RELACHEMENT DE LA CONJONCTIVE
;hez les vieillards et chez certains individus dont les tissus sont flasques et relâs, la conjonctive peut subir le même changement ; elle se distend d'une manière -prononcée, et, après avoir perdu les attaches qui l'unissent à la sclérotique,
forme des plis plus ou moins saillants à la surface du globe de l'œil. ]ctte partie de conjonctive distendue et relâchée occupe ordinairement l'espace
correspond à la fente palpébrale, en dehors et en dedans de la cornée. Dans plis ainsi formés il s'accumule souvent un peu de liquide aqueux qui peut uler un kyste.
rraitement. — Desmarres, qui a décrit d'une manière très-complète cet t, propose de faire l'excision d'un lambeau horizontal de la conjonclive, mais igné d'un centimètre de la cornée et tout près du cul-de-sac conjonctival inféur. La guérison peut être ainsi facilement et promptement obtenue.
Bibliographie. — Midlemore, A Treatise on the Diseases of the Eye and ils Appendagei-. don, 1835, t. I, p. 421. — Dubois, Annales d'oculistique^ vol. XXXIV, p, 268.
ARTICLE XIV
ECCHYMOSES SOUS-CONJONCTlVALES.
es ecchymoses sous-conjonctivales peuvent se rencontrer dans les différent s rties des paupières et de l'œil et avoir une signification importante. Lorsqu'elles t occasionnées par une chute ou une blessure de la têle, elles indiquent une cture de la base du crâne.
Les ecchymoses spontanées n'ont ordinairement aucune gravité, même lorselles envahissent toute l'étendue de la conjonctive.
Syniptomatoiogic. — Une laclic rouge, uniforme, plus ou moins étendue, se ontre sur le globe de l'œil. Elle est quelquefois située à l'angle externe et inféiur et s'étend jusqu'à la cornée; dans d'au (res cas, elle occupe le cul-de-sac mjonctival inférieur et les parties voisines.
Ces taches ccchymotiques ne sont accompagnées d'aucune douleur, et le plus uvent les malades ne s'aperçoivent de leur existence que lorsqu'ils en sont pré- :nus par les personnes qui les entourent.
Quelquefois pourtant ces épanchcmenls sont tellement abondants, que la connctivc bulbaire est soulevée en forme de disque autour de la cornée. Il y a alors le gêne considérable pour les mouvements des paupières ; l'œil devient tout noir, ; si on ne l'examine pas avec une attention suffisante, on pourrait attribuer à cet at plus de gravité qu'il n'en comporte.
Les épanchemcnts sous-conjonctivaux se résorbent lentement; ils prennent au 3ut de quelques jours une coloration plus foncée et même noire, quand ils mt considérables ; petit à petit, le sang se résorbe par place; la conjonctive devient rangée, jaunâlrc, cl ce n'est qu'après quinze jours à un mois qu'elle reprend sa .^inte habituelle.
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KtlologUt. — 11 y a i)lusieurs variétés d'ecciiymoses sous-conjonciivales : iray. nialiqiies, syinploinaliqucs de fractures du crâne ou de l'orbite et sponiariées.
Les ecchymoses traumatiques s'observent après toutes les opérations que l'on pratique sur l'œil ou la conjonctive, de même qu'après les blessures et les coupj portés sur cet organe.
Dans d'autres cas, elles sont consécutives aux fractures par contre-coup dos^, de !a base du crâne ; elles apparaissent alors vingt-quatre heures après l'accident, et sont considérées comme le signe palhognomonique de la fracture. Pour Legoucst, conjointement avec l'ecchymose, il existe aussi une projection de l'œil en avant. Les paupières elles-mêmes peuvent présenter aussi de rinhlirailou sanguine ; mais, comme le remarque très-judicieusement Nélaton, cela arrive beaucoup plus tard.
Les ecchymoses spontanées sont dues à plusieurs causes ; elles se montrent à la suite de violents accès de toux, ou d'elîorls pour vomir. Ainsi il est très-fréquent d'observer ces ecciiymoses chez les enfants atteints de coqueluche ou chez les adultes emphysémateux. Mais dans un grand nombre de cas, l'ecchymose apparaît après le sommeil chez les individus tout à fait bien portants. Elle peut être quelquefois le signe précurseur d'une inllammation grave interne de l'œil, comme Desmarres a eu l'occasion de l'observer une fois.
L'épanchement sous-conjonctival s'observe le plus souvent dans un seul œil, mais quelquefois les deux yeux présentent la même altération, surtout lorsque c'est la toux qui en est la cause, comme j'ai pu m'en convaincre sur plusieurs de mes malades, et entre autre sur un homme âgé de quarante-sept ans, qui m'a é adressé par le docteur Mallet. A la suite d'une bronchite et d'un accès de loux, cet homme a été pris de vertige et a failli tomber; une heure après l'étourdisseineiU a disparu, mais l'œil gauche était tout noir. En l'examinant huit jours après l'a cident, en présence des docteurs Daguenet et Morel, j'ai pu constater que la co jonctivc bulbaire tout entière de l'œil gauche jusqu'au cul-de-sac conjonctiv était soulevée par une couche épaisse de sang presque noir"; l'œil droit conlena aussi une ecchymose dans le cul-de-sac inférieur.
Les ecchymoses sous-conjonctivales se manifestent aussi dans des conjonctivit catarrhales, ce qui donne à la conjonctivite une teinte jaune orangé.
Pronostic — Ces épauchcmeuts ne présentent aucune gravité ; ils disparaisse tout seuls sans aucun traitement. Les ecchymoses apparaissant après les chutes les blessures de la tête sont graves, en ce sens qu'elles indiquent le plus souvent u fractuie de la base du crâne.
Traitement. — Nous faisous appliquer sur les yeux des compresses imbibé d'eau froide pure ou mélangée avec un dixième de teinture d'arnica, ou avec d l'eau de Goulard.
Dans le cas où l'épanchement sanguin est très-abondant et quand il soulève fo lemcnt la conjonctive, on pourrait inciser la conjonctive la plus distendue elfai évacuer le sang par des pressions successives. Mais cette opération ne peut ètro faite que dans les |iremières vingt- quatre heures, lorsque tout le sang ne s'est pas coagulé.
IMuuOGBAi'inE. — Nclaton, Élcnicnts de pathologie chirurgicale, t, 11, 18/i7, p. 502. — Lcgouest, Traité de chirurgie de l'armée. Paris, 1863, p. 296.
BLliSSURES, RRULUllES ET COIWS ÉTRANGERS DE LA CONJONCTIVE. 2
ARTICLIî XV.