‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 48 sur 255 · ARTICLE PREMIER. ' PTOSIS OU CHUTE DE LA PAUPIÈRE SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

ARTICLE PREMIER. ' PTOSIS OU CHUTE DE LA PAUPIÈRE SUPÉRIEURE

Le mot ptosis (du grec Tr-rwcn;, chute) est employé pour caractériser un état ns lequel la paupière supérieure tombe sur le globe de l'œil et reste constamenl abaissée à un degré plus ou moins prononcé.

Dans l'état physiologique la paupière supérieure exécute des mouvements conluels de clignement;, et, pendant que l'orbiculaire la fait abaisser, le muscle reireur la fait remonter pour laisser l'œil à découvert. Chacun de ces muscles ercera ses fonctions d'une manière incomplète, selon que l'innervation qu'ils çoiventest insuffisante, ou que les tissus de la paupière sont épaissis, allongés, etc.

D'après ces données physiologiques, nous distinguons trois variétés de ptosis : . plosis paralytique ; B. spasmodique et G. organique.

A. Ptosis paralytique. — Lorsque l'élévateur de la paupière supérieure est iralysé, il est tout à fait impossible à celle dernière de se relever^ et son antagoste, le muscle orbiculaire, en se contractant, ferme l'œil plus ou moins complément.

Le ptosis paralytique est le plus souvent consécutif h la paralysie de la troi-

^® PAUPIÈRES ET SOURCILS. j

sième paire ; l'œil ne peut par conséqucnl Cire dirigé ni on liant, ni en bas ni c,, dedans; la pupille est dilatée et innnohile (voy. Paralymi de la tromèmepavoi Riais il peut arriver qu'une seule branche de la troisième paire, celle qui É rend à l'élévateur de la paupière, soit paralysée. Gela se produit liabituellenK sous l'inlluence d'une cause rhumatismale, des courants d'air froid ou humide, à la suite d'un périostose syphilitique orbitairc.

Le ptosis paralytique peut reconnaître pour cause l'alîection cérébrale ou cérébr spmale quelconque. Aussi les méningites, les tumeurs du cerveau, les alaxis loc motrices sont souvent accompagnés d'une chute paralytique de la paupière su| rieure.

Selon 31acnaniara (1) le ptosis paralytique peut être le résultat d'une acii rénexe lorsqu'une branche de la cinquième paire et notamment la branche si orbitaire est blessée, et que l'irritation se transmet à la troisième paire. Da d'autres cas, selon le même auteur, la troisième paire peut être affectée par l'ii fluence d'une cause méphitique paludéenne.

Dans certains cas, le ptosis paralytique est occasionné par une blessure.

s.ymptomaioiogie. — 1. L'œil est complètement fermé et le malade ne pei l'ouvrir spontanément ; il faut qu'il rélève la paupière avec la main.

2. Quand on soulève celle-ci avec les doigts, l'orbiculaire n'oppose aucune résij tance, mais à peine l'abandonne-t-on à elle-même qu'elle retombe de nouveau. <

3. Toutes les rides horizontales delà paupière qui paraît allongée sont effacées^ U. Dans le plus grand nombre des cas l'œil est dévié en dehors, et il ne peut 5

porter ni en haut, ni en dedans, ni en bas. La pupille est dilatée et immobile.

5. Le malade voit double tous les objets qu'il fixe : mais l'image perçue pa^ l'œil droit se trouve à gauche et celle vue par l'œil gauche paraît du côté droit.

B. Ptosis spasmodique. — L'abaissement de la paupière supérieure peut êttti occasionné par une contraction spasmodique du muscle orbiculaire. L'œil ser alors complètement fermé comme dans le ptosis paralytique. Deux cas analoguo se sont présentés à mon observation, et les faits rapportés par Canton (2? Cooke (3) et Mavel (U) de ptosis provoqué par l'hystérie, l'aménorrhée ou la mastutt f bation, étaient très-probablement de nature spasmodique.

Symptomatoiogic. — 1. Une contraction très-forte de la paupière supérieurr qui présente une grande résistance lorsqu'on veut la soulever, est le signe d'aprf lequel on pourra diagnostiquer cette forme de ptosis. '

2. L'œil est très-sensible à la lumière; le malade éprouve des douleurs que< quefois Irès-violentes dans la moitié correspondante de la tête.

3. La chute de la paupière n'est pas permanente; elle disparaît et revient pl* sieurs fois dans la journée (voy. Blépharospasme).

U. L'œil n'est pas dévié ; la pupille est normale et il n'y a point de diplopie.

C. Ptosis organique.— 1. Les blessures des paupières et les cicatrices qui C( résultent peuvent atteindre le muscle releveur et compromettre ses fonctions.

2. Dans d'autres cas, c'est une inflammation lente et prolongée des paupièrrl P

(1) Macnamara, ^ Mmual of the diseascs oftheEye. London, 1868, p. 91.

(2) Canton, the Lancet, 19 janvier, 1850.

(3) Cooke, London Médical Society, 1855. {Il) Mavel, Gaz. des hôp., 1853, n° 5.

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