‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 122 sur 255 · KYSTES ET TUMEURS DE L'JRIS · texte numérisé non relu

KYSTES ET TUMEURS DE L'JRIS

A. Kystes. — L'iris devient quelquefois le siège d'un ou de plusieurs kystes,! qui, en augmentant, envahissent la chambre antérieure et peuvent la remplir^ complètement.

SyinptoiniUoiogic . — Dès le débul, la surface antérieure de l'iris se soulève sur un espace plus ou moins limité. Le kyste qui se développe dans le parcncliyma de l'iris marche avec lenteur et reste longtemps sans amener de douleurs. L'irisi de même que le kyste, ne présente alors aucun changement de couleur; mais sa surface est lisse, uniforme, sans aucune trace de fibres radiées ni de taches pigmentaires.

Quelquefois, la tumeur est blanchâtre, opaline et semble contenir du liquide,, comme dans le cas du malade de Ad. Richard (1), agrégé de la Faculté de Paris., Dans celui observé par Wharton- Jones (2), le kyste était transparent et ressemblait à un cristallin luxé. Le plus souvent, les kystes sont uniques; d'autres foi» ils sont bilobaires, comme le montre la figure 156. Ce sont les brides cicatricielles qui les divisent en deux.

Biaisa mesure que le kyste augmente et se porte vers la cornée, l'œil s'injccte( et devient douloureux; la vue se trouble et la vision diminue. Puis survient uim

FiG. -156. — Kyste de l'iris. (Guépin fils.)

véritable poussée inflammatoire, ressemblant beaucoup à une atlaque d'irid choroïdite, comme Guépin fils l'a très-exactement décrit (3).

En effet, l'œil est rouge et l'injection périkératique très-marquée ; des dou< leurs périorbitaires se déclarent. La première inflammalion dure une quinzaine jours, et se calme pour quelque temps; il se produit ensuite une seconde pousséÈ inflammatoire plus sérieuse que la première, puis une troisième, et ainsi de suitei! Cette succession de crises névralgiques et inflammatoires, occasionne à la longao une iritis chronique qui ne tarde pas à se communiquer à la choroïde, si n'intervient pas à temjis.

(1) Richard, Gazette hebdomadaire, 1854, p. 1002.

(2) Wharton-Jones, the Lance t, 1852, p. 568.

(3) Guépin llls, Des kystes de l'iris, thèse de Taris, 1860.

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Pour apprécier le degré d'alléralions survenues dans la pupille et les nienianes internes de l'œil, il est indispensable de recourir à l'examen par l'éclairage )l)lique et l'opluhalmoscopc.

L'éclairage oblique, permet de juger, comme le dit Guépin, de la nature de I enveloppe du kyste, de son développement en arrière de l'iris, ainsi que de Tétat le ses bords libres ou adhérents. L'état de la pupille pourra être aussi précisé par e mode d'exploration, et cela est d'autant plus important que, dans quelques as, elle peut être recouverte par une sorte de voile léger de nature exsudative, omme cela avait lieu dans le cas relaté par moi (1). Le kyste dépasse ordinairement le bord de la pupille sous la forme d'un corps arrondi, convexe et bien régidier.

Lorsque la pupille n'est pas complètement cachée par le kyste, on peut s'assuvr avec l'ophlhalmoscope si les membranes iiUernes sont saines, si le cristallin et e corps vitré ne sont pas troublés. Cet examen est d'autant plus nécessaire que I afleciion survient très-souvent à la suite de blessure, ou après les opérations de ..aiaracte, dont les débris peuvent encore se trouver derrière l'iris, comme dans un zâs rapporté par Guépin.

Diagnostic ciiflféi-cntîei. — Le diagnostic ne présente point de difficulté ; on le pourrait à la rigueur confondre l'affection qui nous occupe qu'avec un abcès, un condylome de l'iris ou avec une tumeur à myéloplaxe; mais toutes ces tumeurs * îont couvertes de vaisseaux, tandis que le kyste présente une surface lisse, demiransparente, ne contenant à sa surface ni vaisseaux ni fibres iriennes. L'absence complète des plaies, anciennes ou récentes, sur la cornée, complétera le diagnostic, îuisque l'on sait aujourd'hui que les kystes se développent presque toujours sous 'influence d'un traumatisme.

Anatomic patiioiogiquc. — Les recherches que Ch. Robin (2) a faites sur ce iujet démontrent que la paroi interne des kystes de l'iris ne contient pas d'épithéium, mais seulement une matière grisâtre, composée de fines granulations graisseuses et d'un petit nombre de granulations pigmentaires. La paroi est formée par e tissu de l'iris qui, d'après Ch. Robin, semble s'être dédoublé pour former une :avité. C'est aussi l'opinion de Bowman.

Quelquefois ces kystes contiennent des cils, comme dans les cas observés par îtoeber (3) représenté par la figure 157, et dans celui de de Graefe {U).

FiG. 157. — Kyste de l^iris.

Le liquide contenu dans les kystes de l'iris est ordinairement incolore ou légèrement brunâtre. Le kyste opéré par Stoeber contenait un liquide blanchâtre orme par des cellules graisseuses et des cristaux de cholestérine.

(1) Gàlezowski, A7inales d'oculistique, 1862, t. XLVII p 239

m sLw """f «''«'«""■'7"^ des kystes, in Guépin ûls,' Thèse. Paris, 1860, p. 1 8,

(à) Uoeher, Annales d'oculist, iSQ5, i. m p 80

ià) Graefe, ArcMv f. Ophthalm., Bd. ill, Abl'h. 'il S. 41'i

MALADIFS DE l/lRIS.

iitiuio^l*:. — Los kysles de l'iris reconnaissent le plus souvent pour cause k traumatisme, soit que la blessure ail été accidentelle, soit qu'elle ail 6lé faite par un chirurgien pendant l'extraction de la cataracte ou toute autre opération Guépin a constaté cette cause dans tous les cas qu'il a pu recueillir. Nous ne trouvons jusqu'à présent qu'une seule exception à cette règle : c'est le fait rapporté par Stoeber, dans lequel cette cause n'a pu être invoquée. Quelques auteurs ont voulu attribuer la formation des kystes à la présence d'un cysticerque; mais, depuis les recherches de Robin, la présence de cet cntozoaire est inadmissible.

Pronostiv. — Il est assez grave. Si on laisse la maladie se développer, une irido-choroïdite peut en être la conséquence. Ilulke (1) a rapporté un cas dans lequel une inflammation sympathique se déclara dans l'autre œil, mais qui fut enrayée immédiatement par l'excision du kyste.

Traitement. — Plusieurs moyens ont été employés dans le but d'arrêter et de guérir le mal.

Stoeber et quelques auteurs anglais ont eu recours aux antiphlogistiques, aux narcotiques et à d'autres moyens, mais sans aucun résultat.

L'extirpation de la tumeur avec excision de la partie correspondante de l'iris • peut seule amener la guérison. Desmarres père a pratiqué plusieurs fois cette opération et toujours avec succès. Cependant, dans un cas d'iridectomie avec excision du kyste, de Graefe vit une irido-cvclite se déclarer et entraîner la perte de l'œil.

La ponction et la dilacération de l'enveloppe du kyste est toujours suivie de récidive et expose le malade à des inflammations consécutives et à des abcès de l'iris, comme cela est arrivé à Dixon et Wharton- Jones. C'est pour cette raison que ce procédé doit être complètement abandonné.

Stoeber (2) a broyé le kyste avec des pinces introduites par une ponclion faite à la cornée ; mais la maladie récidiva.

B. Cysticerques de l'iris et de la chambre antérieure. — L'existence de : cet animalcule dans la chambre antérieure, avec ou sans adhérence à l'iris, est « démontrée par plus de vingt observations recueilHes et publiées par divers auteurs. Les faits les plus remarquables ont été décrits par de Graefe (3), Soemmerring [h] et Teale(5).

Cet enlozoaire se présente ordinairement sous forme d'une petite vésicule trans- parente, laiteuse, et dont l'extrémité forme un prolongement plus ou moins fin qui se termine par une sorte d'ampoule. Cette ampoule constitue la tête de l'animalcule (fig. 159); son cou s'allonge ou s'élargit indépendamment de tout mouvement de l'œil. L'animalcule se meut en masse, se place en face de la pupille ou bien ! descend vers le grand cercle de l'iris (fig. 158), ce qui s'observe surtout pendant i les contractions et les dilatations de la pupille.

Le cysticerque est le plus souvent adhérent par sa surface postérieure à l'iris au moyen d'un prolongement ou d'une exsudation, comme dans le cas rapporté

(1) Hulke, Roy. Lond. Ophth. Hosp. Rep., t. VI, p. 12.

(2) Stoeber, Gazette hebdomadaire, 1855, p. 155.

(3) Graefe, Arc/i. f. Ophthalm., 1854, Bd. I, Abth. I, S. 453.

(4) Soemmerring, Iconographie de Sichel, p. 707.

(5) Teale, R. L. Ophth. Hosp. Reports, t. V, p. 320.

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