‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 85 sur 255 · OPHTHALMIE DES NOUVEAU- NÉS · texte numérisé non relu

OPHTHALMIE DES NOUVEAU- NÉS

Les enfanls nouveau-nés sont fréquemment atteints (runcoplilhalmie purulente, ui apparaît dès le troisième jour après la naissance : c'est l'oplilhalmie des noueau-nés. Giraldès (1) dislingue avec raison deux formes d'oplillialmies des noueau-nés : la forme catarrhale ou légère et la forme grave. Mais il n'est pas possible e fonder cette dislinclion autrement que sur la facilité plus grande de la guérison. 'est pourquoi nous donnerons la description générale de la maladie.

Symptomatoiogie. — La maladie apparaît ordinairement vers le troisième jour près la naissance. Dans des cas exceptionnels elle se montre dès le deuxième, et ai vu même une fois l'enfant contracter celte opiilhalmie dès le premier jour.

Au début, les cils ainsi que les deux angles de l'œil sont couverts de petites routes verdâtres desséchées.

Ces mucosités peuvent se former dans un seul œil^ pendant que l'autre reste ncore sain ; mais ce dernier ne tarde pas aussi à être envahi de la même façon 2 ou 2^ heures plus lard.

Billard et Baion ont constaté les premiers sur la surface de la pauj>ièrc supéieure une ligne rouge étendue d'un angle à l'autre.

Le qualrièmeet le cinquième jour, la paupière supérieure se gonfle et se bouroufle; une rougeur apparaît aux bords libres, surtout à l'angle interne, et si l'on xamine l'état de la conjonctive, on trouve que sa portion palpébrale inférieure st déjà fortement engorgée et qu'elle présente une couleur d'un rouge jaunâtre.

Dès ce moment l'ophtlialmie purulente est déclarée. Si, en entr'ouvrant les pau- )ières, on voit sortir un liquide clair ayant une teinte jaune citrine marquée, on :st certain que l'ophthaUnie est de nature purulente.

L'écoulement de ce liquide cilrin est pour Desmarres père un signe patognononique de la maladie; mais il ne se montre que pendant un ou deux jours et ussilôt il est remplacé par la sécrétion purulente ordinaire^ jaunâtre ou verdâtre. Le gonflement de ia paupière devient de plus en plus prononcé, la rougeur des ;onjonclives palpébrales augmente d'intensité ; ces membranes sont tuméfiées, à iel point qu'on a souvent de la peine à voir la cornée. Lorsque cette difficulté existe,

fUlBLur tJ COLUN.

FîG. 85. — Élévateur des paupières.

|il faut écarter de force les paupières, soit en éloignant leurs bords libres, avec les rleux doigts indicateurs, en les appuyant contre les bords orbitaires, soit en se servant d'un ou de deux élévateuis en argent, de grandeur moyenne et de la orme représentée dans la figure 85.

(1) ftiraldès, Maladies chirurgicales des enfants, 1868. Paris, p. 459,

GALEZOWSKI. £2

Pour bien examiner les yeux des enfanls malades, il importe beaucoup de placer la lète de l'enfant sur ses genoux, et de procéder à cet examen dans la position indiquée par la ligure 86. Ce n'est que de cette manière qu'on aura la possibilité de juger avec précision de l'état de l'œil.

FiG. 86. — Manière de procéder pour examiner les yeux des enfants.

A mesure que l'oplithalmie fait des progrès, la conjonctive de la paupière iiifé-^ rieure devient de plus en plus boursouflée, et bientôt le mal gagne la paupière; supérieure, qui gonfle d'une manière très-notable.

A ce moment, la conjonctive est tellement épaissie et engorgée, qu'elle saigne, avec la plus grande facilité. Il suffit d'écarter fortement les paupières pour provo-' quer une hémorrliagie, qui survient souvent encore après les cautérisations des? conjonctives. ^

Chez les nouveau-nés, l'inflammation de la cotijonclive reste très- longtemps limitéea à la portion palpébrale et au cul- de-sac. La muqueuse du globe de l'œil s'injecter progressivement; mais il est rare d'y voir le chémosis phlegmoneux, ce qui tientl probablement à la nature du tissu cellulaire lâche et à la densité relativement minime de la capsule de Tenon. C'est à cette dernière circonstance que j'ai rapportée aussi la résistance que présente la cornée à se détruire chez les enfants nouveau-nés, bien entendu si le traitement convenable est appliqué. Les nerfs, eni effet et les vaisseaux qui se rendent h la cornée, n'étant point étranglés au pour tour de cette membrane par la capsule de Tenon, élastique à cet âge, la cornée née subit pas d'étranglement et continue à se nourrir régulièrement. Le contraire a lieui chez les personnes plus âgées, chez lesquelles cette même capsule est moins élastique et amène par son inflammation la compression des nerfs et des vaisseaux quia les traversent.

La conjonctive palpébrale se couvre quelquefois de cotites blan châties, res-

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