L'œil est larmoyant, rouge injecté
U. Le malade voit double, et le strabisme est divergent. Pourtant l'œil conserve pendant très-longtemps tous ses mouvements.
5. Si la glande continue à s'accroître, elle tend à envahir l'orbite, et il y a alors une compression de tous les nerfs de l'œil; la nutrition du globe est compromise; la cornée s'ulcère et se perfore, et il y a pour l'organe danger de destruction.
(d) Chassaignac, Bulletins de la Sociétéde chirurgie, 22 octobre 1851. • (2) Desniiines, Traité des 7naladics des yeux, t. 1, p. 2G6.
(3) Cloquet, Archives génér. de méd., 3* série, t.' VII, p. 90.
(4) Knapp, Klinische MomtshL, 1865, S. 378.
MATADIKS J)!: LA (;(,AM)r. LACiWM A
(). A colle ('.poqiic, la vue s'obsciircil cl se perd, cl, r.'xaincii opiitlialino.scoimm pcrinel de coiislalcr la n6\ i-ile ()|)li(|iie.
l>lagno^ilie diilV'.-oiidici. — l^ii premier licu, on doit s'assurer si rexoplitlialinos est dû à mie aiïoclioii néoplasi(iiie venant du fond de l'oi hiie ou de la glande lacrymale, et en second lieu détei ininei- la nature de la tumeur.
Lorsque la maladie commence dans le fond de l'orbite, la vue se trouble dès Ici début, el il y a névrile optique; l'exopliihalmos se développe consécutivement. La |)anpière siq)érieure ne présente ni saillie ni gonflement.
Si l'on observe une angmeniaiion du volume de la glande lacrymale, on doit 1 penser à une dacryodénitc cluoni(pie et à une liyperlropliie simple; dans l'im ' comme dans l'autre cas, la marche de la maladie est très-lente el le irouble visuel peu marqué.
J.es l(ystes peuvent èlre reconnus par les signes que nous indiquerons dans I l'arlicle suivanl.
Traitement. — Au début de la maladie, on doit chercher à la comballre par le traitement interne ioduré, en supposant une cause syphiliiique ou scrofuleuse.
Si, malgré cette médication, l'hypertrophie s'établit, elsi les désordres et l'irri- . talion de l'œil persistent, on sera forcé do recourir à l'exlirpalion de l;i glande lacrymale. P. Bernard (1) csl le premier qui, en 18Zi7, ait pratiqué celle opération pour la fistule lacrymale.
Voici les deux procédés opératoires appliqués à l'extirpation de la glande lacrymale :
Procédé de Velpeau. — On divise la commissure externe des paupières en prolongeant l'incision vers la tempe. Les bords de la plaie étant écartés, on cherche à atlirerla tumeur et l'on fait son énucléalion; puis on réunit les deux bords de la ■ plaie au moyen d'une suture. Cette méthode est surtout applicable aux tumeurs ' volumineuses.
Procédé de Halpin. — Le sourcil est rasé et la paupièi'e supérieure est fortement attirée en bas jusqu'à ce que le sourcil descende au-dessous du bord orbitaire. C'est à ce moment qu'on pratique une incision à partir du sourcil ju.squ'à la commissure externe. L'incision comprend la peau, le tissu cellulaire sous-jacent, l'orbiculaire, l'aponévrose oculo-palpébrale, qui est ici très- résistante, et l'on arrive à la couche cellulo-adipeuse qui recouvre la glande. Le landieau palpébral est disséqué en bas; puis on passe une ligature autour de la glande, qu'on cherche à éloigner de l'orbite en faisant son énucléalion, soit avec les doigts, soit avec le manche du scalpel. La suture réunit les bords de la plaie.
BiDLioGRAPniE. — Burns, Surgical Analomy of ihe Ilead and Ncck-. Glascow, 182/i, p, 385. — Torlieal (jeune), Von Ammon Klinische Dorsiellungen, vol. II, p. 27, Berlin, 1838. — Lawrence, Treatise on tbe Diseuses of the Eyes. London, 1841, p. 798. — LaiicUicrg, Gkuuk lacrymale .iquirrhmse {Ann. (Vociilist., à" série, 18/iO, t. X\II, p. 237). — Crampton, Dublin quaterly Journal of Médical Science, vol. I, p. 80, 1846. — Pairet, Lectures on Tiimours, lect. V, part. 2; Med. Gazette, vol. XLVIII, p. 177. — Mackenzie.l Traité des maladies des yeux, t. 1, p. 122. — f.lugo, Atlas der patliolori. A/iatinaie, zvveiler Theil, 2 sept. Liei'erung, tabl. 111. lena, 1850. — Cloquet, Arcli. gêner, de n/él., - 2" série, t. VII, p. 90. — Iving, Monthly. Journal of Médical Science, 1853, p. 798. -4| Haynes Wallon, Med. Times and Gazette, 185/j, p. 317. — Heymann, Arch. f. Opldhalni.,^
(1) Bernard, Annales d'ociUist., t. X, p. IGo.
KVbTES DE LA GLANDE LACllYMALK. '107
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ARTICLE 111
KYSTES DE LA GLANDE LACUVAIALE (DACHYOPS).
Les kystes se développent rarement clans la glande lacrymale; ils se forment )rdinairement aux dépens des vésicules de cette glande qui se distcndeiU considéabiemeuL
S;'iup<om»<ologic. — C'est une [umcur nucluan[c,qui atteint la grosseur d'une 3etite noix et même d'un œuf de pigeon. Faisant saillie à la partie supérieure de a paupière, le kyslo se porte tout entier en avant. Lorsqu'on renveisc la i^aupiC're, m constate une saillie presque transparente et fluctuante. A sa surface ou au voisinage, on aperçoit deux' .ou trois petits orifices qui sont ceux des conduits excréeurs de la glande.
Ces kystes se portent rarement vers l'intérieur de l'orbilc, probablement à ;ause de la facilité avec laquelle le liquide peut se frayer un passage vers la pau- )ière. Dans d'autres cas, et ceux-là sont les plus fréquents, ces lunieui's se moiirent dans les glandulcs palpébrales, et par conséquent se localisent to;it entières lans l'épaisseur de la paupière supérieure.
En exposant l'œil malade à l'action des rayons solaires, on peut faire sortir par es petits orifices de la glande un liquide aqueux et transparent. Ce fait a été mis loi'S de doute par Brora, qui l'a observé chez un de ses malades'.
Selon Soelberg Wells (1), la sécrétion des larmes augmente toutes les fois (jue e malade pousse des cris, ou quand la conjonctive est irritée.
La ponction exploratrice, pratiquée au moyen d'un petit irocart filiforme, fait orlir le liciuidc transparent, qui n'est autre que les larmes; ce que Réveil a constaté par l'analyse cliimique, dans le cas publié par Broca (2). Immédiatement îprès cette ponction, le kyste s'aiïaisse, mais il ne manque pas de se reproduire lu bout d'un temps relativement très-court.
Étioiogic. — Ces kystes sont formés dans une des vésicules de la glande con glomérée lacrymale (portion palpébrale); ils se produisent consécutivement à une :)bstruction d'un de ses conduits. Telle est l'opinion de Broca, que nous parla eons complélemenL Schmidt et Jones ont vu des kystes hydaliqnes se dévoopper dans la glande lacrymale. Quelquefois ces kystes lacrymaux s'ouvrent pontanément à travers la peau ; cette ouverture reste alors presque toujours istuleuse, et constitue le dacryops fistuleux de Bowman.
Traitement. — Pour la guérison de ces kystes, doux méliiodes peuvent cire préconisées : l'extirpation et l'établissement d'un orifice artificiel.
L'extirpation doit être pratiquée, selon les procédés que nous avons indiqués )lus haut, en fendant préalablement la commissure cxierne de l'œil. Il n'est pas
(1) Wells, Treafiseon the Diseuses ofthe Eye. London. 1869, p. 607.
(2) Broca, Union médicale, avril 1861, p. 159.