ATROPHIÉ DE LA PAPILLE DU SERF O ÉTIQUE
ment, comme l’éruption d’un volcan, « La clartéque je vois autour de moi, disait » le malade, est si vive, qu’elle ne diffère en rien de la clarté ordinaire du jour;
» mais ce qui m’étonne et me désespère, c’est que cette clarté ne me serL à rien » pour me conduire, elle n’éclaire pas du tout la chambre ni les objets qui m’eni) lourent. »
6. Scotome central ou périphérique. — L’altération de l’acuité visuelle peut dépendre quelquefois d’une sorte de tache foncée ou noire qui marque le point de fixation. Celte tache obscure est très-petite au début, puis elle s’étend successivement, et prend ainsi une forme ronde ou ovale; dans d’autres cas, elle accuse une forme plus ou moins irrégulière. Ces taches opaques portent le nom de scotomes; ils sont centraux ou périphériques. Souvent tout le champ visuel est parsemé de ces scotomes, qui paraissent tout petits lorsque le malade regarde quelque chose de près ; au contraire, ils grossissent à mesure que le regard se porte au loin.
Le scotome central existe aussi dans les affections de la macula ; c’est pourquoi il importe beaucoup d’examiner cette région avec le plus grand soin.
7. Aux symptômes fonctionnels indiqués, il faut encore ajouter ceux qui découlent des antécédents et du mode de développement de la maladie générale.
On ne peut pas nier que l’atrophie progressive de la papille est liée le plus souvent à des altérations très-variées des centres nerveux. Il arrive souvent que ces dernières ne se déclarent qu’après l’apparition des troubles visuels, nous ne trouverons alors point de renseignements dans l’examen de la santé générale. Mais en s’informant de la santé des parents du malade , on trouvera quelquefois que soit l’un ou l’autre membre de la famille a été atteint d’une affection cérébrale.
Dans les affections de la moelle (dégénérescence grise des cordons postérieurs), il est rare au contraire que l’atrophie de la papille ne soit pas précédée de troubles de motilité ou de sensibilité.
C’est ainsi que l’on constatera, soit un affaiblissement, soit un défaut de coordination dans les jambes, des douleurs fulgurantes dans les cuisses, sensibilité émoussée de la peau, douleurs sur le front, affaiblissement de mémoire, difficulté de la parole et quelquefois des paralysies des nerfs moteurs de l’œil.
Tel est le cortège des symptômes qui accompagnent l’atrophie de la papille; avec les progrès de la maladie, ils s’accentuent de plus en plus, jusqu’à ce que la cécité devienne complète.
8. Amblyopie et amaurose. — On s’est servi de ces deux termes de tout temps pour désigner des groupes de maladies très-diverses qui étaient caractérisées par un affaiblissement ou une perte totale de la vue. C’est ainsi qu’une diminution d’acuité visuelle, sans aucun changement morbide à l’extérieur, portait le noir d 'amblyopie ou d 'amaurose amblyopique. Dès que la vision était complètement abolie ou que la distinction d’objets de grande dimension n’était pas possible, et que le malade était incapable de se conduire, la maladie était appelée amaurose ou amaurose absolue.
La dénomination d 'amaurose et A amblyopie a perdu beaucoup de sa valeur depuis la découverte de l’ophthalmoscope, et nous ne conservons aujourd’hui ces termes que pour désigner des troubles visuels ou des cécités sans aucune lésion appréciable à l’intérieur de l’œil. C’est ainsi que nous nous servons du mot amblyopie pour désigner le trouble de la vue dans les intoxications alcooliques, nico=
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Uniques, plombiques, dans certaines formes de glycosurie, etc. L’amaurose hystérique, Vamaui ose simulée et l’amaurose cérébrale exprimeront la perle complète de la vue sans que l’ophthalmoscope puisse dénoter les moindres altérations dans la membrane nerveuse ou vasculaire de l’œil.
La démarche de ces malades a quelque chose de caractéristique; ils tiennent la tête haute et les yeux dirigés vers le ciel, comme s’ils y cherchaient la lumière qui leur fait défaut. Le regard est vague, ce qui vient de ce qu’ils ne fixent aucun objet et dirigent leurs yeux en face d’eux comme pour regarder au loin. Quelquefois il y a un nystagmus, surtout si l’affection s’est développée lentement.
N’acceptant ces deux termes que comme l’expression d’un symptôme de la maladie oculaire, nous pouvons dire que les personnes atteintes d’atrophie de la papille accusent plus que toutes les autres les caractères de ce trouble visuel. Elles commencent par perdre la faculté de lire et de voir au loin, puis elles sont gênées dans leur marche et reconnaissent difficilement les petits objets; enfin elles arrivent au bout de quelque temps à perdre complètement la vue, soit qu’elles distinguent encore tant soit peu le jour, soit que la dernière perception lumineuse se trouve totalement abolie.
B. Atrophie de la papille par oblitération des vaisseaux centraux. — Cette forme d’atrophie de la papille diffère peu de la précédente, et la différence n’existe que dans une sorte d’infiltration particulière blanchâtre qui envahit la rétine et la papille, soit en partie, soit dans toute son étendue, Cette atrophie s’observe à la suite d’une embolie de l’artère centrale ou d’une altération inflammatoire particulière des parois artérielles (endo-artérite).
Ea papille est ordinairement blanche, nacrée, sans le moindre mélange de ton grisâtre, mais en même temps ses contours sont légèrement couverts d’un voile blanchâtre, voile qui s’étend au delà de la papille sur la rétine. Les artères sont minces, à peine appréciables, et souvent elles sont entourées de légères exsudations blanchâtres plus ou moins opaques. Une malade du professeur Richet, à la Clinique, présentait celte forme d’atrophie des plus accentuées, et j’ai rencontré plusieurs cas analogues dans les hôpitaux de Paris, chez des malades qui ne se plaignaient d’aucun autre symptôme cérébral, et sans qu’on ail pu chez eux retrouver les moindres traces de maladie du cœur. Albutt décrit cette forme de maladie sous le nom de névrite optique avec atrophie.
Au début de l’affection, l’infiltration périvasculaire est assez visible pour qu’on puisse, d’après elle, reconnaître cette variété d’atrophie de la papille. Mais, au bout d’un certain temps, l’infiltration séreuse disparaissant, il n’y a souvent pas possibilité de la distinguer d’une atrophie progressive.
Les atrophies de la papille consécutives à des irido-choroïdites présentent les signes analogues, et nous avons vu bien souvent chez .ces malades des papilles blanches avec un ou plusieurs vaisseaux oblitérés, ou entourés d’exsudations.
f ATROPHIEDE LAPAPiLLE CONSÉCUTIVE A LA NÉVRITE OPTIQUE. — Celte forme d’atrophie est caractérisée par les contours irréguliers, frangés, mal limités, du disque optique et accusant en même temps une coloration blanche plus marquée. C’est une atrophie de la papille avec sclérose des fibres nerveuses et du tissu cellulaire interstitiel.
' Cel état ne se déclare jamais primitivement; il est ordinairement consécutif