RÉFRACTION DE L'OEIL
11 importe maintenant d'étudier la réfraction de l'œil, et de voir en quoi elle diffère de celle des lentilles.
RÉFIIACTION ET ACCOMMODATION.
1. Réfraction des rayons lumineux dans les différents milieux de l'œil. .
Un rayon lumineux passant de l'air dans l'œil subit dans la cornée le plus fort degré do réfraction, à cause de la différence très-grande qui existe entre la densité de ces deux milieux.
Ces mômes rayons subissent des déviations nouvelles en passant par l'humeur aqueuse et le cristallin. Mais les différences dans la direction des axes et la grandeur des images de toutes ces surfaces sont si minimes, qu'on est convenu de ne les considérer que comme constituant un seul système optique centré ou une seule lentille.
2. Axe et centres optiques. — L'axe du système optique oculaire, appelé a.jxde l'œil, coïncide en avant avec le centre de la cornée, et en arrière avec le centre de la lâche jaune. Nous appelons centre optique de l'œil, un point par lequel tous les rayons venant d'un objet quelconque passent jusque sur la réline sans se briser.| Les points nodaux ne sont, à proprement parler, que les centres optiques de di-* vers milieux qui composent ce système optique, et où se croisent les rayons lumineux avant d'arriver à la rétine.
3. Œil schématique de Listing. — Pour arriver à des résultats plus certains dans la déduction des données optiques de l'œil, Listing a construit un œil schématique (fjg. 331), en se basant sur les indices de réfraction des différentes surfaces sphériques de l'œil et les valeurs de toutes les constantes optiques.
FiG. 331. — (Eil schématique de Listing (*).
Voici les résultats obtenus par Listing, qui expriment en millimètres les diverses dimensions de son œil schématique :
(*) F', premier foyer principal; F", deuxième foyer principal; h', premier point principal ; h'\ deuxième point principal; k', premier point nodal; /c", deuxième point nodal;G", lieu de la tache jaune de Sœmmering (Polaillon>
RÉFRACTION DE l'OEIL.
F', premier foyer principal, esta 12°"", 8326 en avant de la cornée. F", deuxième foyer principal, est à 14'"«",6Zi70 en arrière de la surface postéieure du cristallin.
K', premier point nodal, à 0'""\7580 n avant de la surface postérieure du :ristallin.
K", deuxième point nodal, à 0°"»,362() m avant de la surface postérieure du :ristallin.
U. Formation des images sur la ré- Ine. — Les rayons lumineux venant d'un )bjet quelconque, en traversant les miieux réfringents, se portent jusque sur la réline pour y former une image.
Supposons que nous voulons construire une image sur la rétine dans un œil dont le plan principal passe par H (fig. 332), 3t le centre optique se trouve en K. Le point S envoie un faisceau de rayons umineux SDD'. La ligne SD, parallèle 1 l'axe optique principal XX', traverse e foyer principal F'. Un second rayon umineux SK, passant par le centre opique, ne se brise point et se rencontre {ivec le premier en S', formant ainsi 'image du points. La même chose aura ieu avec les rayons provenant du point T : Is iront faire leur image en T'. Ce qui j'est produit avec les points extrêmes de 'image S et T, se rapporte aussi aux loints intermédiaires, de sorte que tout l'objet STse dessinera sur la rétine de l'œil sous forme d'une image renversée T'S'.
5. Angle visuel. — On appelle angle ''isuel, l'angle compris entre les deux rayons qui viennent des extrémités de .l'objet au point nodal ou centime optique K .(Gg. 332). On comprend facilement que 'plus l'objet est éloigné de l'œil, plus l'anvgle visuel qui l'embrasse est petit; d'autre part, un objet MN, plus petit que TS, mais se trouvant plus rapproché de l'œil, aura le même angle visuel que celui de l'objet plus grand, mais plus éloigné.
L'angle visuel SKT est tout à fait égal h S'KT', et l'on peut, par des calculs, détermmer la grandeur de l'image rétinienne S'T'. C'est en se basant sur ces
FjG. 332.
RÉFRACTION ET ACCOMMODATION
calculs que Giraïul-TeuloR elSnelIen ont construit leurs échelles lyiwgraphiqnes.
En général, la grandeur de l'image rétinienne est en raison inverse de la dislance de l'objet.
6. Quelle est la direction des rayons venant de l'infini dans un œil normal}' — L'œil normal est construit de telle façon que les rayons lumineux veriant de l'infini, c'est-à-dire les rayons parallèles, en traversant les milieux réfringents, ^li se rassemblent sur la couche la plus externe de la rétine. Nous savons, d'autre i ^ part, que les rayons parallèles, en passant par une lentille convexe, se réunissentMiem dans un point qui est appelé foyer principal ; il en résulte que l'œil qui voit dis- J tihctement au loin, est construit de telle sorte que sa rétine se trouve dans le fover principal de son appareil lenticulaire. Il ressemble donc^ sous ce rapport, à la chambre obscure des cabinets de physique et à la chambre noire des photographes. Un œil ainsi construit est appelé, d'après Donders, œil emmétrope (de tf/fxeTpoç) modum tenens, et ô)\|;, oculus) (fig. 333, A).
Mais tous les yeux n'ont pas la même mesure exacte, et il arrive que le foyer est plus long ou plus court que le diamètre antéro-poslérieur du globe; cet état est alors appelé, d'après Donders, amétropie. Tantôt, en effet, les rayons parallèles se réunissant, soit en avant, soit en arrière de la rétine. Dans le premier cas, l'œil I ayant le diamètre antéro-poslérieur allongé et la dislance focale relativement t!0|y
courte, est appelé, par ' Donders brachymé- ■
et porte habituellement le nom ô'œ\ myope. Dans leseconî cas, la distance focale^ est trop longue par ri; rapport au diamètre antéro-postérieur, son i \ foyer principal .>e trouve en arrière de \ la rétine et au delà de la mesure; c'est pour- - ^^^ quoi l'œil est appelé V^^^ liypermét7'ope (û-£?, ; au delà, et fxizpo-j, mesure).
On pourra mieux >■ 1 juger de la différence qui existe entre les ■ trois variétés de réfraction par la (igure ^ 333. Ici nous avoUj; • supposé que la force de réfraction des milieux de l'œil est la même dans les trois variétés, que les cornées étaient sur la même ligne aa, et que le foyer principal se trouvait à la même distance de la ligne bb'. Dans la figure A, les rayons
Fig. 333. — (Eil emmétrope, myope et hypermétrope.