‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 49 sur 255 · PTOSIS OU CHUTE DE LA PAUPIÈRE SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

PTOSIS OU CHUTE DE LA PAUPIÈRE SUPÉRIEURE

, des conjonctives qui amène consécutivement une hypertrophie du tissu celluire sous-cutané, quelquefois môme une altération hyperlrophique du tarse et de 1 capsule. Le muscle élévateur n'a plus alors assez de force pour soulever une aupière ainsi altérée et dont les tissus ont perdu une grande partie de leur élastité. La paupière supérieure se relève en partie el laisse cachée la moitié ou les ux tiers de la cornée.

Cet état s'observe surtout chez les personnes atteintes de granulations. Ces mades ont l'air somnolent et endormi.

J'ai vu ce genre de ptosis se produire chez les jeunes personnes qui avaient 'Duffert pendant des années de kératites phlycliculaires et dont les cornées étaient evenues vasculaires.

Noël Gueneau de Mussy a remarqué qu'un certain nombre d'enfants affectés lendant longtemps d'ophihalmie des nouveau-nés, conservent, pendant tout le ste de leur vie, un abaissement notable de la pauj^ière supérieure. Cela tient videmment à une faiblesse du muscle releveur ou même à un arrêt de dévelopemeiit; pendant toute la durée de la maladie, l'orbiculaire, en se contractant, baijsse la paupière.

3. Le ptosis peut être congénital; dans ce cas, il existe aux deux yeux et dépend 6 l'insuffisance du muscle releveur; dans d'autres cas, il y a une exubérance de peau et de toute la substance de la paupière. Alessi et Cafïe ont observé le ptosis l'état congénital et même héréditaire.

Quelquefois le ptosis vient de naissance^ mais il est dû à la blessure par le foreps et à la paralysie consécutive du muscle releveur. Dans ce cas, l'allection est onoculaire.

Ji. Une exubérance et un relâchement de la peau se rencontre chez quelques ndividus sans cause connue, et lès plis qui se forment sur la surface palpébrale épassent quelquefois même le bord libre. On rencontre chez les vieillards un abaissement des paupières de même nature. Pronostic. — Lorsque la chute de la paupière supérieure est liée à une aralysie de la troisième paire, on peut le plus souvent la guérir en agissant contre a cause syphilitique, rhumatismale ou autre. Il est plus difficile de porter remède k une insuffisance du muscle releveur. Le ptosis organique, dépendant surtout de l'exubérance des tissus, peut être guéri par les moyens chirurgicaux.

Traitement. — Ptosis PARALYTIQUE. — 1. Lorsque la paralysie de l'élévateur de la paupière supérieure est due à une paralysie de la troisième paire, il faut rechercher la cause cérébrale ou syphilitique et agir eu conséquence (voy. jParalî/sie de la troisième paire).

2. Quand elle est limitée à la paupière supérieure, sa nature est le plus souvent rhumatismale, el ici les sudorifiques, les bains de vapeur et les bains sulfureux sont très-utiles.

Des frictions sur le front, la tempe et la paupière, avec des liniments aromatiques, pourront être avantageusement employées. On les prescrit de la manière suivante

If Alcoolat de mélisse 100 gram.

Essence de térébenthine. .. . 1

(Galezowski.)

Alcoolat de lavande 70 grammes

Ktiier 30 —

Strychnine 5 cenligr.

Se frictionner 3 fois par jour les paupières et la tempe.

PAUPlliRES ET SOURCILS.

Mackenzie roco.nn.andc la pommade à la vé.alino, appliquée sur la le.nne le sourcl et les paup.eres. en nùlious prolongées et répétées .riis ou <iuatre fo s p jour. Voici sa formule : '

"if Vératine

10 centigram. | Axonge 15

grammes.

L electnsation de la paupière supérieure, selon les indications de ,AI Duclicii.ic de Boulogne, au moyen des appareils à induction, pourra amener de bons ré' sullals Conmic moyen provisoire, on pourra employer une petite pince à ptosis (lig. ^i3) qu on appliquera de temps en t(!mps sur la paupière abaissée. ^

FiG. AS. — Pince à ptosis.

Dans le ptosis occasionné par les miasmes paludéens, Macnamara conseille l'usai^e:' de l'arsenic combiné avec le fer et la strychnine.

Le traitement du ptosis spasmodique sera étudié dans le chapitre suivant, con^^ sacré au Bléphorospasme (p. 93).

Ptosis organique. — Cette variété peut avoir pour cause des altérations irèsvariées ; les moyens propres à le guérir doivent donc varier selon la nature de ia^i maladie. jÉÉ

1. Dans le cas d'exubérance et de relâchement de la peau, on enlèvera un piM transversal des téguments. L'étendue de la peau à enlever est limitée au moyeE d'une pince dite à béquille, que j'ai modifiée' (fig. kk). On saisit, avec cet in

FiG. Ixk. — Pince à béquille, de Galezowski.

strument, un pli de la peau exubérante, mais à une certaine distance du bon libre; et, à ce moment-là, on engage le malade à ouvrir et à fermer son œil. Si les mouvements ne sont pas gênés, on a la certiiude que c'est cette partie des tégu-| menls qu'il faut retrancher. Trois ou quatre fils fins, en soie, sont passés entre la pince et la peau, on engage ensuite un bistouri dans la fente de la pince et on excise le pli cutané. S'il reste encore, vers l'extrémité de la plaie, des petites parlies qui n'ont pas été coupées, on les retranche à l'aide des ciseaux. Les fils, préalablement introduits, rapprochent les bords de la plaie, et les sutures ainsi faites achèvent l'opération.

2. Dans un cas de plosis cicatriciel, occasionné par une blessure, Hunt (de j Manchester) a pratiqué avec succès l'enlèvement d'un lambeau des tégumenis, | très-large et qui s'étendait loin vers la tempe; une incision a été failc tout à. fait

PARALYSIE DE l'ORRICULAIRE DES PAUPliîllES.

au-dessous du sourcil et une autre h une pelilc distance du bord tarsal. La plaie fut réunie par des sutures. A la suite de cette opération, la paupière s'est relevée, et, comme le bord (arséeii était, pour ainsi dire, attaché à la peau du sourcil, que soulève le muscle occipilo-frontal, il résulta une fonction presque normale de la >aupière.

3. D'ordinaire, leptosis congénital est accompagné d'une insuffisance réelle de 'élévateur de la paupière, qui ne peut plus contre-balancer l'action de son antagoniste, le muscle orbiculaire.

Bowman et Graefe ont cherché à rétablir l'équihbre fonctionnel de ces deux muscles, le premier, en donnant au muscle releveur une insertion plus favorable à son action ; le second, en affaiblissant son antagoniste. Mais ni l'une ni l'autre ie ces tentatives n'ont donné jusqu'à présent de résultats satisfaisants. Voici les ipux procédés :

Procédé de Boivman. — Après avoir retourné la paupière supérieure, cechi,urgien excise le bord supérieur du cartilage tarse avec les tissus environnants. L'élévateur de la paupière, inséré au cartilage, est naturellement compris dans cette excision. Les bords de la pbie sont ensuite réunis avec des fils très-fins.

Bowman pense que le tendon du muscle releveur est ainsi raccourci et que 53 force augmente.

Procédé de Graefe. — A 5 millimètres du bord libre, on fait une incision les téguments de la paupière et on la prolonge d'un angle h l'autre; puis, au noyen de tractions sur les bords de la plaie, on découvre, sur une surface de 0 millimètres le muscle orbiculaire, que l'on saisit avec de fortes pinces pour 'exciser avec des ciseaux dans toute l'étendue de la plaie. Les bords sont ensuite 'éùnis avec trois ou quatre points de suture qui doivent comprendre la peau et la îouchc musculaire.

Le muscle orbiculaire, enlevé de cetle façon sur une grande étendue, perd )eaucoup de sa force et résiste moins à l'action du muscle releveur, qui peut alors •edresser plus facilement la paupière abaissée.

BiBUOGRAPUiE. — llunt, Nortii of Engkmd Médical and Sur g. Journal, vol. \, p. 166. lanchester, 1830. — Mackness, i/erf/c. Gazette, vol. XXVllI, 1841. Londoii, p. 617. — •ichel, A/males d'oculist., t. XII. p. 189. — Caffe, Dictionnaire des études médicales. — iingken, Lehre von den Augenkrankeilen, 3« Auflage, 18A2, p. 520. — Alessi, Annales î'ocidist., 1 vol. suppl., 1842, p. 39. — Canton, theLancet, 19 janvier, 1850. — Bowman, ')phth. Hosp. Reports, 1857-1859, vol. I, p. 34. — Graefe, Archin f. Ophthalm., 18G3, ^d. IX, Abth. 2, p. 59. — Macnamara, A Manual of the Diseases of t/ie Eije. London, 1863, I. 89; et Ophthalmic Revieiv, t. H, p. 143, 1865.

ARTICLE IL

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