‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 62 sur 255 · ARTICLE IL TUMEURS SOLIDES DE LA GLANDE LACUYMALE · texte numérisé non relu

ARTICLE IL TUMEURS SOLIDES DE LA GLANDE LACUYMALE

Les tumeurs solides de la glande lacrymale sont de diverses espèces. Polaillon (Il après avoir réuni toutes les observations que l'on a faites sur ces tumeurs. Il a classées en trois groupes : dans le premier, il a rangé des tumeurs hypertrr phiques ou adénomes; dans le second, des enchondromes, et dans le troisième n véritables cancers de la glande. Cette division nous a paru la plus rationnelle, nous l'avons adoptée pour noire étude.

A. Adénome ou Hypertrophie. — Cette affection est très-rare: on ne co:> naît jusqu'à présent que dix cas, dont huit se trouvent analysés dans le iravi, de Paillon; le neuvième a été publié par Becker (de Vienne) (2), el le dixième ii est celui que le professeur Ricliet (3) a opéré à sa clinique en 1869.

Anaiomic patiioiogîciuc. — Il cst rare d'avoir l'occasion d'observer au croscope des hyperlrophies de celte glande; nous n'en connaissons que dei faits : celui de Cunier, examiné au microscope par Gluge, et celui de Chassaignaa examiné par Lebert, dont Desmarres donne la description.

Dans le premier cas, l'hypertrophie était congénitale. Cunier en fit l'extirp» lion, et, ens'aidant du microscope, Gluge [h) a trouvé que la substance de

(1) Polaillon, Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales. Paris, 2« série, 1865

l2)'lîeci^«f' Augenklinik der Wiener Universilat, von Tctzer, Rydel u. Docker. Wie«

^^f^) ^ilT Cours de clinique chirurgicale, vrotesié h Clinique do la Faculté en 186^ 4 CAwre^ Hypertrophie congénitale de la glande lacrymale et de ses cannua: cxcrctem {Anmles d'ocutist., 30 avril 1850, t. XXIII, p. 146).

TUiML^URS SOLIDES Dli LA GLANDE LACllYMALE. lUO

liiiule élail constituée par des ginniilalions cnlourées par des vésicules glandu- , lires. La slruclurc des vésicules agglomérées, formant un lobule de la glande, liiit normale, seulement leur volume élait augmenté. Ses canaux étaient irèsistendus et présentaient un diamètre de 2 à 6 millimètres, et souvent avec des ilatalions en forme d'ampoules. Leurs parois élaient épaisses. La tumeur que Gliassaignac (1) extirpa h une malade âgée de vingt-six ans lait une hypertrophie acquise de la glande lacrymale. Elle avait 35 millimètres ic longueur sur 2 centimètres de largeur. Sur une coupe fraîche, Lebert onstata la structure des glandes en grappe. A l'aide d'un faible grossissement, ni voyait ces culs-de-sac allongés réunis en grappes et lobulés ; ils avaient de 1 milimôtrc et demi à un demi-millimètre de largeur. La face interne présentait un [rand nombre de noyaux d'épithélium de l/200« de millimètre, renfermant un >u deux nucléoles puncliformes. C'était, selon Lebert (2), une hypertrophie de a glande lacrymale. Dans le cas de Becker, il s'agissait d'un adénome complique l'une production colloïde.

B. Chloroma ou tumeur fibro-plastique. — C'est une des tumeurs les )1 us fréquentes de la glande lacrymale. Elle a été observée par Paget, Burns, William, et autres. Le pins souvent l'aiïoction se complique de tumeurs de même nature, soit dans l'orbite, soit dans les membranes du cerveau.

La couleur verte qu'aiïectent ces tumeurs a attiré l'attention deVogel et de Lebert, et ils l'attribuent h. un principe tout particulier qui leur est propre. Les autres éléments de celte tumeur sont les mêmes que ceux des tumeurs fdjro-plastiqucs.

C. CA^CEr^. — Lestumeurs cancéreuses de différente nature prennent rarement naissance dans cet organe. Cloquet (3) a publié un cas de ce genre pour lequel il a dû faire deux fois l'extirpation par suite de récidive. La vue se rétablit, et l'œil ne perdit pas sa lubrifaclion. Knapp (A) a observé aussi une tumeur cancéreuse de la glande lacrymale.

Mais ces cas sont les seuls connus ; le plus souvent, la dégénérescence cancéreuse de celte glande est secondaire; développée primitivement dans d'autres parties de l'orbite ou dans le globe de l'œil, elle envahit ensuite la glande lacrymale.

S.YinptomnioioKic. — 1. Les tumcurs solides de la glande lacrymale, en s'accroissant, se portent de plus en plus en arrière dans l'orbite, et le premier phénomène qu'on remarque, c'est la projection de l'œil en avant. Elle est quelquefois tellement prononcée, que l'œil se luxe et sort hors de l'orbite.

2. La paupière supérieure est gonflée, distendue, et à sa partie externe apparaît une saillie plus ou moins prononcée.

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