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RÈGLES GÉNÉRALES POUR L’EXAMEN DES YEUX AVEC L’OPHTHALMOSCOPE

Les difficultés que présente l’examen opthalmoscopique pour les personnes qui commencent à s’y livrer dépendent le plus souvent de ce qu’on ne s’est pas suffi, samment conformé à toutes les conditions propres à la manœuvre de l'instrument. Pour faciliter cette étude, nous croyons utile de résumer ici les règles générales de cet examen, d’indiquer les obstacles qui peuvent se présenter et la manière de les surmonter. ,

1. Choix de Vophthalmoscope. — La première condition d’un bon examen est le choix de l’instrument. Le meilleur, selon nous, est celui qui peut servir à la fois pour l’examen à l’image renversée et à l’image droite, et ici nous n’hésitons pas à recommander notre modèle d’ôphthalmoscope à main, représenté page 466. Il est portatif et remplit bien les conditions d’un bon éclairage.

Pour que le réflecteur soit bon, il doit avoir de 20 à 25 centimètres de foyer.

L’ouverture centrale sera de 4 à 5 millimètres de diamètre. Il est nécessaire qu’une fourche soit fixée derrière le miroir afin que l’on puisse placer, soit une lentille concave, n° 8 et 10, pour l’examen à l’image droite,, soit une lentille convexe, n° 12, pour agrandir et rapprocher l’image de la rétine.

La lentille biconvexe n° 2 1/4 pouces de foyer est la meilleure pour l’examen à l’image renversée. Elle doit être enchâssée dans un cercle métallique, dont les bords dépassent sa partie centrale et l’empêchent de se rayer.

Cet ophthalmoscope peut servir pour l’examen à l’image droite, dans ce dernier but pourtant on fera de préférence usage de l’ophthalmoscopc dé Zehender.

Pour l’examen des malades dans leurs lits, et dans les salles des hôpitaux, de même que pour les démonstrations cliniques, nous donnons la préférence à notre ophthalmoscope à tube et à celui de Follin.

Lorsqu’on veut obtenir l’image de la rétine et de la papille très-distinctes et en relief, il faut se servir de l’ophthalmoscope de Giraud-Teulon.

2. Charnue noire. — Pour bien voir le fond de l’œil avec l’ophthalmoscope, il est nécessaire de se placer dans un endroit obscur. Dans ces conditions, l’image aérienne paraît plus distincte; et l’on évite de cette façon dés reflets latéraux sur la cornée qui rendent impossible tout examen. Mon ophthalmoscope à tubes permet de faire cet examen aussi facilement à la lumière du jour que dans un endroit obscur. Vophthalmoscope à chambre noire de Poncet (1) remplit aussi d’une manière assez satisfaisante ces conditions.

(1) Poncet, Gazette hebdomadaire, 6 août 1869, p. 501 Gaujot etSpillmann, Arsenal

de la chirurgie contemporaine. Paris, 1871, t. II, p. 359.

EXAMEN DES YEÜX AVEC L’OPHTHALMOSCOPE. 481

3. Exercice sur ïœil artificiel. — Pour apprendre plus facilement le maniement de l’ophthalmoscope, il est nécessaire de s’exercer pendant un certain temps, soit sur des lapins, soit sur des personnes dont les yeux sont complètement sains. Mais, comme on n’a pas toujours à sa disposition des individus qui se laissent longtemps examiner, on pourra avoir recours à un œil artificiel de Perrin (fig. 244), qui est muni des différentes figures représentant les variétés physiologiques et pathologiques de la rétine et de la choroïde, et qu’on peut changer à volonté.

li. Position du malade et du chirurgien. — Le malade doit être assis sur un petit tabouret un peu plus bas que celui sur lequel se place le chirurgien. Il est préférable de placer le malade de telle sorte, que sa tête soit appuyée contre le mur ou contre le dos d’une chaise ; autrement, il serait très-difficile d’empêcher les mouvements involontaires de la tête.

une image nette de la rétine, on doit de lumière dans la pupille, ce qu’on

Fig. 244. — Œil artificiel de Maurice Perrin.

Fig. 245. — Lampe pour l’examen ophthalmoscopique (*). .

obtient en se servant d’une lampe à l’huile, et de préférence d’une lampe à l’usage des horlpgers, dont le foyer peut être baissé ou remonté à la hauteur de l’œil du malade (fig. 245).

(*) a, anneau de cuivre supportant deux tiges : l’uae b surmontée 'd’un miroir concave e, l’autre d supportant un verre bleu. La lampe elle-même est fixée sur la tige principale, mais elle peut à volonté être placée plus fiant ou plus bas. Pour mes examens ophthalmologiques, j’enlève habituellement les deux tiges bc et île f et je m’en sers comme d’une lampe ordinaire.

GALEZOWSKI.

OPHTHALMOSCOPË.

Pour l’examen de l’image renversée avec le petit ophthalmoscope, il fam que ja lampe soit du côté de l’œil examiné et dans un plan postérieur à la cornée, afin que cette dernière ne reçoive pas de reflets latéraux.

Pour l’examen à l’image droite, la lampe sera placée tout près de l’œil examiné, ainsi que du miroir.

6. Dilatation de la pupille. — Dans la majorité des cas, la pupille est assez large pour qu’on puisse examiner le fond de l’œil avec l’ophthalmoscope sans la dilatation artificielle de la pupille. Mais, pour les personnes encore peu expérimentées, de même que pour l’examen des yeux dont les pupilles sont très-rétrécies, la dilatation doit être faite préalablement au moyen d’une solution d’atropine, à l’une des doses suivantes :

y, Eau distillée . 10 grammes.]^ Eau distillée . 10 grammes.

Sulfate neutre d’atropine. . . 2 centigr. | Sulfate neutre d’atropine. . . 5 centigr.

Cette dilatation est aussi nécessaire pour l’examen à l’image renversée ou droite lorsqu’on veut voir et apprécier les détails des altérations rétiniennes.

L’application de mon ophthalmoscope à tubes, de même que des instruments fixes de Follin, deLiebreich et de Cusco, exige aussi une dilatation préalable de la pupille.

7. Position du miroir. — Le réflecteur est tenu de la main droite devant l’œil droit, et il est légèrement appuyé contre le bord supérieur de l’orbite et à l’angle interne du nez. En imprimant quelques légers mouvements latéraux, on s’apercevra que le miroir réfléchit une lumière assez vive. C’est cette lumière qui devra être projetée sur l’œil à examiner, pendant que la main gauche de l’observateur maintiendra soulevée la paupière supérieure du malade.

8. Examen des milieux réfringents. — Avant de procéder à l’examen de la papille du nerf optique, on doit s’assurer de l’état des milieux" réfringents, et notamment de la cornée, du cristallin et du corps vitré. Pour'cela, l’éclairage de*la pupille avec le réflecteur suffit le plus souvent : on fait regarder le malade en haut et en bas, à droite et à gauche, et, pendant que cette lumière éclaire la pupille, on s’assure s’il n’existe pas sur sa surface des taches noires ou une sorte d’ombre miroitante. La présence de taches ou stries noires ne peut être expliquée que par les opacités de la cornée, du cristallin ou du corps vitré, ce dont on s’assure par les procédés d’examen propres à chaque membrane. Les milieux réfringents étant opaques, on comprend très-bien que le fond de l’œil, et notamment la papille du nerf optique, apparaissent comme voilés.

9. Difficulté d’éclairer la pupille. — Il arrive quelquefois que , malgré le soin avec lequel il a suivi ces indications, l’observateur ne voit pas la pupille rouge, mais noire. Cela peut tenir, soit à ce que le malade regarde en face, — et alors il y a au centre de sa cornée un reflet lumineux qui recouvre tout le champ de la pupille, — soit parce que la personne qui n’est pas habituée à l’examen ophthalmoscopique regarde.de l’œil gauche ouvert et non de l’œil droit, devant lequel se trouve le miroir. Ou peut s’en assurer en recommandant à l’observateur de fermer l’œil gauche pendant qu’il regarde dans le trou du miroir. Pour obvier à la première difficulté, on fait porter l’œil du malade fortement en haut ou de côté ; le reflet étant déplacé dans ces conditions plus que la pupille, on apercevra immé-

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