‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 222 sur 255 · STRABISME CONVERGENT · texte numérisé non relu

STRABISME CONVERGENT

FiG, 368. — Entrecroisement des axes de l'œil (*).

dans l'œil hypermétrope la ligne visuelle mv coupe la cornée du côté interne de son axe oc (fig. 368), et l'angle formé par ces deux lignes est en moyenne de 7°, 55, pendant que dans l'œil sain il ne dépasse pas 5°, 082. Dans l'œil myope il passe du côté externe de l'axe de la cornée.

C'est ainsi que les deux axes cornéens d'un hypermétrope paraissent divergents, surtout lorsque le malade regarde au loin, tandis que pour fixer des deux yeux les objets rapprochés on aura besoin d'une convergence relativement très-considérable. Les efforts continuels de converi^cnces amèneront à la longue le strabisme.

Le strabisme convergent consécutif à l'hypermétropie apparaît le plus souvent vers l'âge de quatre ou cinq ans, ce qui s'explique facilement par l'aptitude qui se développe à cet âge de voir nettement. Et comme l'amplitude d'accommodation chez ces enfants est très-grande, elle suffit pour corriger l'hypermétropie, mais elle entraîne à la longue la convergence.

On sait de quelle façon on peut reconnaître l'hypermétropie, et nous n'avons point besoin ici d'y revenir. Mais l'œil strabique peut être emmétrope, et alors on ne pourra expliquer la déviation que par des convulsions existant pendant la première enfance ou par une affection aiguë de la cornée, accompagnée de photophobie.

2° La vision binoculaii^e existe't-elle dans les yeux atteints de strabisme ? Dans les conditions ordinaires les deux yeux voient simultanément le même objet, et comme ce dernier se dessine sur les points identiques ou symétriques des deux rétines, il est vu simple, et il y a vision binoculaire.

Lorsque l'un des deux yeux est dévié en dedans, la distribution des images ne se fait plus sur les points identiques des deux rétines. Et tandis que ('(ril bon se dirige vers l'objet et reçoit l'image sur sa macula, dans l'œil strabique, au contraire, l'image tombe sur une partie périphérique de la membrane nereuse, qui n'a pas la même sensibilité, et ne peut par conséquent concourir à a formation de l'image au moyen de la vision binoculaire. Il n'y a dans ce cas u'un œil qui perçoit l'image de l'objet; l'autre reste, pendant ce temps, en dehors le cette impression, et la vision binoculaire n'a pas lieu.

3° Y a-t-il dans le sti^ahisme optique de la diplopie? Dans les strabismes écents, paralytiques ou spasmodiques, on constate habituellement de la diplopie ; ans le strabisme optique, au contraire, la diplopie n'existe point. Cela s'explique acilement par la faiblesse de l'image fausse de l'œil strabique, qui est perçue Tioins distinctement que celle de l'œil sain. L'enfant doit d'abord voir les deux mages séparées, mais peu à peu il s'habitue à ne fixer que l'objet lui-même qui onne une image nette, distincte, et à négliger celle qui se dessine sur la partie périhérique de la rétine et qui s'efface complètement au bout de quelque temps.

(*) a, angle formé par l'entrecroisement de deux axes ; »i, i', oxe Tisuel ; or, axe optique. GALEZOWSKI.

MUSCLLS DE l'OEIL

Le malade prend petit à petit riiabitiide de faire abstraction de l'image qui se produit sur la partie périphérique de l'œil dévié, et cette liabilude prise à la longue constitue pour la rétine une faculté que l'on appelle neutralisation de la rétine. On peut faire cesser l'effet de celte neutralisation en tenant l'œil sain bandé ])endant un temps plus ou moins long, mais dès qu'on cesse de le couvrir il ne larde pas, comme dit Javal, à faire abstraction, comme par le passé, de sa seconde image.

Après la ténotomie, la diplopie reparaît malgré le redressement de l'œil dévié, mais elle se dissipe au bout de quelque temps. Cette diplopie ne peut être expliquée que parce que l'image de l'œil opéré tombe sur une nouvelle portion de la réline voisine de la macula, qui n'est pas encore habituée à neutraliser cette impression. 1 Selon de Graefe, la diplopie manque 90 fois sur 100 strabismes, mais elle : peut cire produite avec un verre prismatique. Après l'opération du strabisme, la vision binoculaire se rétablit 50 fois sur 100, i l\° Quel est le degré de déviation que possède l'œil? Pour définir avec précisioti

le degré de déviation que possède un œil, il faut exprimer en millimètres le déplacement qu'aura subi le centre de la cornée en dedans. Pour atteindre ce but on peut se servir d'un des instruments suivants : Strabomètre de Laurence. — C'est une plaque d'ivoire portant des divisions en millimètres (fig. 369) et que l'on applique alternativement devant chaque œil, pendant que le malade fixe un objet situé à 3 mètres. On remarque d'abord quel est • le chiffre qui correspond au centre de la pupille de l'œil sain, puis ou fait la même observation sur l'autre œil, et d'après la différence des deux chiffres on juge du degré de déviation.

ROSERT ET CUL

FiG. 369. - Strabomètre de Laurence. Fig. 370. — Strabomètre de Galezowstvi.

Strabomètre de Galezowski. — On peut faire la mesui ation du strabisme au. moyen du strabomètre binoculaire que nous avons fait construire à MM. Robert et! Collin. Il se compose d'une tablette horizontale (fig. 370) présentant en face de^ chaque œil des divisions en milllimèlres ; une aiguille curseur est mise en niouvemeiitc au moyen d'une vis de rappel et qui permet de placer les deux curseurs en face de.^

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