‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 156 sur 255 · ANATOM[E UU NERF OPTIQUE · texte numérisé non relu

ANATOM[E UU NERF OPTIQUE

sclérotique avec les fibres de la membrane élastique. Dans d'autres cas, pourtant, les ai vues se prolonger jusqu'au niveau de la rétine.

FiG. 255. — Coupe transversale du nerf optique, d'après Ritter (*).

Lame criblée. — Le trou sclérolical que franchit le nerf optique est aussi traversé >ar des libres scléroticales abondantes se croisant dans tous les sens et formant une Mjrtc de membrane criblée. Cette disposition était évidemment nécessaire pour doniHer au nerf optique une grande force de résistance à la pression intra-oculaire.

Le nerf optique ne peut donc pas franchir le trou optique en masse, mais chaque fibre ou paquet do fibres isolées passe par une ouverture séparée de la lame criblée. La même chose a lieu pour les vaisseaux du nerf optique qui ont des loges et des ouvertures spéciales dans cette même lamelle.

Vascularisation des onjanes centraux visuels et des nerfs optiques. — Les organes centraux visuels sont très-vasculaires; ils reçoivent, comme le premier nous les avons décrils, des branches qui leur sont spécialement destinées (î). Les recherches de Albutt (de Londres) (2) ont complètement confirmé ma manière de voir, et ce n'est que dans quelques cas qu'il a vu une disposition différente. Ces parties reçoivent leur nutrition par les vaisseaux sui-vants :

■1" Une branche artérielle entre dans le bord postérieur du testes et se distribue dans ce dernier ; c'est Vartère du testes ou optique postérieur ;

2" Quatre vaisseaux assez volumineux s'engagent dans la Iiandeletle optique au niveau du bord postérieur des pédoncules cérébraux en m (fig. 254). Deux de ces vaisseaux sont des artères, et nous les désignons sous le nom d'artèi'es optiques moyennes ou ijennuillées. Elles proviennent du plexus clioroïdien.

3" Une branche assez volumineuse / (fig. 25i), provenant de la cérébrale

(1) (lalezowski, Étude ophthalmoscopique sur les altérations du nerf optique, etc. Paris. 18ti6, p. 3i. ' i 1 } >

(2) Albutt, Mer/ir. Times and Gazette, 9 may 1868, p. !i9C\

(*) A, ?(unf cxliMin; ; I!, j.,inc interne; C, tissu celliilciix lAclii? intiTposO entre lus deux qaines ; D, vuiêseaiix sanguins <l.i nerl ; h vaisseaux eonlni.ix ; K, vaisseaux les pins lUruils .lu nerf; G, vaisseau de la i:ai„e externe. - brossissement, 10 tliaméires. (Weclier, rmilé dis molaïUcs ilcs yri, r.)

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moyenne (i), se rend à la partie antérieure de la bandelette optique. Nous la nommontai Vai'tére optique antàneure.

4° Quelques rameaux filiformes vont de la pie-mère au chiasma.

S» L'artère centrale de la réline est une branche directe de l'artère ophthalmique,?], et quelquefois elle provient de la ciliaire postérieure externe. Elle pénètre dans \t' nerf optique à mu centimètre de la sclérotique, et chemine dans son épaisseur au voisinage de la veine centrale dans une gaîne spéciale. Après avoir franchi le trou.% ^ spécial de la lame criblée, elle se divise au moment d'arriver à la surface de la pa-H^i pille en deux branches, une supérieure et l'autre inférieure.

Celte artère est destinée à la nutrition de la rétine et ne donne que très-peu deg^ "^ branches collatérales pour le nerf optique lui-môme, la nutrition de ce dernier ne se faisant que par les vaisseaux méningés ou cérébraux. Les expériences que nous avons établi avec le docteur B. Anger (1), nous ont permis de démontrer que la nutrition du nerf optique est presque complètement indépendante de celle des vaisseaux rétiniens ; elle dépend des vaisseaux cérébraux et non de l'artère centrale de la rétine. ,

Physiologie. — Le nerf optique est le nerf exclusif de la vision et nul autre ne-» peut le remplacer dans ses fonctions, c'est au moyen de ce nerf que les impressions $ i lumineuses de la réline se transmettent au centre nerveux visuel. — Ch. Bell el-lli Magendie ont démontré que le nerf optique est complètement insensible aux irrita- lions mécaniques. Lorsqu'on les coupe, comme, par exemple, dans l'énucléation de l'œil, le malade éprouve la sensation de la lumière, comme j'ai pu m'en convaincre sur un grand nombre de mes opérés.

Mais le nerf optique n'est pas aple à saisir par lui-même les impressions lumi neuses venues du dehors; en effet, il n'y a qu'un seul point dans toute l'étendue de^ la rétine qui forme un punctum cœcum dans le champ visuel, c'est la papille du ne optique.

Les tubercules quadrijumeaux sont considérés comme des centres optiques. 11 ré suite de toutes les expériences qu'après l'ablation des tubercules quadrijumeaux ouj bijumeaux (selon la classe de vertébrés), un animal ne peut plus voir les objets qui i l'entourent. C'est ainsi que Vulpian et Philippeaux ont établi que si l'on blesse ouj détruit les tubercules quadrijumeaux, il en résulte la perle de la vue avec immobilité f et dilatation de la pupille.

Gratiolet place l'organe central de la vision dans les lobes cérébraux, mais ce? fait n'esl pas encore démontré. 11 est vrai que Magendie (2) et Flourens (3) affirmaient i que, lorsqu'on enlève à un animal le lobe cérébral d'un côté, l'animal ne voit plus de ' l'œil du côté opposé. Mais Bouillaud (4) par ses expériences, est arrivé à des résultats diamétralement opposés, et il est porté à croire qu'un animal sans lobes cé- rébraux perçoit des sensations lumineuses. Longet a relaté'des faits pathologiques 5 qui démontrent que chez l'homme, la vue peut rester intacte dans les deux yeux malgré l'atrophie considérable d'un hémisphère, ou malgré une perte énorme de sa sub- slance dans certaines lésions traumatiques du cerveau.

Le rôle des corps genouillés n'est pas encore établi.

Quant aux. couches optiques, nous savons aujourd'hui d'une manière positive qu'elles ne remplissent aucun rôle dans la vision ; il n'y a que la surface corticale, à laquelle sont accolés les corps genouillés et l'origine des bandelettes optiques qui sont en rapport direct avec l'organe de la vision.

(1) B. Anger, Nouveaux éléments d'anatomic chirurgicale. Paris, 1869, p. 343.

(2) Magendie, Précis élémentaire de i)hysiologie, t. I, p. 2lxli. Paris, 1836.

(3) Flourens, Recherches expérimentales sur les propriétés et les fonctions du système nerveux, etc., 2= édit. Paris, 1842, p. 31.

'4) Bouillaud, Recherches expérimentales sur les fonctions du cerveau en général et sur celles de sa portion atdérieure en particulier {Journal de physiol. expérim.. t. VI, p. 527, 1830).

MODE d'exploration DU NERF OPTIQUE ET DE SA PAPILLE,

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