MOUCHES VOLANTES ET FLOCONS DU CORPS VITRÉ. U
Quelques-uns d'entre eux paraissent fixés à la membrane hyaloïdienne. Ainsi, Donders rapporte qu'un corpuscule analogue existe dans son œil gauche sur la ligne visuelle, qu'il le voit souvent descendre au-dessous de cette ligne, mais il ne peut point monter plus haut.
FiG. 252. — Mouches volantes en forme de nuages, d'après Doyle.
Ces corpuscules ne peuvent être observés avec rophllialmoscope. C'est ainsi que j'ai eu l'occasion d'examiner l'œil d'un graveur, qui voyait constamment devant son œil la ligure 253, qu'il a reproduite lui-même; pourtant l'examen le plus
FiG, 253. — Mouches volantes.
minutieux n'a pu révéler aucune altération dans les milieux réfringents. Cette figure se montrait devant l'œil du malade, en face des objets qu'il fixait, mais elle était mobile, et changeait souvent de position et de forme.
• CORPS vukê.
Mouches volantes pathologiques. — Elles sont ordiiiairemenl constituées par des épaiichements de diverse nature dans le corps vitré. Ces épanclieinenls troublent la transparence de ce milieu réfringent et se présentent à l'oplithaimoscope i sous des aspects très-variés, que nous appelons généralement flocons.
B. Flocons du corps vitré ou synchysis floconneux. — Us se présentent sous des formes diverses; mais pour mieux étudier leurs caractères, nous les divisons en quatre variétés : \° filamenteux; 2° en forme de toile d'araignée; 3° membraneux, et Zi" synchysis étincelant.
1° Flocons filamenteux ou flocons simples. — Ils se présentent sous la forme de filaments minces, plus ou moins volumineux, simples ou multiples, irès-mobiles< et se déplaçant avec une rapidité extrême. Leur volume ainsi que le nombre varie beaucoup; et, s'il n'y a dans le corps vitré qu'un seul flocon, on aura beaucoup de peine à le trouver. Pour cela, il faudra dilater la pupille et faire exécuter à l'œil du mainde des mouvements réguliers de bas esi haut et de droite à gauche. Ces corpuscules apparaissent ordinairement comme des taches noires ou grisâtres, et cette coloration est due à leur opacité et aussi à ce que, ne laissant point passer la lumière réfléchie du fond de l'œil ils restent dans l'ombre.
Les sujets atteints de ce genre de flocons ne sont pas sensiblement gênés dans leur vision, et ils peuvent vaquer à leurs affaires, lire et écrire, même lorsque les mouches qu'ils voient se placent en face. Quelquefois ils se plaignent de voir une ou plusieurs mouches, ayant la forme d'une virgule, d'une araignée, d'un serpent, qui tantôt s'éloigne, tantôt se rapproche de l'œil.
2° Flocons en forme de toile d'araignée. — Ces sortes de flocons se présentent sous l'aspect d'une toile d'araignée très-fine, très-délicate, qui se déplace en tous sens, se plie et se condense par moments. Ce nuage se compose d'une espèce de filaments fins et déliés et ressemble quelquefois à un paquctde cheveux entortillés. Rarement les flocons se trouvent dans un même plan et sur une petite étendue; ils existent le plus souvent à des profondeurs difl'érentes, ce qui fait que, malgré leur grande finesse, ils troublent beaucoup plus la vue que les autres. Le brouillard que les malades voient persiste dans toutes les positions de l'œil, et il occasionne une gêne beaucoup plus considérable que ne le feraient des flocons tout à fait opaques, mais d'un volume limité.
3" Flocons membraneux. — Us se présentent à l'oplithaimoscope comme des membranes larges, opaques et irrégulières, ordinairement attachées par un bout à un point quelconque de la rétine ou au nerf optique. Les mouvements de ces flocons sont limités dans une certaine mesure; on les voit souvent se plier ou se tordre par un bout, pendant que par l'autre bout ils semblent fixés à leur point d'implantation.
Leur volume varie beaucoup, et nous en avons vu de tellement grands et épais qu'ils simulaient à s'y méprendre le décollement de la rétine. La difficulté du diagnostic augmente encore lorsque ces membranes sont accompagnées de flocons multiples disséminés dans le corps vitré. C'est alors que j'ai conseillé (1) de soumettre les malades à l'examen ophthalmoscopique le matin, après le repos du lit et
(I) Galezowslci, Hec/iei'clies npmalinoscopùjues sav les maladies de la rétine et du nerf optique. Paris, 1863, p. 6,