‹ Traité des maladies des yeux (volume 3)Chapitre 114 sur 245 · SOINS PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

SOINS PRÉLIMINAIRES

Quelques précautions préliminaires seront observées chez les malades qui doivent subir l’opération de la cataracte; elles auront pour objet de prévenir les accidents, soit pendant, soit après l’opération.

1. Purgatifs. — Dans la journée qui précède l’opération, on doit prescrire au •naïade un purgatif se composant de 25 à 35 grammes d’huile de ricin ou de 35 à 45 grammes de sulfate ou de citrate de magnésie. Ce purgatif aura pour but

(l^Sperino, Étude clinique sur l’évacuation répétée de l’humeur aqueuse. Turin, 1862.

(2) Bouisson in Blancard, Quelques considérations sur la cataracte congénitale et son traitement. Thèse de Montpellier, 1868, p. 21.

GALEZOWSKI. - 27

maladies du cristallin.

d’évacuer les intestins et de procurer au malade la possibilité de rester au lit iUlmo.

bile pendant un ou deux jours après l’opération.

2. Injection des voies lacrymales. — Une injection d’eau tiède sera faite dans les voies lacrymales au moyen de la seringue d’Anel, afin de les rendre plus per. méables et de faciliter l’aspiration des larmes.

3. Instillation d’atropine. — Vers la fin du jour qui précède l’opération, on instillera une ou deux gouttes de solution d’atropine, pour préparer la dilatation de la pupille et faire évacuer une partie du sang contenu dans l’iris, ce qui prévient son inflammation.

k. Nourriture. — Le jour de l’opération, on permettra au malade de prendre un potage ou une tasse de café au lait, selon son habitude; deux ou trois potages dans la journée seront administrés après l’opération.

5. Chloroforme. — Par suite d’une sensibilité trop grande de l’oeil chez certains individus, les contractions musculaires deviennent tellement puissantes, qu’elles empêchent de pratiquer l’opération avec sécurité.

Celte difficulté se présente principalement chez les personnes nerveuses, pusillanimes, et chez les enfants. Il est alors absolument nécessaire d’avoir recours à l’anesthésie. Dans l’emploi du chloroforme, on ne doit pas se contenter d’une anesthésie incomplète, mais il faut chercher à obtenir une résolution musculaire absolue, comme de Graefe (1) l’a recommandé. Quant à l’usage général du chloroforme pour toutes les opérations, comme cela est accepté aujourd’hui à Londres et à Berlin, il ne me paraît pas indispensable. Les dangers inhérents à son application et l’état d’excitation dans lequel se trouve le malade pendant quelque temps, doivent le faire repousser, ainsi que Nélaton (2) Ta très-justement fait remarquer. Ce n’est que dans des cas particuliers qu’on y aura recours.

6. Position du malode. — Quelle que soit la méthode à laquelle on aura recours, la position horizontale doit être préférée à toutes les autres pour les opérations de cataracte. Dupuytren, Velpeau, Pope, opéraient leurs malades dans le lit, et les ophthalmogistes modernes préfèrent cette manière deprocéder à la position assise. Il est vrai que l’extraction à lambeaux ou l’abaissement peuvent être pratiqués avec facilité dans la position assise, comme le font Nélaton, Desmarres et Gosselin; mais, quand on considère les inconvénients qui résultent de cette attitude par suite des syncopes qu’on observe quelquefois chez les personnes nerveuses, et de la très-grande mobilité de la tête du malade, on n’hésite pas à préférer la position couchée à cette dernière attitude.

7. Position du chirurgien. — L’opérateur choisit sa position selon là méthode opératoire à laquelle il a recours, et suivant l’œil, droit ou gauche, qui doit être opéré. En général, il devra se placer du côté droit par rapport au malade pour opérer la cataracte de l’œil gauche, et par derrière pour pratiquer cette opération sur l’œil droit.

8. Rôle et attitude des aides. — L’opération de la cataracte peut être faite sans l’intervention d’un aide. Mais des accidents peuvent surgir pendant l’opération,

(1) De Graefe, Archiv f. Ophthalmologie, 1865.

(2) Nélaton, Parallèle de divers modes opératoires dans le traitement de là cataracte. Thèse de concours. Paris, 1850, p. 9.

EXTRACTION A LAMBEAU

qui ue pourront être conjurés qu’avec le secours d’une personne familiarisée avec les manœuvres opératoires. C’est à un aide que l’on confie, soit la pince à fixer pendant l’excision de l’iris, soit l’excision de l’iris elle-même.

Lorsqu’on pratique cette opération chez les enfants ou chez les personnes nerveuses qui doivent être chloroformisées, deux aides au moins sont indispensables.

ARTICLE II

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