‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 155 sur 255 · DIXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DIXIÈME PARTIE

Anatomtc. — Une des parties les plus importantes du fond de l'œil que l'on examine avec l'ophtlialmoscope, est le point d'émergence du nerf optique, qui est appelé papille.

C'est par l'intermédiaire de ce nerf que l'œil se trouve en communication avec le cerveau, et notamment avec les centres optiques.

Pour bien comprendre le rôle physiologique du nerf optique, il faut l'étudier dans ses rapports avec les centres visuels. Nous croyons donc utile de décrire d'abord l'origine de ces nerfs et leurs rapports avec d'autres parties du cerveau, puis nous éludierons la structure intime de la papille et du nerf optique.

A. Origines des nerfs optiques. — Ces nerfs tirent leur origine des tubercules quadrijumcaux nates et testes (fig. 254, /"(/), qui constituent, d'après les recherches

Fie. 2b!i. — Origines des fibres optiques et leur entrecroisement dans le chiasma (*). de Magendie, Longct et autres, le centre principal de la fonction visuelle. Do clia-

(*) a, a, c, fiLi-fts norveusps externes qui se rondenl ilireetement d'un lirmisphcre .". la moitié externe de la ivtinV de l'iil corrospnndanl ; b,b, fibres nerveuses internes s'entreeroisant dans le clunsma et se rendante la moitié interne de la rétine de l'o-il opposé ; </ et tubercules quadrijumeanx ; eorps genonilles. - 1 , novM . r tnbereule supérieur, rond, gris ,''i>^eAtre ; 2, noyau du tubercule antérieur ; 3 substance blanche qu, sépare es deux nova.u: A, partie grise servant de communication entre le tubercule du cété opposé /, artère optiue antérieure provenant do la cérébrale moyenne, /: «i, «Hères optiques moyennes, ou eenouillees, provenant u plexus choroidien. (Galezowski.)

je tubercule postérieur se détache une petite bandelette médullaire, qui passe 1 devant du faisceau triangulaire latéral de l'isthme pour aboutir en avant au corps nouillé interne. En avtmt et en dehors existe un autre prolongement qui se rend rectement au corps genouillé externe.

Le corps genouillé interne est moins volumineux que l'externe, mais il est plus illant. L'externe forme une éminence oblongue, qui contourne l'extrémité postéeure et inférieure de la couche optique.

Des corps genouillés partent deux racines blanches, externe (e) etjnterne (d), se unissant en une bandelette qui porte le nom de bandelette optique. Cette dernière intourne la face inférieure des pédoncules cérébraux, passe près du bord interne de grande fente de Bichat, pour se porter vers la base du cerveau. Dans ce trajet elle arrondit, se rapproche de la ligne médiane où elle se rencontre avec la bandelette côté opposé pour y former un large carré, que nous appelons chiasma des nerfs ^tiques (c).

En soulevant le chiasma et en le portant un peu en arrière, on aperçoit une melle grise triangulaire dont le point de départ est l'espace compris entre les péncules des corps calleux ; de là elle se dirige vers le bord inférieur du chiasma et nstitue la raci7ie grise des nerfs optiques.

Du bord antérieur du chiasma se détachent deux cordons- arrondis qui sont les rfs optiques ; ils se portent en avant, franchissent les trous optiques, et, après avoir ircouru une partie de la cavité orbitaire, ils gagnent chacun le globe de l'œil, trarsent la sclérotique dans le segment postérieur et interne et arrivent là à la surface

la réline pour y constituer la papille.

Dans ce long trajet intrr.-crânien, les organes centraux optiques sont en rapport : i° Les tubercules quadrijumeaux : avec la glande pinéale au moyen de quatre sceaux blancs; avec la valvule de Vieussens, à l'aide deson frein ; avec le cervelet, l'aide des pédoncules supérieurs du cervelet {processus cerebelli ad testes) ; avec la oelle allongée, au moyen des faisceaux antéro-latéraux du bulbe ou du ruban de il, qui, en s'inciirvant au-dessous des tubercules, forme là une sorte de commissure; 2° Les corjûs genouillés ; par leur surface libre avec la cavité des ventricules latéux, tandis que par l'autre surface ils se confondent avec la face inférieure et istérieure de la couche optique;

3° Les bandelettes optiques : avec les pédoncules cérébraux en haut et en dens ; en bas et en dehors elles sont libres et correspondent aux circonvolutions de

partie interne des lobes moyens. Plus en avant, elles se trouvent en contact avec

membrane perforée et en dernier lieu avec l'os sphénoïde.

Les recherches de Graliolet (I) semblent démontrer que les fibres nerveuses, lanant d'une des racines du nerf optique qui contourne la couche optique, s'épamissent en éventail dans toute la longueur du bord supérieur de l'hémisphère, puis l'extrémité supérieure du lobe occipital jusqu'au sommet du lobe pariétal. Rien a confirmé encore cette assertion.

4° Le chiasma: en haut, avec la membrane qui forme le plancher antérieur du )isiéme ventricule, et en arrière avec le tuber cinereum. En bas, il repose sur la mde pituitaire et la selle turcique.

Structure intime. — La structure des tubercules quadrijumaux est très-com- Bxe, ils sont couverts de la substance blanche, la masse interne est grisâtre. Dans tubercule postérieur, j'ai pu constater un vrai noyau rond (fig. 254, 1) gris-rouâtre. Le noyau du tubercule antérieur est moins accusé, il est oblong(fig. 254, 2), i deux noyaux sont séparés par une substance blanche, comme i'ai°pu le'dé- )ntrer(2). ^

(1) (îratiolet, Comptes rendua de l'Académie des sciences, 185i, p. 276.

iS ^^lf.<*wski. Sur les n/férations du nerf optique et sur les maladies' cérébrales. Paris, 66, p. 31. '

Les corps genouillés sont conslilués aussi à l'inlérieur par uae substance grise leur enveloppe est au contraire blanchâtre. '

Les bandelettes optiques sont composées des libres nerveuses. Arrivés au chiasma, les fibres nerveuses les plus internes (fl^^ 254, d) s'enlrecroiseut coirinie ; l'avait démontré pour la pren^iièrc fois Wollaston, et se rendent à l'œil du côté op^^ posé, tandis que les fdjres les plus externes (c, e) ne s'entrecroisent pas, et se ren-.»-| dent à l'œil correspondant.

Dans le chiasnna, Hannover admet l'existence de la commissure antérieure {com-r, missuta amiala anterior) formée par les libres nerveuses qui ne vont que d'un œilài l'autre, et n'ont aucune communication avec le cerveau, Nélaton présenta, en i 833,i, à la Société anatoraique, un cerveau dans lequel le chiasma était en partie détruit,!, pendant que les fibres externes se continuaient de chaque côlé avec les nerfs opli.^ ques correspondants ; il y avait, en outre, une commissure antérieure intacte,

I!. Lenehf optique et la papille. — Les nerfs optiques proviennent directement d deux angles antérieurs du chiasma, franchissent les trous optiques, et, après avoi parcouru une partie de la cavité orbilaire, ils pénètrent dans le globe de l'œil, à s$i partie postérieure, à 0"\003 en dedans et 0",001 au-dessous de l'axe visuel.

Dans ce trajet inlra-cranéen, il est en rapport, par son bord externe,- avec la ca» rotide interne ; puis il passe par le trou optique et la gaine fibreuse, forniée parle insertions postérieures des muscles droits. IJans la cavité orbilaire, il se trouve plac<. au-dessus de l'artère ophlhalmique, qui passe avec lui par le môme trou optique e'i la croise ensuite de haut en bas et de dedans en dehors. Plus loin, il est entouré d artères et des nerfs ciliaires, et se trouve enveloppé parle tissu cellulo-graisseux.

Gaines des nerfs optiques. — Les bandelettes et le chiasma, de même que le nerfs optiques sont enveloppés de la membrane vasculaire, appelée pie-inére, qui si; prolonge sans interruption jusqu'au globe de l'œil, constituant ainsi la gaine intern du nerf optique (fig. 255, B).

A la base du cerveau et dans la partie antérieure, Varachnoide recouvre la fac inférieure des nerfs optiques et du chiasma, mais elle ne dépasse pas le trou optiqui et ne prend pas part à la formation des gaines du nerf optique lui-même.

La gaîne externe de ce même nerf (fig. 255, A) est constituée par le prolongemendji de la dure-mère. Les deux gaines, externe et interne, sont réunies par du tissu ceW ii lulaire lâche et délié, qui peut être, selon nous, considéré comme la continuation ^ directe du tissu cellulaire sous-arachnoïdien.

La gaîne externe ou fibreuse, en arrivant au globe de l'œil, se réfléchit tout em [, tière sur la sclérotique pour se confondre avec elle. La gaîne interne est moim épaisse et moins dense que l'externe; elle donne des prolongements ou cloisons muu ^ liples dans l'intérieur du nerf optique, et constitue des canaux longitudinaux dam lesquels sont logées des fibres optiques, réunies ordinairement en faisceaux. La liguui ; 255 représente, d'après Rilter, la section du nerf optique pratiquée à 6 milliméinr de la papille, à un grossissement de 1 0 diamètres. En se rapprochant du trou sclérw ^ tical, le nerf optique se rétrécit sensiblement et subit une sorte d'étranglement aval de s'engager dans le globe de l'œil. jjjJI* La gaîne externe est pourvue d'une grande quantité de plexus nerveux dWIl'existence a été démontrée pour la première fois par Sappey (1). Ces nerfs suive les vaisseaux, et on les retrouve non- seulement dans cette gaîne, mais aussi le long ■ ' \ l'artère centrale de la réline.

La gaîne interne ne s'arrête pas, d'après Donders (2), à la limite scléroticale, m»^ les cloisons qu'elle forme pour les fibres nerveuses, suivent ces dernières danss trou sclérolical, jusqu'au niveau de la choroïde, et se prolongent entre la choroïdef

(1) Sappey, Journal d'onntomie et. de physiologie de Hobin, t. V, 1868, p.

(2) Donders, Airhiv von Grnefe, Bd. 1, Ablli. 2, p. 83.

Page 1