DE L'IEITIS EN GÉNÉRAL
7. La térébenthine employée intérieurement agit très-efficacement dans certaines formes d’iritis, notamment dans les formes rhumatismale et blennorrhagique. Carmichael l’a expérimentée le premier ; le docteur Soelberg Wells se loue beaucoup de son emploi, et, pour ma part, j’ai eu plus d’une fois l’occasion de me convaincre de son efficacité. Je l’administre habituellement sous forme de capsules, contenant chacune 2 grammes, et que je porte de une à cinq par jour.
8. Dans une iritis goutteuse, le traitement local sera le même que dans les autres variétés. Quant au traitement interne, il doit se composer en grande partie de moyens dérivatifs sur les intestins et de colchique.
Le malade devra être purgé tous les deux ou trois jours au moyen de l’eau de Birmendorf ou de Pullna. Il usera en outre des préparations de colchique.
Régime . — Une des conditions indispensables pour le rétablissement complet de l’œil malade est de le soustraire totalement à l’action de la lumière; à cet effet, le malade devra porter constamment des conserves, teinte fumée, lorsqu’il sort au dehors.
Tout travail exigeant une application des yeux devra être interdit comme pouvant exagérer leur irritabilité. Cette précaution sera d’autant plus nécessaire que l’œil malade étant très-sensible à la lumière, et la pupille étant dilatée par l’atropine, aucun travail ne serait possible.
Le régime alimentaire doux et même débilitant devra être suivi au commencement de la maladie ; à une période plus avancée, on aura recours à un régime tonique ; mais on évitera pendant longtemps l’usage des liqueurs fortes, des vins capiteux, du café, etc.
Bibliographie. — Carmichael, Observ. on the Effic. of Turpentine in the Venereal a. otlier inflamm. of the Eye. Dublin, 1829. — Lawrence, Venereal Diseases of the Eye. London, 1830. — Velpeau, Dictionnaire en 30 vol., article Iritis, 1838, t. XVII, p. 131. — Sichel, De V iritis syphilitique ( Journ . des conn. méd. prat., t. VIII, p. 65, et Iconographie, texte, p. 119). — Ammon, Iritis séreuse , iritis parenchymateuse et ses diverses espèces (Annales de la chirurgie française et étrangère , 18 44, t. X.) — Deval, Les affections vénériennes de l'œil (Gazette médic., 1848). — Ricord, Clinique iconographique de l’Hôpital des vénériens. Paris, 1851; et De Viritis syphilitique (Annales d' oculistique, t. XXXVI). — ftuadri, De Viritis séreuse (Annales d’oculist ., t. XXXVI) ; et Consid. anat. sur Viritis séreuse (Ann. d’oculist., 1857, t. XXXVII, p. 31). — Hutchinson, Iritis syphilitique héréditaire (Annales d’oculit., t. LXI). — Melchior Robert, Mém. sur Viritis syphil. (Ann. d’oculist., 1851, t. XXVI, p. 16, et Traité des maladies vénériennes. Paris, 1861). — Pilz, Die Entzünd. der Regenbogenhaut (Prager Vierteljhar., 1856, vol. XII, p. 4). — Graefe, Ueber Coremorphosis gegen chronische Iritis ü Iridochoroidites (Archiv f. Ophthalmologie, 1856, Bd. II, Abth. II, p. 202). — Tavignot, Du traitement de Viritis aiguë ou chronique par la méthode des ponctions kérato-iridiennes (Union méd. , 1859, p. 152). — Duncalfe, Du rhumat. et de Viritis gonorrhéique (Britisk med. Jour., June 1860). — Wollowicz , Beitrüg s zur Lehre von der Iritis , Inaug. Dissert. München, 1862. — Sperino, Iritis, in Études sur l’évacuation répétée de Vhumeur aqueuse dans les maladies de l'œil. Turin, 1862, p. 221. — Rollet, Traité des maladies vénériennes . Paris, 1866, p. 350 et 872. — Lancereaux, Traité histor. et pratique de la syphilis. Paris, 1866, p. 190. — Galezowski, Sur Viritis blennorrhagique , (Gazette des hôpit., 1867). — Schirmer, Praktische Bemerk, zur Diagnose u. Thérapie der Iritis (Klin. Monastbl. 1867, p. 188 ; et Ann. d’ocul., 1869, mai et juin, p. 278). — Becker, Iritis chronica in individuo syphilittco, Zerreissung der hinteren Synechien dur ch das Extract der Calabarbone (Augenklinik der Wiener Universitüt, Arlt, Tetzer %del, und Becker. Wien, 1867, p. 78).
MALADIES DE L’IRIS
ARTICLE III
KYSTES ET TUMEURS DE L’iRIS.
A. Kystes. — L’iris devient quelquefois le siège d’uu ou de plusieurs kystes, qui, eu augmentant, envahissent la chambre antérieure et peuvent la remplir complètement.
Symptomatologie. — Dès le début, la surface antérieure de l’iris se soulève sur un espace plus ou moins limité. Le kyste qui se développe dans le parenchyme de l’iris marche avec lenteur et reste longtemps sans amener de douleurs. L’iris, de même que le kyste, ne présente alors aucun changement de couleur; mais sa surface est lisse, uniforme, sans aucune trace de fibres radiées ni de taches pigmentaires.
Quelquefois, la tumeur est blanchâtre, opaline et semble contenir du liquide, comme dans le cas du malade de Ad. Richard (1), agrégé de la Faculté de Paris. Dans celui observé par Wharton- Jones (2), le kyste était transparent et ressemblait à un cristallin luxé. Le plus souvent, les kystes sont uniques; d’autres fois ils sont bilobaires, comme le montre la figure \ 56. Ce sont les brides cicatricielles qui les divisent en deux.
Mais à mesure que le kyste augmente et se porte vers la cornée, l’œil s’injecte et devient douloureux ; la vue se trouble et la vision diminue. Puis survient une
Fig. 156. — Kyste de l’iris. (Guépin fils.)
véritable poussée inflammatoire, ressemblant beaucoup à une attaque d’iridochoroïdite, comme Guépin fils l’a très-exactement décrit (3).
En effet, l’œil est rouge et l’injection périkératique très-marquée ; des douleurs périorbitaires se déclarent. La première inflammation dure une quinzaine de jours, et se calme pour quelque temps; il se produit ensuite une seconde poussée inflammatoire plus sérieuse que la première, puis une troisième, et ainsi de suite. Cette succession de crises névralgiques et inflammatoires, occasionne à la longue une iritis chronique qui ne tarde pas à se communiquer à la choroïde, si l’on n’intervient pas à temps.
(1) Richard, Gazette hebdomadaire , 1854, p. 1002.
(2) Wharton-Jones, the Lancet, 1852, p. 568.
(3) Guépin fils, Des kystes de l’iris, thèse de Paris, 1860.