‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 203 sur 255 · ACCOMMODATION DE L'OEIL · texte numérisé non relu

ACCOMMODATION DE L'OEIL

.arallèles se réunissent sur la réliiie, qui est sur bb\ et l'œil est emmétrope. )ans la figure B, les rayons parallèles venant de l'infini se rassemblent au deant de la rétine, cette dernière se trouvant en arrière du foyer principal à cause;' 0 l'allongement du diamètre antéro-postérieur : c'est l'œil myope. Dans la figure C, œil est tellement court, que les rayons parallèles forment leur foyer en arrière e la rétine, cette dernière se trouvant sur la ligne dd: c'est l'œil hypermétrope. Mais à mesure que l'objet de l'infini va se rapprocher de l'œil et se placera, par xemple, dans un point b (fig. 33^), le foyer, au lieu de se maintenir sur la rétine,

FiG, 334. — Déplacement du foyer suivant les dislances de l'objet observé.

ta s'éloigner de plus en plus en arrière du centre optique, et tombera en 6'; image ne sera plus nette sur la rétine, mais elle se trouvera entourée des cercles e diffusion.

La même chose aura lieu avec les rayons partant d'un objet placé en c, l'iinagt' e cet objet se dessinera encore plus loin en arrière de l'œil, en la rétine, au ontraire, n'aura qu'une impression confuse de cet objet. Celle confusion dr image ne peut disparaître que lorsque le cristallin aura pu subir des changements ipides de courbure, devenir plus convexe et ramener le foyer conslamment sur I rétine, tant pour les objets plus rapprochés que plus éloignés, i La faculté que possède l'œil de changer la courbure du cristallin pour distinuer nettement les objets situés à des distances différentes est appelée accomlodation.

ARTICLE IL

ACCOMMODATIOiN DE L'OEIL.

Historique. — Il y a peu de points d'optique physiologique qui aient souleu'* lus de contestations et d'opinions contradictoires que l'accommodation de l'œil.

L'opinion qui a prévalu le plus longtemps était basée sur le changement de 1;> ourbure de la cornée, et l'allongement du diamètre antéro-postérieur de l'œil su ïisant au moyen des contractions des muscles externes. Home et Pappenheim vaient inventé cette théorie; plusieurs auteurs modernes, et Arlt entre autres, avaient soutenue pendant longtemps.

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720 RÉFRACTION ET ACCOMMODATION. i'

Mais la ihcorie réelle el exacte de l'accommodalion est celle qui consiste en un ^ changement de la courbure du cristallin; elle a été découverte loiit entière par ^ le génie de Descartes, qui, en I66/1, a décrit le mécanisme tout entier d'adapiaiion <le l'œil aux différentes distances, avec une admirable piécision et une justesse il'' d'appréciation tellement grande, que tout ce que nous savons aujourd'hui n'est ^ qu'une paraphrase de ce que Descartes avait annoncé il y a deux cents ans. Nous l»< ne pouvons mieux faire que de reproduire textuellement un extrait de son travail m» en supprimant, bien entendu, les figures qui sont ajoutées au texte. de

Après avoir décrit la structure du globe de l'œil et la position de Vhumour \é ■crystalline représentée sur la figure par L, il ajoute (1) « que E, N (sorte de liga- p » ment se prolongeant de la choroïde au grand cercle du cristallin) sont de petits eti » filets noirs qui viennent du dedans de la peau D, E, F (ces lettres représentent, » sur la figure, la choroïde et l'iris), qui embrassent tout autour cette humeur ilio. » crystalline, qui sont comme autant de petits tendons, par le moyen desquels sa 1 ies » figure se peut changer et se rendre un peu plus plate ou plus voûtée, selon » qu'il est de besoin. »

Et plus loin (2), il dit : « Le changement de figure qui se fait en l'humeur cr\s- » talline sert à ce que les objets qui sont à diverses distances puissent peindre C » distinctement leurs images au fond de l'œil. Si, par exemple, l'humeur LN » (cristallin) est de telle figure qu'elle fasse que tous les rayons qui partent du » point R (distance moyenne analogue au point b de notre figure 33Zj) aillent fl justement toucher le nerf au point S (macula sur la figure), la mesme humeur, sans 1) estre changée, ne pourra faire que ceux du point T qui est plus proche (ce point, » dans Descartes, est analogue à c de notre figure 33/i), ou du point X qui est plus .) éloigné, y aillent aussi; si bien que, pour représenter distinctement le point X, » il est besoin que toute la figure de cette humeur NL (cristallin) se change, et » qu'elle devienne un peu plus plate, comme celle qui est marquée I (autre figure » du cristallin aplati); et pour représenter le point T, il est besoin qu'elle de- » vienne un peu plus voûtée, comme celle qui est marquée F (figure du cristallin » plus bombé). »

On voit que dans la théorie de Descartes il n'y a rien à changer, et que, sa connaître l'existence du muscle ciliaire, il plaçait la force contractile dans les pe, filets noirs provenant de la choroïde et de l'iris, qui ne sont autres, comme noi le savons aujourd'hui, que les fibres du muscle accommodateur.

Celte même théorie a été plus tard soutenue par Th. Young (3); mais ce n'est ~ qu'en 1853 que Cramer {k) vint démontrer l'exactitude de cette théorie par ses > expériences, et que de son côté Helmholtz (5) confirma par de nouvelles observa-» lions- Ces expériences ont été faites au moyen des images réfléchies de deux sur- -'^'j faces du cristallin que Purkinje avait découvertes en 1823, et dont Sanson s'était servi en 1837 pour le diagnostic des cataractes.

Mécanisme d'accommodation. — La faculté d'accommodatiou résidc dans

(1) Descaries, L'homme de René Descartes. faiTis, 1664, p. 39 et 43.

(2) Descartes, idem, p. 43.

(3) Th. Young, Philosophical Transactions, 1801, vol. XCII, p. 53.

(4) Cramer, Het Accommodatie -vermogen d. Oogen physiologsch Taegeîicht. Haarlem,

(5) Helmholtz, Monasiberichte d. Akad, zu Berlin, 1853, p. 137.

ACCOMMODATION Dli L OEIL.

le crislalliii, et elle esl démontrée par l'expérience suivante : Lorsqu'on place une bougie allumée auprès d'un œil qui regarde au loin, on distingue dans la pupille trois images de la flamme : une image droite {a) (fig. 335), qui esl plus grande et plus nette que les autres, c'est celle de la cornée ; une deuxième (ô), aussi droite, mais à contours moins nets, qui est celle de la surface antérieure du cristallin ; et enfin la troisième (c) est plus profonde et plus petite que les deux précédentes, et elle est en outre renversée; elle se rapporte à la surface postérieure du cristallin. Or, il résulte d'observations faites avec

[les appareils spéciaux de Cramer et de Helmboltz, que pendant l'accommodation pour une petite distance, l'image moyenne se rétrécit légèrement, devient plus nette et se rapproche de l'image cornéenne, tandis que les deux autres ne bou- ^'cnt point.

Ce changement de position de la deuxième image nous démontre que la surface Ultérieure du cristallin devient plus convexe et se rapproche de la cornée, pendant

Fig. 335. — images catopldques de la cornée et du cj'istallin, dites images de Purkinje-Sanson (*).

etAt/iV/S.DCL

Fig. 336.

j.Lr/J-.sc.

Mécanisme de l'accommodalion (**).

|ne la surface postérieure du cristallin et la cornée restent sans aucune modificaion. La ligure schématique (fig. 336) montre la disposition de la surface antéieure du cristpHin avant et après l'accommodation.

(*) «, image droite ri-nécliie sur la cornée; h, image droite rénécliie sur la face nnlérieure du pi-i<;fnlli„ • , image renversée produite sur la faee postérieure du cristallin. "-'ifiumii ,

I It*? ^ ""^ accommodé pour la vision des objets rapprochés. — œil regardant des obiots éloignés — substance propre de la cornée ; % épill.élium antérieur de la cornée 3, lame élastique anteS „-e 4 me^

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