pralitjiu', il iinpoilc .sui iou! de diagiiosliquer la cause syphililique. Les signes suivaiils pourront aider eiïicacenieui à poner ce diagnostic : 1" L'irilis syphilitique est la plus fréquente de toutes les iritis; 2° plus souvent ([ue les autres elle est exempte de douleurs, même lorsque la rougeur est très-prononcée ; 3° le cercle cuivré au bord de la pupille, les condylomes, et les douleurs nocturnes se montrent de préférence dans l'iritis sypiiilitique; U° les coîiipiications du côté du corps vitré, de la rétine et de la choroïde et même dans la cornée doivent faire pencher le diagnostic vers la syphilis; 5° l'iritis syphilitique coexiste le plus souvent avec l'éruption cutanée caractéristique, le mal dégorge chronique, etc.
Pronoi^tic de l'îi-itis en général. — Il n'est pas toujours facile de prévoir au début quelles seront les conséquences d'une iritis. Pourtant, en se rapportant aux symptômes de la maladie, et aux compUcations qui existent du côté des autres membranes de l'œil, on peut jusqu'à un certain point préjuger de son issue prochaine.
Lorsqu'une iritis n'est point accompagnée d'inflammation d'autres membranes, et que le corps vitré, la choroïde et la rétine conservent leur intégrité parfaite, le pronostic de l'iritis ne présente aucune gravité, et la guérison aura lieu au bout d'un temps qui varie entre quatre semaines et quatre mois.
11 n'en est pas de même quand nous avons affaire à une iritis compliquée de ces diverses altérations; là, le danger est sérieux, et la maladie peut entraîner au bout d'un temps plus ou moins long une iridochoroïdiie grave et une perte de la vue.
C'est pourquoi il importe beaucoup d'examiner soigneusement à l'opththalmoscope les yeuv atteints d'iritis, pour constater dès le début l'état des membranes internes de l'œil.
Les affections de la cornée qui accompagnent l'iritis n'offrent pas le même danger que les complications dont nous venons de parler.
La kératite interstitielle rend la marche de la maladie plus lente, les douleurs plus vives, et prolonge quelquefois sa durée d'une nianière excessive. En 1869, j'ai été à même de constater un fait de ce genre, avec le docteur Magne, chez un de ses malades que nous avons vu en consultation.
Par elles-mêmes les kératites ponctuées ne modifient pas beaucoup le pronostic ; mais il est indispensable d'examiner le fond de l'œil, afin de reconnaître l'état des procès ciliaires.
Les iritis secondaires, accompagnant les kératites, ne présentent pas ordinairement de gravité, et les exsudations pupillaircs atteignent rarement de grandes proportions.
L'irilis syphilitique doit toujours être considérée comme une affection trèssérieuse, à cause des complications qu'elle peut entraîner du côté de la choroïde et de la rétine, soit à la première crise, soit dans des atteintes ultérieures.
Mais la gravité augmente lorsque les gommes syphilitiques se développent dans l'épaisseur de l'iris, et surtout près du grand cercle. Certaines variétés des condylomes diffus se résorbent sans laisser de traces ; d'autres, au contraire, prennoiii une extension considérable et ne cèdent à aucun traitement; c'est purquoi
DE L'ihlTlS EN GÉNÉRAL.
docieur Clerc classe celte variété d'irilis parmi les syphilides graves. Elles ,aivenl, en effet, occasionner la perte de l'œil, par suite du développement ultéieur soit de l'irido-clioroïdKe, soit de la rôlino-clioroïdile on de décollement de
pe
la rétine.
Traitement de l'îi-itis eu général. — Il est nécessaire de rechercher, avant )iit, avec la plus scrupuleuse attention, la cause de l'iritis, afin de diriger le Iraitcincnt contre la constitution morbide de l'individu.
Mais il existe des indications communes à toutes les formes de cette affection, , ces indications doivent être remplies dès le début. La congestion inflammatoire . si, en effet, combattue par les mydriatiques et les moyens anliphlogistiques.
1. L'usage de l'atropine joue un rôle important dans le traitement d'une iritis, àcjuelque variété qu'elle appartienne et quelle que soit sa nature. On le prescrit (ît on l'emploie de la manière suivante :
■}f Eau distillée 10 grammes, j if Eau distillée 10 grammes.
Sulfate neutre d'atropine 5 centigr. i ' Sulfate neutre d'atropine. 2 centigr.
Instiller dans l'œil une goutte de ce collyre toutes les deux ou trois heures, et, dans les cas rebelles, toutes les 10 ou 15 minutes.
L'usage de ce collyre devra être continué eij plus ou moins grande quantité pendant tout le temps que durera la maladie, et même on ne le suspendra cou)plétement que plusieurs semaines après la guérison complète. Autrement, on court le risque de voir survenir des récidives.
L'action de l'atropine est très-complexe : par la dilatation de la pupille, on éloigne le bord pupillaire du contact de la capsule antérieure et on prévient la formation des adhérences. Lorsque les synéchies sont déjà constituées et qu'elles ne sont pas très-anciennes, on arrive à les rompre, en partie ou en totalité. L'atropine possède aussi une influence antiphlogislique, en ce sens que l'iris une fois dilaté, le volume des vaisseaux est diminué ainsi que la quantité de sang qu'ils peuvent contenir. D'autre part, en paralysant l'action du muscle accommodateur, ce médicament entrave la tension inlra-oculaire et contribue d'une manière puissante à dissiper l'hypérémie. Nous ne partageons pas l'opinion de ceux (|ui consteillent l'atropine h fortes doses, telles que 10 à 25 centigr. pour 10 gramnies d'eau distillée, pour en instiller une goutte toutes les cinq minutes. J'ai vu ce procédé amener chez certains malades une véritable intoxication, sans pour cela enrayer la marche de l'iritis.
On rencontre des idiosyncrasies contre l'atropine, et le docteur Seeley, de Cincinnati, propose de combiner alors le sulfate de zinc avec l'atropine. Pour ma part, je préCère l'usage alternatif d'atropine et d'ésérine. En faisant instiller une goutte du collyre d'ésérine le matin et trois ou quatre gouttes d'atropine dans l'après-midi, j'ai pu obtenir les résultats les plus satisfaisants. Un de mes élèves, le docteur Theveny, de Plancy (Aube), a employé ce même moyen avec beaucoup de succès.
2. L'application des sangsues, au nombre de 8 à 10 à la région temporale, mais tout près de l'oreille pour un adulte, et de a à 6 pour les sujets jeunes, sera indKiuée toutes les fois que la maladie fera du progrès, que les douleurs ne serom
MAI.ADILS l)H l/llUS.
pas calmées par ratro])iiie, ot c|ne l'action de co médicaiiiciit restera sans elFiracito.
Cette déplétioii sanguine locale pourra être renouvelée au boni (Ui sept à huit jours, si l'état du malade l'exige.
Quand ces moyens sont insuffisants, on pratiquera la saignée générale du bras (de 300 à /jOO grammes). Velpeau en a montré l'elFicacité. J'ai vu le professeur Richet employer la saignée générale avec grand succès contre les iritis simples ou syphilitiques.
3. La paracentèse a été recommandée par Sperino pour les iritis graves, aiguës ou chroniques. On y aura recours lorsque les moyens indiqués ci-dessus resteront sans résultat. On la fera au bord de la cornée elle-même avec une aiguille à paracentèse très-fine, ou bien avec le couteau de (^ritchett. IMais nous ne sommes pas de l'avis de ceux qui veulent faire la paracentèse pour vider l'Iiyphénia accompagnant quelquefois les iritis. Ce sang se résorbe tout seul sous l'influence d'un iraitement convenable.
h. La photophobie et la sensibilité de l'œil doivent être combattues par les fomentations tièdes avec la solution suivante :
!^ Extrait de jusquiame. . 10 grammes. Eau distillée 100 —
"if Eau distillée 150 grammes.
Laudanum de Rousseau . 10 —
5. Pour combattre les douleurs circumorbitaires, on emploiera avec succès \c> frictions sur les paupières avec la pommade suivante, dont j'ai pu expérimenter l'eiïicacité :
:2f Axonge fraîche 10 grammes.
Hydrochlorate de morphine 25 à 50 centigr.
6. Si cette pommade ne soulageait pas les douleurs, on ferait, avec la solution stdvante, une injection hypodermique de morphine dans la région temporale :
2/: Eau distillée 10 grammes. | Uydrochlora te de morphine. . . 50 ceiiligr.
Injecter de 8 à 10 gouttes.
7. Les frictions avec la pommade mercurielle belladonée dans la proporiion d'un tiers ou d'un quart d'extrait de belladone, réussissent souvent à calmer les douleui-s. On fera des onctions tous les soirs et tous les matins, sur le front et derrière l'oreille, avec la pommade mercurielle double ou l'onguent gris. ^
8. Dans ces derniers ténij^s, j'ai réussi à appliquer avec succès l'éthérisatioii localisée pour calmer les douleurs périorbitaires les plus rebelles, au moyen d'un appareil de Richardson, modifié par Robert et Collin d'après mes indications, cl qui a pour but de localiser un jet d'éther sur un point douloureux. La figure lo.-) représente cet appareil.
9. Le traitement interne doit être dirigé contre la cause probable consiilntioimelle de la maladie, et, aussitôt que cette cause, syphilili(|ue, rhunialisniale ou arthritique, sera reconnue, on agira contre ces dillérentes diathèses.
DE l'iritjs en Général.
1 Dans une iritis syphilitique, qui se rapporte le plus souvent à la période . condaire, on aura recours à l'usage des pilules de proto-iodure de mercure ou de sublimé dans les proportions et sous les formes suivantes :
aa
3 gr.
% Protoiodure de mercure
Thridace
Extrait Ihébaïque. .. .■ 1 S""*
Conserves de roses 6
F. s. a. 60 pilules là 4 par jour
(Ricord.)
If Biclilorurc d'hydrargyre. . . j . . ^ „^ Chlorhydrate d'ammoniaque \ Eau distillée, q. s. pour dissoudre.
F. s. a. 100 pilules là 4 par jour.
(Clerc.)
if Sublimé iO centigr.
Extrait gommeux d'opium . . 50 —
Extrait de gaïac 6 grammes.
F. s. a. 40 pilules là 4 par jour.
(Dupuytren.)
"if Bichlorure de mercure. ... 1 partie.
Eau pure 900 —
Alcool rectifié 100 —
Prendre de 2 cuillerées à café à 2 cuillerées à bouche par jour dans du lait.
(Liqueur Van Swieten.)
L'usage prolongé du mercure amène la salivation, que l'on combattra par des frictions des gencives avec la poudre suivante :
if Craie préparée 6 grammes.
Chlorate de potasse 10 —
Poudre de quinquina.
Essence de menthe . .
4 grammes, quelques gouttes.
Les préparations mercurielles doivent être employées pendant plusieurs mois, si l'on veut prévenir les récidives. Voici à ce sujet l'opinion de Ricord (1) : « Six mois (le traitement mercuriel, et puis trois mois de traitement ioduré destiné à prévenir les accidents éloignés de la diaihèse, telle est la médication qui donne les cures les plus soutenues. »
Si les malades ne peuvent pas supporter les préparations mercurielles, et s'ils sont atteints de gastralgie, on doit faire administrer ces préparations pendant les repas et les associer aux préparations toniques.
2. Dans certaines formes d'iritis plastique, les préparations mercurielles, administrées seules, sont insulTisanles pour combattre la maladie ; on doit, dans ces cas, avoir recours au traitement mixte, soit sous forme de sirop ou de pilules
contenant ces deux préparations combinées, soit en faisant prendre les deux médicaments dans des préparations séparées. Voici quelques formules :
FiG. 155. — Appareil à anesthésie de Richardson, modifié sur les indications de Galezowski,
(1) Ricord, Leçons sur le chancre^ etc,^ p. 221.
GALEiOWSKl.
if Biiodure de mercure .
lodure de potassiuui.
Amidon
Gomme arabique ....
Eau
F. s. a. 50 pilules, de 2 à 5 par jour
(Puche.)
MALADIES DE L'iRlS àâ 50 cenligr.
G grammes.
'if Biiodure de mercure. . . 20 cenlif,'! lod ure de polassium ... 10 gramuich.
Eau j 0 —
Sirop 500 —
De 1 à 2 cuillerées.
(Sirop de Giberlou de Boutigny.)
3. L'absorption du mercure peut être oblenue aussi par les frictions avec l'onguent mercuriel double ou l'onguent napolitain. Les frictions à l'onguent mercuriel double sont faites avec h grammes de pommade par jour sur les jambes et continuées pendant trente jours. Cette méthode est remise actuellementeii pratique par Panas, à Paris, et en Angleterre par Pridgin ïeale (1),
h. L'injection de mercure sous la peau donne aussi des résultats lavorables, ainsi que l'ont montré les expériences de Liégeois. Ed. Cruveilhier a appliqué celte thérapeutique dans un cas d'iritis grave avec condylome, et il a obtenu un succès rapide. Le malade était atteint d'abord d'une méningite spinale, puis d'iriti.s gommeuse. La solution de sublimé a été combinée avec une petite dose de morphine, comme le conseillent Lenoir et Liégeois; dans l'espace de trois semaines l'iritis a été complètement guérie.
if Chlorydrate de morphine. . i/2 centigr. Biiodure de mercure et de
potasse 2 —
(Lewin, Liguori et Martin.)
'îf Eau distillée 90 gramm.
Sublimé corrosif. 20 centigr.
Hydrocblorate de morphine 10 —
(Liégeois.)
Par l'emploi de ce procédé Martin est parvenu à guérir les syphilides secondaires datant de trois à six mois en injectant, à six fois différentes, 2 centigr. de biiodure de mercure et de potassium combinés (2). Liégeois fait deux injections par jour à la dose de 6 à 10 gouttes de sa solution.
5. Dans les cas d'iritis, dont il est difficile de préciser la nature et dans lesquels la cause syphilitique est probable, on doit prescrire les préparations mercuricUes. soit sous les formes indiquées plus haut, soit sous la forme de calomel :
Calomel 25 cenligr.
Opium 12 —
Extrait de réglisse ^ gramm.
F. s. a. 60 pilules. . . de 2 à 8 par jour.
(Vidal.)
"j^ Calomel • 50 centigr.
Extrait de belladone 10 —
Extrait de gaïac 2 gramm.
F. s. a. 50 pilules. , . de 2 à 5 par jour
Le même traitement pourra être employé avec efficacité dans les autres formes d'iriiis, surtout si cette affection se complique des altérations de la cornée.
6. Dans des irilis blennorrhagique, ou rhumatismale, le traitemenl interne se composera des dérivatifs sur les intestins au moyen des purgatifs salins renouvelés tous les deux ou trois jours et de l'emploi de sulfate de quinine à la dose de ;U) 50 centigr. deux fois par jour. Par ces moyens, je suis parvenu irès-souveni à anjener rapidement la guérison.
(1) Tcale, On llie relaltvc Value of Atropine and of Mercury in ihe trealmcnt of (icuie iritis {OphtL Hospil. lieports, t. V, p. 156).
(2) Brochin, Gazette des hvpilmi.v, 1869^ 25 sept.
DE L'IRITIS en GÉNÉllAL 355
7. La térébejithine employée intérieuremeiU agit très-efficacement dans certaines (umes d'iritis, notamment dans les formes rhumatismale et biennorrhagique. armichael l'a expérimentée le premier ; le docteur Soelberg Wells se loue beaucoup de son emploi, et, pour ma part, j'ai eu plus d'une fois l'occasion de me
onvaincre de son eflicacité. Je l'administre habituellement sous forme de capsules, oiilenant chacune 2 grammes, et que je porte de une à cinq par jour.
8. Dans une iritis goutteuse, le traitement local sera le même que dans les uitres variétés. Quant au traitement interne, il doit se composer en grande partie de I noyens dérivatifs sur les intestins et de colchique.
Le malade devra être purgé tous les deux ou trois jours au moyen de l'eau de >j[)irmendorf ou de Pulina. Il usera en outre des préparations de colchique.
Régime. — Une des conditions indispensables pour le rétablissement complet le l'œil malade est de le soustraire totalement à l'action de la lumière; à cet effet, e malade devra porter constamment des conserves, teinte fumée, lorsqu'il sort u dehors.
Tout travail exigeant une application des yeux devra être interdit comme pouvant îxagérer leur irritabiUté. Celte précaution sera d'autant plus nécessaire que l'œil naïade étant très-sensible à la lumière, et la pupille étant dilatée par l'atropine, lucun travail ne serait possible.
Le régime alimentaire doux et même débilitant devra être suivi au commencenent de la maladie ; à une période plus avancée, on aura recours à un régime onique ; mais on évitera pendant longtemps l'usage des liqueurs fortes, des vins ;apiteux, du café, etc.
Bibliographie. — Carmichael, Observ. on the Effic. of Turpentine in the Venereal a. other nflamm. of the Eye. Dublin, 1829. — Lawrence, Venerenl Diseuses of the Eye. Lonon, 1830, — Velpeau, Dictionnaire en 30 vol., article Iritis, 1838, t. XVII, p. 131. — lichel. De l'iritis syphilitique {Journ. des conn. méd. prat., t. VIII, p. 65, et Iconographie, exte, p. 119). — Ammon, Iritis séreuse, iritis parenchymateuse et ses diverses espèces Annales de la chirurgie française et étrangère, 1844, t. X.) — Deval, Des affectio7is véné- ■iennes de l'œil [Gazette médic, 1848). — Ricord, Clinique iconographique de l'Hôpital les vénériens. Paris, 1851; et De l'iritis syphilitique {Annales d'oculistique, t. XXXVÏ). — iuadri. De l'iritis séreuse {Annales d'oculist., t. XXXVI) ; et Consid. anat. sur l'iritis séeuse {Ann. d'oculist., 1857, t. XXXVII, p. 31). — Hutchinson, Iritis syphilitique héréditaire Annales d'oculit., t. LXI). — Melchior Robert, Mém. sur l'iritis syphiL {Ann. d'oculist., 851, t. XXVI, p. 16, et Traité des maladies vénérien?ies. Paris, 1861). — Pilz, Die Entûnd. der Regenbogenhaut {Prager ViertelJ har., l8bQ , \oL \U, p. 4). — Graefe, Ueber :oremorphosis gegcn chronische Iritis û Iridochoroïdites {Archiv f. Ophthalmologiè, 1856, id. II Abth. Il, p. 202). — Tavignot, Du traitement de l'iritis aiguë ou chronique par la néthode des ponctions kérato-iridiennes {Union méd., 1859, p. 152). — Duncalfe, Du rhumat. tde liritis gonorrhéique {lîritish med. .Jour., June 1860). — WoUowicz, Beitrage zur .ehrevon der Iritis, Inaug. Dissert. Miinchen, 1862. — Sperino, Iritis, in Études .'fur l'é-
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MALADIES DE L'IUIS.
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