‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 175 sur 255 · RÉTINITE ALBUMINURIQUE · texte numérisé non relu

RÉTINITE ALBUMINURIQUE

i réoii, qui a expérimenté à son tour ce même moyen, dit avoir obtenu d'excel- Dts et rapides résultats.

Pour combatire l'béméralopie endémique, Despont a recommandé l'usage de mile de foie de morue, qui donne souvent d'excellents résultats. Fonssagrives, lizeau, Kreuncr et autres, ont vanté beaucoup les fumigations de foie de bœuf ec ou sans ingestion de foie morue dans l'héméralopie endémique.

Kiifm Nelter, de Strasbourg, traite ses malades par le séjour dans un cabinet )ir pendant plusieurs jours.

Bibliographie. — Fonssagrives, Traité d'hygiène navale. Paris, 1856. — Gosselin, Raprt mr un Mémoire de M. le docteur Desponts {de Fleurance) intitulé : Traitement de wméralopie {Bull, de l'Acad. de méd., 15 juillet 1862, t. XXVI). — Bitot. Mémoire sm >r. lésion conjonctivale non encore décrite coïncidant avec l'héméralopie {Bull, de l'Acad. méd. , 28 avril 1863, t. XXVIIi). — Nagel, Klinische Monatsblàtter, sept, et décemb. 1864. Iwanoff, Archiv f. Ophlhalmologie v. Graefe, 1865, Bd. XI, Abth. 1, p. 136. — Qualigno, conditions patholqgiques de l'héméralopie) Giornale d'ofialmologia Italiana, 1865. — Hrlialis, De l'héméralopie {Archives de médecine navale^ 1868, t. IX, p. 38). — Galezowski, • l'héméralopie endémique et de son traitement par l'ésérine {calaharine) {Gaz. des hôp. , iris, 1869). — Cliaussonnet, Iféméralopie aiguë, thèse de Paris, 1870.

ARTICLE III

Il ÈTI M ITE AL li L .M 1 M) RIQ U E .

La néphrite albiuniiicuse osl trùs-.souvont accompagnée d'un trouble de la vision us ou moins prononcé, (jui se traduit par des altérations marquées de la iiine.

Briglit (1), le premier, signala l'apparition de l'amaurose dans l'albuminurie, ddison (2), Rayer (3) et Simpson (6) rapportent, dans leurs travaux, des faits lalogues. iMais ces faits n'étaient considérés que comme des phénomènes acciden- Iset rares, et ou ne leur attribuait point de signification particulière. C'est à Landouzy (5), de Ileims, que revient le mérite d'avoir attiré l'attention es médecins sur l'amaïuose qu'il appelait albiuninurique. Selon lui, cette amaujse était très-fiéquente et elle présentait dos signes qui lui étaient propres; ophthalmoscopc est venu, en effet, confirmer celte opinion. Aujourd'hui, on rrivc non-seulement à expliquer l'amblyopie, mais on trouve encore la possibilité, 'après la nature des désordres rétiniens, de reconnaître l'affection générale de organisme, et de mesurer, pour ainsi dire, l'intensité de son développement.

Le trouble de la vue que l'on rencontre dans l'albuminurie est ordinairement ccasionné par les désordres dans le nerf optique et la rétine ; le cristallin s'altère uelquefois et devient cataracté; mais ces faits sont rares. Quant à la choroïde et u corps vitré, ils restent le plus souvent intacts.

(1) Bi-ight, Guy's Hospital Reports, 1836, p. 356.

(2) Addison, Gm/s Hospital Reports, n° 8, April 1839, p. 1.

(3) Rayer, Traité des maladies des reins, 1840, obs. 10 et 25.

(4) Simpson, Irans. ofMed., 1848.

(5) Landouzy, De F affaiblissement de la vue, considéré comme symptôme initial de la léphrite alhumineuse {Bull, de l'Acad. de méd., 9 octobre 1849, t. XV, p. 74).

Les alléralions que l'on conslale dans la rétine sont de nature toute particulière, 1 Elles constituent une espèce morbide à part, que nous appelons rétinile al/jurni- ^ nitrique. L'ensemble des signes qui la caractérisent permet toujours de recoiniaître la nature de l'affection générale.

Symptomatologie. — La rétiuite albuminurique est ordinairement caractél isée par des épanchements de sang plus ou moins nombreux, linéaires, suiés ainsi que par des taches blanches, luisantes, arrondies, disséminées sur uue grande étendue de la partie centrale de la rétine. La papille se présente voilée; ses contours sont masqués par une infiltration séreuse.

Souvent les vaisseaux rétiniens se couvrent d'exsuJalions, ou bien ils soQluii accompagnés de traînées blanches presque transparentes. i

Les taches blanches de la réline sont ordinairement arrondies on ovales, commeiéj on peut s'en assurer par la figure 283, où elles se trouvent adossées aux tachescf apoplectiques ou aux vaisseaux; dans d'autres cas, elles sont petites (comme une* tôle d'épingle), mais si nombreuses, que la partie centrale de la rétine se pré-.sente, à l'examen de l'image droite, comme criblée, ainsi que le montre cetteu même figure. Ce sont des granulations graisseuses qui donnent cet aspect à la;, réline, granulations semblables à celles que l'on rencontre dans les reins, \îk, cœur, etc. Peu à, peu les taches blanches augmentent d'élendue, s'élargissent dansis tous les sens, et présentent, à un nioment donné, de grandes plaques blanches, dé-;passant même le volume de la papille et entourant cette dernière de tous côtés

La papille, h son tour, se modifie sous l'influence de la dégénérescence grais-? seuse, perd complètement tous les signes qui la caractérisent, et peut même dispa-3«i raître sous l'exsudation. On ne pourra alors juger de son siège que par le pointn»> de sortie des vaisseaux centraux, qui subissent eux-mêmes la transformation pa-i thologique. Les artères deviennent quelquefois minces, tandis que les veines son'ii' engorgées.

Chez une malade albuminurique du service du docteur Delpech, à l'hôpili Necker, nous avons pu constater une atrophie de la papille, avec la dégénères^ cence graisseuse générale des deux rétines.

La maladie existe ordinairement dans les deux yeux simultanément, phénomèno« ■. ^ très-important pour le diagnostic.

Elle se déclare d'habitude très-lentement, et amène souvent si peu de troubW» i dans la vue, que les malades, pendant longtemps, ne s'en aperçoivent même pas.v

Tels sont les signes caractéristiques de la rétinite albuminurique que nous avons • formulés en six propositions suivantes :

1° Apoplexies de la rétine à forme linéaire.

1° Plaques blanches graisseuses plus ou moins nombreuses, occupant le segmenn postérieur de l'œil.

3° Infiltration séreuse du nerf optique.

W Existence simultanée de l'affection dans les deux yeux.

5° Développement lent de la maladie. Souvent le malade ne se plaint pas di trouble de la vue, tandis que les désordres ci-dessus mentionnés existent dans 1; rétine.

L'affaiblissement de la vue n'est pas en proportion de l'altération de 1; rétine.

RÉTINlTli JiLBUMlNURlQUE.

A ces six signes pathogiiomoniques de la rétinite aibuminurique, il faut ajouter ussi la dyschromatopsie, qui manque, il est vrai, dans des formes bénignes des étiiiites, mais qui existe pourtant dans les périodes plus avancées de la maladie.

FiG, 283. — Rétinite aibuminurique (*).

A mesure que Taffection rétinienne se développe, l'infdtration séreuse s'acîntue davantage, et des plaques blanchâtres isolées se multiplient au pourtour le la papille. Ces plaques ont une teinte blanc grisâtre, et elles sont entremêliées de foyers hémorrhagiques, dont les uns sont striés et les autres irréguliers lou arrondis.

Les hémorrhagies rétiniennes que l'on constate dans la rétinite aibuminurique Isont le plus souvent d'une forme allongée, striée, ce qui tient en grande partie de Ice que le sang transsude à travers les parois malades, et ne reste plus retenu que parlesgaînes lymphatiques des vaisseaux. C'est ainsi que les veines paraissent par places doubles et triples de volume, comme on peut en juger par la figure 28Zi, x.

Dans certains endroits, les vaisseaux sont entourés d'une infiltration séreuse qui constitue, d'après Iwanoff, une forme particulière de rétinite périvasculaire. Cette infiltration indique en effet une modification plus profonde de tout le tissu du stroma rétinien au voisinage des vaisseaux ainsi que des parois vasculaires ellesmêmes. Ces tissus sont épaissis et les éléments rétiniens ne sont que dissociés par cette exsudation.

Les altérations de la macula que l'on observe dans la rétinite aibuminurique

(*) <i, a, infiltration séreuse péripapillaire ; b, b, b, taches blanches exsudatives : c, exsudation caraotérlstinue là macula iji, d, hémorrhagies de la rétine. ^

«^y^ RÉTINE.

soiit^liès-impoilanles à noler; elles sont caiactérisliques el dénotent une inodifi cation toute spéciale propre à cette région.

On y remarque des taches blanchâtres, d'une forme allongée, isolées les unes des autres et s'irradiant du centre, qu'occupe la fossette centrale, vers la pc'riplu'ric I de la tache jaune. Ces taches sont groupées d'une manière très-caracicri.>ti(iii(. '

^IG. 284. ' — Rétinite albuminurique (deuxième période) (*).

et semblent converger vers un point ou une ligne courbe, ce qui, du reste, se voit très-bien sur la figure 283, c, que nous avons dessinée d'après une malade du service du professeur Trousseau à l'Hôtel-Dieu.

Selon Schweigger (1), la direction que prennent ces taches ainsi que leur disposition générale, est due à la direction des fibres radiaires elles-mêmes dans celle région. Ces taches subsistent quelquefois pendant toute la vie du malade, même lorsque les autres symptômes de la .rétinite albuminurique auront complètement disparu. Gela se voit surtout chez les femmes, après la grossesse, et quoique la rétinite ait disparu, on trouve quelquefois, plusieurs années après, des taches blanchâtres rayonnantes an pourtour de la macula,

A mesure que la maladie fait dos progrès, les altérations doviemicnl de plus en plus prononcées; l'infiltration rétinienne devient plus épaisse ; les taches isolées se réunissent les unes aux autres pour former une sorte d'exsudation étendue qui occupe la région postérieure de la réline et s'étend au pourtour de la papille jusqu'à une certaine distance. Ce qui est digne de remarque, c'est que même dans

(1) Schweigger, Leçons d'ophtfialmoscopie, Irad. franç. Paris, 1865, p. 103.

(♦) a papille; b, b, b, laclies héinorrliagiques ; x, taclie apoplectique à contours bien trancliés : le sang »e trouve contcrin dans la gaine lymptiatique ; c, c, c, taches blanches exsudatives de la i-étinc; d, d, artères centrales ; c, e, veines rétiniennes.

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