RÉTINITE IDIOPATHIQUE
Les inflammations idiopathiques de la rétine sont excessivement rares : tantôt Ifellesse présenleni sous forme d'exsudations partielles; tantôt toute la rétine devient fcdémateuse et infdtrée d'une sérosité blanchâtre, blanc laiteuse. L'une et l'autre 1:1e CCS formes, apparaissant chez les individus qui ne présentent aucune affection ■générale, peuvent expliquer ces désordres.
Il A. RÉTINITE PARTIELLE. — Signes ophthalmoscopiques. — On remarque dans ■es parties centrales de la rétine, soit au voisinage de la papille, soit à une certaine ■Bistance d'elle, une ou plusieurs taches exsudatives blanchâtres, qui se trouvent, soit I m devant des vaisseaux et les recouvrent complètement, soit au-dessous de la couche li^asculaire de la réline. Quelquefois même les exsudations bordent les contours lies vaisseaux sans les masquer en aucune façon. Cette dernière variété a été observée par le docteur Iwanoff, qui lui donne le nom de rétinite périvasculaire.
Ordinairement, dans ces rétinites partielles, la papille est rouge et injectée, ses contours sont légèrement infiltrés par une exsudation séreuse. Ailleurs la rétine jparaît saine et transparente, tandis que dans un point quelconque de cette membrane, on trouve une tache blanche exsudative plus ou moins étendue. Cette tache est d'un blanc laiteux ou blanc grisâtre ; ses contours sont troubles et se ^perdent insensiblement sur le fond rouge de l'œil. Quelquefois ces exsudations îont accompagnées de taches hémorrhagiques ; dans d'autres cas, les altérations 13e la choroïde s'ajoutent visiblement à l'affection rétinienne, et l'on remarque les taches noires et des plaques d'atropine choroïdienne au voisinage de l'exsulation,
B. RÉTINITE IDIOPATHIQUE GÉNÉRALISÉE. — Cette Variété est caractérisée )ar une transsudation séreuse, qui rend toute la rétine trouble, blanchâtre, au ooint qu'on a souvent de la peine à reconnaître ses vaisseaux. A mesure qu'on se rapproche de l'ora serrata, on constate que la teinte grisâtre diminue, et la choroïde devient plus apparente.
Il arrive quelquefois que la rétine devient trouble au pourtour de la papille et out le long des vaisseaux centraux, et qu'en même temps ces vaisseaux sont étrécis, et par places même interrompus complètement. Gela s'observe notamment dans certains cas d'héméralopie endémique apparaissant dans quelques pays de préférence, et surtout dans les régions tropicales, au printemps ou en
automne. On la voit aussi se produire parmi les soldats qui séjournent dans des casernes peu aérées et malsaines, ou lorsqu'ils couchent sous les tentes et sur un sol humide. Le même phénomène s'observe aussi chez les marins.
Le docteur Coquerel, chirurgien de marine, a été témoin, en 18/i7, d'une ' épidémie d'héméralopie à bord de la frégate la Belle-Poule, dans les parages ' ^ de Madagascar. Fonssagrives , Baizeau , Despont et le docteur Chaussonnet ont réuni à des époques différentes de nombreuses observations personnelles à . ce sujet.
Dans tous ces cas d'héméralopie endémique, les altérations existent dans la membrane nerveuse visuelle. Qualigno en Italie, et Martialis en France, ont trouvé . une sorte de suffusion séreuse, soit périvasculaire, soit sur toute l'étendue de laii * rétine. i''*
De mon côté j'ai eu l'occasion d'examiner, avec le docteur Perréon, médecin-major au 64* de ligne, les yeux de plusieurs soldats atteints d'héméralopie endémique, et j'ai pu constater, chez le plus grand nombre d'entre eux, des allérations ophthalmoscopiqucs caractéristiques, qui se traduisaient par des cotiu ac-^j lions spasmodiques des artères centrales de la rétine. Quelquefois même les vais- -jt seaux paraissaient être interrompus par places, et la rétine présentait un léger voilciijj blanchâtre qui s'étendait au pourtour de la papille.
Toutes ces variétés des rétinites héméralopiques sont relativement bénignes eb ne présentent point de gravité. Quelquefois pourtant l affection se présente dan des conditions plus sérieuses, et entraîne des désordres plus graves dans la vue, comme cela résulte de deux observations rapportées par Becker et Nngel. Twanbl a décrit des altérations microscopiques très- intéressantes, qu'il a trouvées dam un œil extirpé; mais les désordres qu'on y observait ne peuvent être rapportés J< une forme de rétinile idiopathique. Il s'agissait, en effet, d'un œil dont la choroïddii était enflammée, le cristallin disparu, et l'iris était confondu avec la cornée au« niveau de la plaie.
Pour conclure, nous dirons que ces faits sont encore trop isolés et exception^■j nels pour que nous puissions en donner une description comme d'une maladitt à part.
Étioiogie. — On ne peut dire rien de précis et de certain sur l'étiologie ddr celte affection. L'anémie, la diarrhée, le scorbut, le mauvais air et la uiiurrilurc peu substantielle prédisposent à son développement.
Traitement. — Les rétiuites idiopathiques dépendent souvent d'im état gc-néral de santé délabrée par les diarrhées chroniques, l'anémie aiguë ou chro> nique, etc.; c'est pourquoi on doit surtout s'attacher à établir les forces et le* fonctions digestives par les toniques, les ferrugineux, etc.
Les rétinites franches, prises au début, devront être combattues par des moyeiurf antiphlogistiques : c'est ainsi qu'on appliquera des sangsues près de l'oreille, or fera des frictions mercurielles sur le front et la tempe, et l'on passera ensuite i l'application des vésicatoires volants que l'on promènera au pourtour de l'orbiK I pendant quelque temps.
Dans le cas d'héméralopie endémique, j'ai obtenu des succès remarquables pai?l l'usage du collyre d'ésérine (calabarine), à la dose de 0,02 centigrammes pouix 10 grammes d'eau, dont on instille une goutte deux fois par jour. Le docteu '