‹ Traité des maladies des yeux (volume 3)Chapitre 83 sur 245 · KYSTES ET TUMEURS DE LA CORNÉE · texte numérisé non relu

KYSTES ET TUMEURS DE LA CORNÉE

A. Kystes ou VÉSICULES. — Il est excessivement rare de rencontrer à la surface de la cornée des collections liquides qui ressemblent à un kyste. Elles sont ordinairement constituées par un liquide clair et transparent comme de ’eau, accumulé dans une poche formée par la membrane élastique antérieure soulevée ou décollée.

Desmarres (1) et Bowman (2) ont décrit deux cas de ce genre, sous le nom de kystes ou tumeurs séreuses, de la lame élastique antérieure. Graefe et Weber donnent à cette affection le nom de kératite vésiculeuse.

J’ai vu ces kystes se produire à la suite des abcès chroniques superficiels, ou à la suite de l’opération de la pupille artificielle, lorsqu’une partie de l’iris était restée emprisonnée dans la plaie. L’humeur aqueuse, restant longtemps en communication avec une poche qui se forme au-dessous de la pellicule cicatricielle, macère la membrane de Bowmann et la détache sur une certaine étendue.

Rien n’est plus difficile à guérir que ces kystes. On doit enlever leur paroi antérieure, et cautériser ensuite, mais souvent la maladie récidive.

B. Tumeurs véruqüeuses. — Bowman a observé une tumeur de ce genre chez une femme âgée de vingt-huit ans. Cette tumeur, située un peu au-dessous du centre de la cornée, adhérait à l’iris. Sa surface était raboteuse, et on apercevait au microscopè un grand nombre de papilles coupées en travers et très-fortement vascularisées. C’est peut-être à cette même catégorie de tumeurs qu’on doit rapporter celles que Fél.-Ant. Guérin f8) et Delavigne (A) ont opérées. Le papiliome de la cornée, opéré par Szokalski, présente aussi quelque chose d’analogue.

C. Épithélioma et Cancer. — Les tumeurs épithéliales et cancéreuses de la cornée ne sont pas très-rares ; elles sont le plus souvent situées près de son bord, et paraissent prendre naissance dans le limbe conjonctival, pour envahir de là cette membrane. Elles ne diffèrent, par conséquent, en rien des tumeurs épithéliales et carcinomateuses du limbe conjonctival, dont nous avons parlé à propos des affections de la conjonctive.

Ordinairement elles sont arrondies et régulières, leurs bords franchement accentués, et des vaisseaux nombreux arrivent de la conjonctive voisine.

Les cancers primitifs, développés au centre de la cornée et loin du bord conjonctival, sont tout à fait rares. Stellwag von Carion en a rapporté un cas :

« J’étais appelé par le docteur N. Gueneau de Mussv à soigner une malade atteinte d’un cancer situé au centre mêmé de la cornée, et dans lequel ni la conjonctive, ni le reste de l’œil n’avaient subi aucune atteinte. Ayant pratiqué avec le concours obligeant de cet éminent praticien l’amputation de l’hémisphère antérieur de l’œil, j’ai remis la pièce à Ranvier et Corail, et les recherches microscopiques qu’ils ont

(1) Desmarres, Traité des maladies des yeux, t. II, p. 377.

(2) Bowman, Annales d’oculist., t. XXX, p. 41,

(3) Fél.-Ant. Guérin, Traité sur les maladies des yeux. Lyon, 1769, p. 210.

(4) Delavigne, Ann. d’oculist., t. I, suppl., p. 113. ’ ’

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