‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 239 sur 255 · II · texte numérisé non relu

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6. ffi/perméiropie ou myopie acquise. — Les tumeurs de l'orbite, en repous- ''^ sant le globe de l'œil, lui font subir des changements dans la forme. Tavignot (1) a ' très-justement prouvé (|ue lorsqu'elles sont situées dans les parois orbitaires, elles compriment l'œil dans la direction de son équaleur, allongent le diamètre antéropostérieur de l'organe et amènent une myopie. Situées en arrière du globe, elles compriment ce dernier d'avant en arrière, raccourcissent son diamètre antéro-poslérieur et y occasionne une hypermétropie.

La myopie et l'hypcmiétropie acquises permettent, comme on voit, d'établir le ' siège d'implantation de la tumeur. C'est ainsi que les choses se sont passées chez : une malade dont j'ai publié l'observation en 1865 (2). Il s'agissait d'un kyste sé- I ^ reux situé entre la paroi orbitaire et le globe oculaire, et la myopie acquise en était la conséquence. Toutes les fois que le kyste était vidé par une ponction, l'exophthalmie diminuait et la myopie disparaissait, mais les mômes symptôme» revenaient dès que la poche kystique se remplissait.

7. Névrite optique ou névro-ré tinite. ■ — L'affaiblissement ou la perte complète de la vue peut être aussi occasionné par la compression qu'exercerait la tumeur sur le nerf optique. L'observation ophthalmoscopique nous démontre qu'ilÉÉ*" s'agit dans ces cas d'une névrite ou périnévrite optique, que la papille est infiltrée et que les vaisseaux rétiniens sont tortueux et variqueux. Bien souvent on voit de nombreux épanchements sanguins et des exsudations blanchâtres disséminées sur une grande étendue de la rétine. Ces sortes de névrites optiques ressemblent beaucoup à celles qui accompagnent les affections cérébrales; mais, comme nous l'avons démontré ailleurs, l'affaiblissement relativement peu prononcé de la vue, l'exophthalmos et l'existence de la névrite optique dans un seul œil permettent de rapporter la maladie à l'orbite et non point au cerveau. C'est ainsi qu'il nous a été permis de diagnostiquer, avec le docteur Demarquay, à la Maison Dubois, une périostose intra-orbitaire chez une malade qui était atteinte d'une névro-rétinite monoculaire.

Si la tumeur n'est pas guérie et que la compression persiste, il s'ensuit naturellement une dégénérescence graisseuse dans le nerf optique et une atrophie de la papille consécutive.

Dans certaines formes de tumeurs intra-orbitaires, l'atrophie de la papille se déclare d'emblée sans être précédée d'une névrite optique. Je l'ai vu se produire surtout à la suite des tumeurs syphilitiques et des polypes naso-pharyngiens qui arrivent dans l'orbite à travers la fente sphénoïdale.

Les tumeurs sanguines, les anévrysmes de l'orbite sont habituellement accompagnés d'engorgements considérables des vaisseaux rétiniens. Dans un cas récent d'anévrysme artérioso-veineux, j'ai vu se déclarer une névro-rétinite des plus caractéristiques et qui a disparu avec la guérison de l'anévrysme.

8. Par suite de développement exagéré de la tumeur, l'œil peut être complètement refoulé en dehors, ses membranes internes ainsi que la cornée s'enflammer, etc. D'autre part, la cavité orbitaire se dilate, ses parois se détruisent, et la tumeur, en s'élendant dans la cavité crânienne, amène des accidents cérébraux mortels.

(1) Tavignot, Timté clinique des maladies des yeux, p. 614.

(2) Galezowski, Annales d'oculisUque, t. LUI, p. 202.

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