OPHTHALMIE SYMPATHIQUE
avignot et Laugior rapportèrent les premiers des détails intéressants à ce sujet, ais l'étude complète n'a été faite qu'en 1858 par le docteur Brondeau. En Alleagne, à part des observations isolées, nous pouvons citer le travail de de Graefe de Mooren. En Hollande, citons les recherches de Donders et de 3Jaals. Vjtrictés. — L'ophthalmie sympathique peut se présenter sous des formes trèsriées. La plus fréquente de toutes est la forme d'irido-choroïdiie. On rencontre ssi au début une iritis sympathique, mais qui ne larde pas à se transformer en ido-choroïdite. Dans des cas rares on trouve une affection sympathique du nerf tique de la réline et de la cornée.
A. JRIDO-CYCLITE SYMPATHIQUE. — Lç début de la maladie n'est pas toujours même : tantôt c'est une simple irritation, et, comme dit Donders, une névrose mpathique; dans d'autres cas elle apparaît sous forme d'une iritis. Le malade lessent d'abord une douleur sourde et une inflammation exagérée ns l'œil blessé, en même temps l'autre œil devient sensible pour la lumière ; il i est difficile de rien regarder fixement et de supporter la lumière un peu vive, aperçoit de nombreuses mouches et des nuages qui voltigent devant l'œil. La rtée de la vue au loin diminue, et il ne peut plus distinguer à une aussi grande stance que d'habitude. Ces signes sont bientôt suivis d'une photophobic et d'un rmoiement très-prononcé, et quoique on n'ait considéré ces symptômes que mme de simples phénomènes d'irritation, je n'hésite pas à les considérer comme s symptômes graves, qui peuvent se terminer par une véritable ophlhalmie symathique. Bientôt, en effet, tous ces phénomènes prémonitoires s'accentuent; les aupières, à force d'irritation et de larmoiement, deviennent enflées, le globe luième s'injecte au pourtour de la cornée. Les douleurs périorbitaires ne sont pas ès-prononcées, mais l'œil lui-même devient sensible au toucher, surtout dans région ciliaire, ce qui peut être, sans aucun doute, considéré comme un signe athognomonique de la maladie.
A ces signes il faut ajouter ceux d'une iritis. Cette membrane change de couur; elle devient foncée, brunâtre. Selon Critchett, elle devient si ferme, si oriace et si adhérente, que ce n'est qu'avec beaucoup de diflicullé qu'on peut attirer au dehors, et il est même impossible d'en retrancher une portion. La puille se rétrécit^ devient irrégulière et se recouvre presque tout entière d'une xsudation plastique, qui rend tous ses mouvements impossibles; l'atropine n'a ucnne action sur elle. Peu à peu ces exsudations s'étendent sur toute l'étendue e la surface postérieure de l'iris, amènent une adhérence complète; l'humeiuqueuse devient trouble et la chambre antérieure diminue en |)rofondeur; quelluefois pourtant elle paraît plus profonde, lorsque l'iris, par ses adhérences, est nchaîné en arrière. Dans la cornée, on trouve des dépôts près de la membrane e Descemet (kératite ponctuée).
Arrivé à cette période, on ne peut plus éclairer le fond de l'œil, bien que le alade conserve un certain degré de vision. Mais à une période moins avancée, les ilieux de l'œil laissent passer la lumière de rophlltalinoscopc jusqu'à la rétine, ouventoii ne trouve aucun trouble appréciable dans le corps vitré, mais la papille " nerf optique n'apparaît que trouble, nuageuse, comme si on la voyait à travers verre dépoli. Cet aspect du fond de l'œil rappelle beaucoup celui de' la choroïdite syphilitique, et, quoique les flocons ne soient pas visibles dans le corps vitré, le
CHOHOÏDIi.
[vnuUlv esl poniUml du aux opacités proMiiic mi(•.ms^()piq.u^s de cciio hmu,,,, liicnlôt après les flocons (icvicniu.ni appamils ci s.; présciiUml coinnu' dr. , mciils noirs Irrs-lins. ^'
Lix vue cciitralo s'allaiblii do plus m |,lus, el c'csL à peine si les malades peu ' Venise cond.nre, snrloui si l'on se rappHI.. que, par suite d'une extrême pi.oio phobie, d leiu- esl impossible de sortir debois. Quehiuefois les malades sontsmcL-I a des plioto[)sics. ]
La dureté de l'œil n'est jamais augmentée; avecle |)rogrès du mal, c'est le ( on ^ traire qui arrive, il tend à devenir de plus en plus mou, et sonveni, à celle mè époque, on voit apparaître un épanchement de sang dans la cliaujbre aniérie on une petite quantité de pus.
B. IDITIS SYMPATtriQUE. — L'inflammation peut prendre quelquefois le car 1ère d'une irilis séreuse ; la pupille, dans ce cas, paraît plus large que d'lial,iii el se contracte difficilement ; des dépôts pigmentés o])paraisscnt dans la cornée de la membrane de Descemei (kératite ponctuée). On voit alors l'humeur aq. se troubler, l'iris contracter des adhérences résistant à l'action de l'atropine.
C. Rétinite et RÉTiNO-CtiOROïDiTE. — L'inflammation sympathique m rétine n'est pas fréquente, je l'ai rencontrée deux fois; chez une malade, la rétini était recouverte d'exsudation blanchâtre et d'épanchements sanguins. Après l'eMir! palion de l'œil blessé, la rétinite guérit, mais en laissant quelques branches ^ii rielles oblitérées. Les altérations de la rétine isolées sont rares ; elles sont, le plutAjin souvent, accompagnées des désordres dans la choroïde et le corps vitré. De Graefe|jB>re a décrit une forme de rôtino-clioroïdite sympathique, dans lacjuelle les veines la rétine étaient très-tortueuses et la papille entourée d'une infiltration séreu s'étendant sur la rétine le long des vaisseaux. La cornée présentait des opaci près de la membrane de Descemel. ] Ijej
Un fait très-intéressant se trouve rapporté par Dolbeau (2), d'une rétinite exsjMfilti dative sympathique, que nous avons eu l'occasion d'examiner avec le professedJpHn Le malade, atteint par un éclat de bois h l'œil gauche, fut pris au bout de quel temps de douleurs des deux yeux el de la perte de la vue dans l'autre œil. « L'o ihalmoscope, dit l'auteur, fit constater la présence de nombreux corpuscules d le corps vitré; au fond de l'œil des amas de dépôts plastiques. Les vaisseaux dt rétine ne pouvaient être aperçus. Dans le chomp de la papille, et-à sa partie iiifé--4; Li rieure, se voyait une tache blanche, analogue par la forme à un croissant, ml le bord inférieur est concave et le bord supérieur dirigé suivant une ligne di i Au-dessus de ce point on constatait un décollement de la réline, représentant ui. \ . dont les branches étaient écartées. » Après l'énucléation de l'œil, les doulcuiît,, cessèrent et la vue s'améliora. A la dissection de l'œil blessé, le professeur ai àiijj, constalé l'ossificalion du tissu cellulaire sous-rétinien, (|ui se présentait sous formei4iiij d'une coque solide. |j|tr.s
D. NÉVROSE SYMPATHIQUE. — Elle couslilue une des afl'eclions qui ne sont IIh] quelquefois que le prélude des inflammations sympalhi((uc.s; dans d'autres cas, elle ,^ exprime une simple irritalion nerveuse, comme l'a démontré Donder.-;. Ces nialades souffrent d'une photophobie plus ou moins forte, de larmoiemcnl exagéré, ^^M^^
(1) Graefe, Archiu /'. Opktli., Bd. XII, Abth. 2, p. 17 J.
(2) Dolbeau, Leçons de clinique ckiruryicale. Paris, 1867, p. 39. lit