ATROPHIE DE LA PAPILLE DU NERF OPTIQUE
à une névrite optique occasionnée, soit par une tumeur cérébrale, soit par une méningite basilaire.
La papille est jaunâtre ou d’un blanc sale ; ses contours sont complètement cachés sous l’exsudation, les vaisseaux sont variqueux. À mesure que l’exsudation se résorbe, le nerf devient de plus en plus blanc : ses capillaires s’atrophient ; les vaisseaux centraux eux -mêmes s’amincissent, tout en conservant leur trajet tortueux, comme on peut le voir sur la figure 261. La papille ainsi atrophiée, au lieu d’avoir les contours bien tranchés comme dans une atrophie simple, se présente sous forme d’un disque irrégulier, couvert près de ses bords par une exsudation organisée ; c’est la dégénérescence et l’hypertrophie morbide de plusieurs fibres nerveuses, qui rendent les parties correspondantes tout à fait opaques. La papille n’a jamais une forme régulière ; elle est le plus souvent ronde et d’un volume plus grand qu’à l’état normal. Souvent, à côté d’elle et au voisinage de la macula, on rencontre des exsudations blanches organisées, qui indiquent l’inflammation de la rétine existant à cette place concurremment avec la névrite optique.
L’atrophie de la papille consécutive à une névrite n’est pas toujours suivie d’une cécité ; nous avons vu au contraire des malades, complètement aveugles pendant la période aiguë, recouvrer jusqu’à un certain degré leurs fonctions visuelles et les conserver, quoique affaiblies, pendant le reste de leur vie.
Les cas d’amélioration, et même de guérison, se sont présentés à notre observation dix fois sur cent.
On voit par ce qui précède que l’atrophie de la papille consécutive à une névrite optique diffère essentiellement de l’atrophie progressive. Son début et sa marche, les contours irréguliers de la papille et ses vaisseaux tortueux, quoique amincis, sont des signes presque constants qui permettent de faire le diagnostic de la maladie occasionnelle, et par conséquent de juger si l’état morbide est enrayé ou en progression.
D. Atrophie de la papille consécutive a une rétinite pigmentaire. — La rétinite pigmentaire est une affection caractérisée par l’apparition de taches pigmentaires dans la rétine. On trouve ordinairement près de la partie équatoriale du fond de l’œil des taches irrégulières, souvent filiformes, longeant les vaisseaux et se réunissant les unes aux autres pour former un véritable filet noir.
Cette migration du pigment choroïdien dans la rétine est accompagnée d’une atrophie des vaisseaux centraux, dont les parois, én s’épaississant, rétrécissent singulièrement le calibre. Cette altération des vaisseaux est principalement appréciable sur la papille du nerf optique, qui s’atrophie progressivement et prend un cachet particulier qu’on ne peut confondre avec une autre forme d’atrophie.
1. Vue à l’ophthalmoscope, cette papille n’est pas toujours blanche ; quoique les fibres s’atrophient progressivement, elle conserve très -sou vent une teinte rosée bien marquée. Cette dernière tient à ce que les vaisseaux capillaires cérébraux du nerf optique ne sont pas atrophiés.
2. Les vaisseaux centraux, au contraire, sont sensiblement diminués de volume et ne se présentent que comme de petites raies rosées excessivement minces, souvent ne dépassant pas le volume d’un cheveu. Leurs branches collatérales subissent les mêmes altérations et disparaissent même à la longue totalement.
NERF OPTIQUE
3. Les contours de la papille ne sont jamais bien tranchés ; un léger voile blanchâtre est étendu sur ses bords et sur une certaine étendue de la partie voisine de la rétine.
E. Atrophie par excavation de la papille. — 11 y a encore une cinquième forme d’atrophie de la papille, c’est celle qui se développe à la suite de la pression intra-oculaire augmentée dans le glaucome, l’hydrophthalmie, etc. Nous en parlerons plus spécialement dans l’article consacré à l’excavation de la papille du nerf optique.
Anatomie pathologique des atrophies de la papille en général. —
Les altérations que subit le nerf optique dans tout son trajet sont des plus marquées, et l’on reconnaît même à l’œil nu que ces organes sont amincis et atrophiés jusqu’au chiasma. Au microscope, on voit que ces nerfs sont constitués en grande partie par du tissu conjonctif hypertrophié et une masse moléculaire avec des corpuscules amylacés et des corps granuleux, comme cela résulte des recherches de Vulpian (1). La papille présente une dépression superficielle qui ne dépasse pas ordinairement, selon Müller, le niveau de la choroïde. Par conséquent, la lame criblée ne subit aucun déplacement et n’est recouverte que d’une couche trèsmince des débris de la papille.
Dans la rétine, Müller a constaté une atrophie presque complète des couches ganglionnaires et des fibres nerveuses, coïncidant avec la conservation d’autres couches dans toute leur intégrité. Les vaisseaux sont diminués de volume et leurs parois souvent épaissies.
Fig 266. — Atrophie du nerf optique ( coupe transversale) (***).
Dans les nerfs examinés au mitroscope, les tubes ont presque complètement disparu, comme le montre la figure 264. Leber (2), en faisant macérer le nerf
(1) Meunier, thèse de Paris, 1864, p. 27.
(2) Leber, Archiv f. OpMh., Berlin, 1868, Bd. XIV, Abth. 2, p. 182.
(*) fl, tubes nerveux atrophiés présentant des varicosités ; 6,6, tubes nWTO„, ,
SSdef \^\altélées etcontenant de la “yéline; e,e,e, cellules nucléolalres / /^'cellîdes’ rondes
très-petites. (Leber.) . - /,/,/, gcjuuigo i-uuuco
Faisceau des fibres nerveuses entouré de tissu connectif très-fin et très-dense An „t a ri i ™ ™ rempHs de globules sanguins. (Leber.) U ' “ ^ d“
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j““T 'épaississements irréguliers. Les vaisseaux s dans la substance des fibres nerveuses. (Leber.)
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