‹ Traité des maladies des yeux (volume 2)Chapitre 90 sur 255 · XÈROPHTIIAUIIE OU SÉCHERESSE DE LA CONJONCTIVE · texte numérisé non relu

XÈROPHTIIAUIIE OU SÉCHERESSE DE LA CONJONCTIVE

SymptomnfoioKïc. — Cette affection est caractérisée par une sécheresse comète de la conjonctive dans toute son étendue : la cornée devient sèche et à demi )aque. L'œil prend un aspect cadavéreux, il n'est lubrifié ni par les larmes ni ïf la sécrétion muciueusc normale. AVharton Jones a vu une fois la conjonctive )mme enduite de matière grasse et ne se laissant pas mouiller par les larmes.

C'est une sorte de culisation de la conjonctive, el, comme cette dernière n'est ;)int lubrifiée, les malades ressentent dans l'œil une sensation de sécheresse tout fait désagréable ; les paupières ne peuvent plus glisser sur l'œil, ce qui fait que

fente palpébrale paraît rétrécic. L'œil est insensible à l'attouchement, ainsi qu'à instillation des collyres forlcmenis astriniienis, comme l'a démontré Vidal (de assis).

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Si raffeclioti rcsUiit limikîo à la conjonclive, la vue ne serait pas scnsibloinciu troublée ; luallieureuseincnt la cornée est aussi atteinte, et elle se couvre d'appèg Desmarres de taches blanches crétacées, semblables à du plâtre en poussière. La vue est ainsi complètement compromise.

Le xérosis occupe le plus souvent toute la nujqueuse conjonctivale , ainsi qut la cornée. Mais il peut arriver fju'une partie limitée de la cornée en soit aitoinie comme je l'ai observé sur un malade du professeur Richct, aiïerté de slaphylôine opaque de la cornée. Une partie de ce slaphylùme était toujours sèche, et dej gouttelettes de larmes s'y accumulaient par place, ce qui faisait même penser à la transsudation cornéenne.

En examinant la conjonclive dans toute son étendue, on trouve des adhérences partielles entre les paupières et le globe de l'œil (symblépharon), comme Desmarres l'a signalé.

Anatoiuie pathologique et étiologic. — La xéropluhalmic CSt UUC aiïcctioD

excessivement rare ; elle est le plus souvent consécutive à une conjonctivite granuleuse ou diphlhéritique, ayant amené une atrophie complète de la muqueuse oculaire avec obstruction de tous les orifices des glandes conjonctivales, ainsi que de la glande lacrymale elle-même. Quelquefois elle est due à la brûlure ; dans d'autres cas elle se manifeste à la suite de l'usage prolongé d'un œil artificiel.

Vidal (de Cassis) pense que cette affection peut être congénitale, et, en outre, qu'elle peut exister indépendamment du phénomène inflammatoire et sans que les larmes aient cesser de couler. Duprez l'a rapporté à l'inflammation chronique de cette membrane suivie d'oblitération de tous les conduits excrétoires des glandes. Cette opinion est combattue par Ammonet Schmidt.

Selon moi, l'obstruction des conduits lacrymaux et glandulaires est une des causes tf la plus importante; maison doit encore prendre une autre circonstance en considération. Je veux parler de la destruction et de l'absence complète de l'épillic- f lium ; le tissu cicatriciel qui remplace alors la conjonctive et l'épilliélium est incapable de se lubrifier de la sécrétion graisseuse ou lacrymale. De là le dcsséchenieiikll progressif par frottement.

Au microscope, on constate une airojihie complète du slroma de la conjonctive 'l et de son épithélium. Les vaisseaux sont très- rares. Le tissu soiis-conjonclival est > très-dense. L'ensemble delà muqueuse est analogue au tissu cicatriciel. •

Traitement. — Le xérome conjouctival est une affection incurable ; c'est pour- > quoi on doit se contenter des moyens palliatifs. Graefe et "NVells recomninn- > dent l'instillation du lait dans l'œil. Taylor a proposé dans ce même but l'usage de la glycérine. AVharlon .Jones emploie un collyre composé de trois gouttes de'^r potasse pour 60 grannnes d'eau, dans le cas où la surface de la conjonctive était 'f trop grasse et repoussait l'humidité, comme cela est arrivé avec un de ses malades. ' Courserant a obtenu une amélioration notable par une occlusion permanente et prolongée des paupières. '

BUiUor.nAPHiK. — Duprez, De hi xèrophthalmie ^ ihèse de Paris, 1836. — Taylor, De /a xéropktlialmie {Edinburyh Med. and Surcj. Journal et Ann. d'ocuL, 1854). — Vidal (de Cassis), Traité de pathologie exlerr.e, Paris, 1861,5'= cdit., t. III, p. 321.

ECCHYMOSES SOUS-CONJONCTIVALES.

ARTICLE XIII

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