‹ Traité des maladies des yeux (volume 4)Chapitre 102 sur 122 · ARTICLE IIL BLESSURES ET CORPS ÉTRANGERS DE L'ORBITE · texte numérisé non relu

ARTICLE IIL BLESSURES ET CORPS ÉTRANGERS DE L'ORBITE

Les lésions traumatiques de l'orbite se présentent sous des formes très-variées, elles peuvent être produites par les coups portés avec les instruments tranchants, contondants, piquants et par des projectiles de toute sorte. Selon qu'elles proviennent de l'une ou de l'autre cause et qu'elles se compliquent de la présence d'un corps étranger dans le fond de l'orbite ou de désordres dans l'intérieur de l'œil, elles acquièrent une gravité plus ou moins grande. Elles deviennent d'une gravité extrême pour la vie du malade lorsque les plaies se compliquent de fractures du crâne.

Pour bien comprendre l'importance de ces diverses lésioiîs, nous croyons utile d'étudier séparément certaines de leurs variétés.

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A. Plaies simples de la cavité orbitaire par instrument tranchant ou piquant. — Les plaies simples sont produites par les instruments qui pénè-, trent profondément dans l'orbite. Dans ces conditions, l'œil lui-même peul| être plus ou moins gravement lésé, ou bien l'instrument vulnérant peut arriver jusque dans le crâne en glissant le long d'une des parois orbitaires ou en fracturant Tune d'elles. Ces plaies ne présentent pendant les premiers jours aucun accident sérieux, mais bientôt éclatent des accidents cérébraux graves qui se terminent par la mort.

Les instruments vulnérants, en pénétrant dans l'orbite, peuvent intéresser les vaisseaux et les nerfs, et donner lieu, soit à un anévrysme, soit à une paralysie oui névralgie plus ou moins violente. Dans deux cas observés par Nélaton, le sinus caverneux a été ouvert et une esquille avait déchiré la carotide interne. ;

B. Plaies contuses de l'orbite. — Les coups portés sur le bord orbitaire;, avec des corps contondants et les chutes amènent des contusions plus ou moins! violentes de cette région. Les désordres qui en résultent ne semblent pas trèsgraves au premier abord, pourtant les plaies contuses, aussi petites qu'elles soient, peuvent acquérir une gravité considérable lorsqu'elles occupent la région sourcilière ou celle de l'angle orbitaire externe. Les parties osseuses plus saillantes; que les autres se heurtent le plus fréquemment contre les objets pendant la chute, et sont exposées les premières h recevoir les coups avec des instruments contondants.

Dans tous ces accidents on remarque ordinairement que la plaie extérieure esti très-petite, tandis que l'inflammation sous-cutanée s'étend sur une grande étendue. ! La raison en est très-simple : les tissus, comme dit Velpeau, se trouvent alors divisés bien plus par l'action vulnérante de l'apophyse orbitaire saillante que par celle du corps qui a porté contre la tête. Les téguments se trouvent comprimés entre le corps contondant qui est souvent mousse et arrondi, et le bord orbitaire formant une crête tranchante qui sectionne tous les tissus pressés contre lui. j

Un autre caractère de ces plaies, c'est qu'elles sont accompagnées de sufîusions i^ sanguines très-larges dans les tissus sous-cutanés, et comme ces plaies déchirées ou coupées internes suppurent plus ou moins abondamment, il s'ensuit une sorte i de décollement de la peau sur une très-grande étendue. Des colleciions du pus^ 'se font dans des régions voisines, et surtout dans la paupière supérieure et du côté \ de la tempe ; elles y provoquent des inflammations très-fortes qui prennent même 1 les caractères du phlegmon gangréneux. Le pus ne se porte pourtant pas dans l'orbite, où il est arrêté par le ligament palpébral; il forme des trajets fistu- : leux dans tous les sens pouvant entretenir pendant longtemps la suppuration. L'inflammation dilTusc amène un boursouflement considérable des paupières 1 avec une sensibilité très-marquée^ jusqu'à ce qu'on ait facilité l'écoulement du | pus. Voici un fait à l'appui de ce qui vient d'être dit. J'ai été appelé par le docteur ; Tournier pendant le siège de Paris, en 1870^ à voira Passy M. T..., chef de | bataillon des mobiles, ayant reçu une blessure sur la paupière inférieure à l'angle \ interne de l'œil. L'inflammation qui s'ensuivit était tellement violente qu'elle amena j un phlegmon gangréneux partiel dans la paupière supérieure et une suppuration j abondante de la plaie de la paupière inférieure. L'exploration faite avec une sonde | démontra la présence des trajets fistuleux qui entretenaient la suppuration. L'ap-

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