‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 68 sur 255 · ORGANES EXCRÉTEURS DES LARMES OU VOIES LACRYMALES · texte numérisé non relu

ORGANES EXCRÉTEURS DES LARMES OU VOIES LACRYMALES

La direction du canal nasal n'est pas toujours la même. Le plus souvent il se porte j haut en bas, de dehors en dedans et d'avant en arrière. Mais j'ai vu de très-frélenles exceptions à cette règle ; souvent il est vertical, et quelquefois il se dirige dehors en dedans de chaque côté.

La muqueuse qui tapisse le sac, ainsi que le canal nasal, est la continuation de la )njonclive d'une part, et de la muqueuse nasale de l'autre. Sa structure a été étu- 'e d'une manière remarquable par Ordonez.

Elle est lisse dans toute son étendue et dépourvue de papilles ; l'épitliélium, abord pavimenteux, se transforme dans le sac et le canal nasal en cellules d'épiélium prismatique irrégulier. Sur toute la surface de la muqueuse du sac, Ordonez trouvé des glandes très-nombreuses formant des groupes d'acini glandulaires. Rapports des muscles et des ligaments palpébraux avec les voies la- •ymalcs. — Ligaments. — L'angle interne des paupières présente deux ligaments li attachent les extrémités internes des tarses au grand angle de l'orbite. D'après înon, l'un de ces ligaments, l'antérieur, part des deux tarses supérieur et inférieur la hauteur des deux points lacrymaux, se réunit en une seule bande solide, qui sse au devant du sac pour s'attacher à l'apophyse nasale de l'os maxillaire. C'est lui auquel on a donné à tort le nom de tendon de Vorhicidaire. L'autre ligament se trouve dans le plan postérieur. Il naît des paupières ; entre les ux conduits lacrymaux, et va, selon Tenon (1), s'insérer à l'os unguis sur le bord canal nasal osseux.

Ces deux ligaments servent de points d'attache aux différentes fibres musculaires de )rbiculaire, et tiennent les paupières fixées à l'angle interne. Muscles. — Nous avons vu (2) que le muscle orbiculaire prenait naissance sur des lints ditTérents, et que ses principales attaches se trouvaient à la partie antérieure

I sac et à l'os unguis. Ces deux ordres de fibres musculaires constituent les muscles crymaux antérieur et ■postérieur.

La partie antérieure du sac, de même que le ligament palpébral interne, donne sertion, d'après Richet, à des fibres musculaires de l'orbiculaire qui peuvent alors later le sac, écarter ses deux parois et lui faire jouer le rôle d'une ventouse aspinte pour les larmes. C'est là le muscle lacrymal antérieur.

Lemuscle lacrymal postérieur, qui a été surtout bien décrit par Arlt, de Vienne (3), it la direction du ligament palpébral interne et profond ; ces fibres s'attachent à ce ■ament ainsi qu'à la crête lacrymale postérieure. Il recouvre toute la face interne

postérieure du sac, et surtout au voisinage de l'orifice commun des canaux lacrvaux dans le sac.

Physiologie.— Les larmes qui ont lubrifié la surface du globe sont chassées par mouvement de clignement vers le grand angle de l'œil. Ici les points lacrymaux

II sont munis d'anneaux cartilagineux, plongent dans ce liquide et doivent le transiter dans les narines. Quel est le mécanisme de l'entrée des larmes dans les voies crymales ?

Déjà, en 1842, P. H. Bérard (4) a avancé une hypothèse importante, à savoiiqu 11 ne serait pas impossible que le muscle orbiculaire fît sur le sac office de ven- Lise. » Frappé de celte idée, le professeur Richet a fait des recherches intéresntes sur ce sujet, et il est arrivé à une conclusion qui nous paraît expliquer comètement e mécanisme de ce passage, ou plutôt de cette aspiration des larmes par 5 points lacrymaux. ^

2oJpaWs,'S6f'' ^'^^'^fomie, la pathologie et la chirurgie, t. I,

(2) Voy. Anatomie des paupières, p. 1.

(3) Arlt, Archiv f. Ophthalm. Berlin, 1863, Bd. IX, Abth. 1, S. 64. [IX) iiararà, Cours de physiologie, I8fl2.

GALEZOWSKI,

MODE d'exploration DES VOIES LACRYMALES

Pour llicliel, la valvule dont le canal nasal csl pourvu à son oxlrémiti; inforieuî^lJ laisse libre le passage venant du canal nasal, mais elle s"oppose à l'inlroduclion l'air et des liquides en sens inverse. Tout le monde sait, en effet, que lorsqu'on f{M un effort pour se moucher, l'air s'introduit facilement dans la caisse du tympa(H mais qu'il ne pénètre point dans le sac lacrymal. }ÊÊ

Lor?que la paroi du sac est écartre par le muscle lacrymal antérieur de la faoB postérieure, il y a tendance à la formalion du vide dans sa cavité, et le canal nasMB est hermétiquement fermé ; les larmes seront alors aspirées par les points lacrymaux. ^ Cette opinion est aujourd'hui généralement admise en France et à l'étranger. n

La seconde force qui attire les larmes du sac dans les fosses nasales est, selon moi, facilement expliquée par la théorie de Sédillot. La colonne atmosphérique, en se i raréfiant dans les narines pendant la respiration, tend à produire le vide dans le«h canal nasal et y appelle les liquides accumulés dans le sac laci'yinal, et non à la» surface de la conjonctive, comme le croyait d'abord Sédillot, Ue cette façon, le saccl se vide, et les larmes s'écoulent par le canal nasal dans les fosses nasales. B

Les fonctions des poinls lacrymaux supérieurs et inférieurs se ressemblent tout ài| l'ait; seulement, le supérieur absorbe les larmes dans toutes les positions où la têt^ peut se trouver placée, tandis que l'inférieur ne me semble remplir complètement ceM rôle que dans la position horizontale, c'est-à-dire lorsqu'on est couché. L'obstructionifl du premier amène un larmoiement continu, tandis que dans une altération analogue» du dernier le larmoiement n'existe que la nuit et le matin. j|

Page 1