‹ Traité des maladies des yeux (volume 4)Chapitre 95 sur 122 · STRABISME MÉCANIQUE · texte numérisé non relu

STRABISME MÉCANIQUE

de Nélaton (1), qui conserva pendant longtemps un morceau de parapluie cassé dans l'orbite.

Pi-onosiic. — Le strabisme mécanique présente ordinairement plus de gravité que les autres variétés. D'après Denonvilliers et Gosselin, il constitue plutôt une conséquence de cicatrices vicieuses et une difformité qu'un strabisme dans son affection la plus générale; c'est pourquoi il reste irès-souvent au-dessous de l'art.

Traitement. — On devra chercher à détruire les brides cicatricielles par les méthodes d'autoplastie qui seront indiquées dans chaque cas particulier. En joilignant à cette opération la section du muscle rétracté, on facilitera la réduction de il l'œil.

Dans le strabisme produit par des tumeurs ou des kystes de l'orbite, c'est contre I ces dernières qu'on doit agir, le strabisme n'étant là qu'un symptôme, et c'est là 1 qu'on verra se vérifier cet axiome : Ablata causa tollitur et effectus.

Bibliographie. — Velpeau, Du strabisme^ Paris, 1841, et Gaz. des hôpit., 1853, u" 23.

— Stoeber, De l'opération du strabisme {Gaz. méd, de Strasbourg, 1841, n*^ 11). — I J. Guérin, De l'opération sous-conjonctivale du strabisme {Gaz. méd. de Paris, 1842, n°=^ G,

7, 10, 13 et 21), et Du strabisme optique [Ibid., 1843, 13 et 14). — Bouvier, Mémoires sur le strabisme et la myotomie oculaire, Paris, 1845, et Leçons cliniques sur les maladies ! chroniques de l'appareil locomoteur, Paris, 1858, p. 144. — Lenoir, Des opérations qui se \ pratiquent sur les muscles de l'œil. Paris, 1850, — De Graefe, Beitrâge, zur Lehre vom \ Schielen und von den Sehieloperationem {Archiv f. Ophth., 1857, Bd. III, Abth. I, p. 177, et Abth. II, p. 261, 1858). — Critchett, Observations pratiques sur le strabisme [Lancet, mai, 1855, et Med, Times and Gaz., nov. 1857). — Guépin, Du strabisme {Journ. de Bordeaux, 1861, p. 145). — Giraud-Teulon, Leço?is sur le strabisme et la diplopie., Paris, 1863, et Opérations de strabisme {Gaz. des hôpit., 1865, n° 81). — Javal, Note sur le \ moyen de choisir les verres prismatiques pour le strabisme (Ann. d'oculist., 1863, t. L, ' p. 316; Ibid., 1864, t. LIV, p. 104 ; Ibid., 1871, t. LXV, p. 98, et thèse. Sur le strabisme).

— Lecorché, Du strabisme convergent et du strabisme divergent au point de vue médical et chirurgical {Ar ch. gén, de mec/. , juillet 1864) . — Noyés, Strabismes {Amer. med. Times, 1865, t. I, p. 244, 254 et 267). ~ Guersant, Du strabisme chez les enfants' {Bull, de thérap., 1866, n 15). — Gàlezowski, Leçons sur le strabisme {Gaz. des hôpit,, 1867, n° 90).

(1) Nélaton, Gaz. des hôpit., 1854, p. 454.

QUINZIÈME PARTIE i

ORBITE

lï

Jinatomie. — L'œil est placé avec ses muscles et ses nerfs dans une cavité k osseuse qui est appelée orbite. Elle a la forme d'une pyramide quadrangulaire, dans ci laquelle on distingue quatre parois, une base et un sommet.

4 . La base de Vorbite, appelée autrement rebord orbitaire^ n'est autre que l'on- P verture de la cavité. En haut, elle est constituée par l'os frontal^ fortement proéminen

FiG. 377. — Face antérieure de l'orbite (*).

et qui prend le nom à'arcade orbitaire (fig. 377, 6) ; en bas et en dedans par le bord |

(*} 1, Os frontal ; 2, bosse nasale ; 3, bosse frontale ; 4, arcade sourcilière ; 5, face orbitaire du frontal ; 6, arcade orbitaire; 7, échancrure sus-orbitaire ; 8, trou sus-orbitaire accessoii'e ; 9, crête temporaire orbitaire; 40, os nasaux; 12, apophyse montante de l'os maxillaire supérieur; 13, trou sous-orbitaire ; il, os malaire; 18, trou malaire; 19, face oibitaire de l'os malaire; 20, face orbitaire des grandes ailes du sphénoïde; 21, fente sphé- | noidale ; 22, trou optique; 23, gouttière lacrymale; 24, face temporale des grandes ailes du sphénoïde; 25, pa- j riétal; 26, écaille du temporal; 30, cornet moyen. — Insertions musculaires : A, sourciller; B, pyramidal; j C, tendon direct de l'orbiculaire des paupières ; D, E, orbiculaire des paupières ; F, tendon réfléchi de l'orbicu- j laire ; G, releveur superficiel de l'aile du nez et de la lèvre supérieure ; H, releyeur profond ; I, concis. (Beauoi» et Bouchard).

ORBITE

externe de l'apophyse montante du maxillaire supérieur; en bas et en dehors, par k bord interne et antérieur de l'os malaire. Selon le professeur Richet, le diamètre transversal prédomine constamment sur le vertical dans la proportion de 4, 5, à 3 1/2.

2. La paroi supérieure est constituée par deux os, le frontal (fig. 377, 1 ), à la partie antérieure et la petite aile du sphénoïde en arrière. Elle forme une voûte fortement excavée, surtout du côté externe, où se trouve la fossette lacrymale pour loger la glande de ce nom. A la partie antérieure de celte paroi, on trouve en dedans une échancrure (7) pour la poulie cartilagineuse du muscle grand oblique. Sur le bord orbi-

j 4aire lui-même il existe une autre échancrure ou plus souvent le trou sus-orbitaire (8)

\ pour le passage de l'artère et du nerf sus-orbitaires.

Au niveau de la suture fronto-ethmoïdale, on trouve deux trous ethmoidaux : l'antérieur communique dans la cavité crânienne avec les gouttières ethmoïdales et donne passage à l'artère ethmoïdale antérieure et au filet ethmoïdal du rameau nasal du nerf ophthalmique de Willis. Le postérieur laisse passer l'artère ethmoïdale pos-

I térieure.

I 3. La paroi inférieure est plane et présente une légère inclinaison en bas et en dehors. Elle est formée par l'os malaire (17), le maxillaire supérieur (12) et la facette

I orbitaire du palatin. La gouttière sous-orbitaire la traverse d'avant en arrière, et se transforme près du bord antérieur en un canal du même nom (13).

4. La paroi interne se compose d'avant en arrière de l'apophyse montante du maxillaire supérieur (1 2), de l'os unguis, de l'os planum de l'ethmoïde et d'une petite portion du sphénoïde. Cette face est légèrement convexe et présente près du bord antérieur une forte dépression, appelée gouttière lacrymale (23), et qui se transforme en bas en canal nasal. Sur le côté, cette gouttière est limitée par deux crêtes saillantes, formées par l'apophyse montante du maxillaire supérieur et par l'os unguis.

5. La paroi externe est la plus résistante de toutes ; dans sa portion antérieure, elle est constituée par l'os malaire (17), et dans sa partie profonde postérieure par la grande aile du sphénoïde (20). Elle répond à la fosse temporale et au sommet de îa fosse zygomatique.

L'angle externe inférieur présente dans sa moitié postérieure une fente appelée sphéno-maxillaire, conduisant dans la fosse ptérygo -maxillaire. Elle se prolonge en avant jusqu'à \ centimètre et demi du rebord orbitaire externe.

6. Le sommet de la cavité orbitaire est occupé par la fente sphénoidale (21). Cette derûière présente sur le bord supérieur une saillie osseuse pour le tendon de Zinn, et sur le bord inférieur une autre saillie qui sert de point d'insertion au muscle droit externe.

Au-dessus et un peu en dedans de cette fente, on voit le trou optique (22) par lequel passent le nerf optique et l'artère ophthalmique.

Rapports de la cavité orbitaire avec les autres cavités. — La cavité orbitaire est séparée des cavités voisines par des lamelles osseuses qui constituent ses parois. C'est ainsi que la paroi supérieure supporte le lobe antérieur du cerveau, dont les circonvolutions se moulent sur les impressions digitales qui s'y distinguent. Cette lamelle osseuse est tellement mince, que les inflammations du périoste peuvent se transmettre aux enveloppes du cerveau. Près de l'angle interne et supérieur, 'Cette paroi correspond aux cellules du sinus frontal. La paroi inférieure correspond au j ;sinus du maxillaire supérieur. Du côté externe, la paroi osseuse sépare la cavité orbitaire de la fosse temporale et, un peu en arrière, de la fosse moyenne du crâne où vient se loger le lobe moyen du cerveau. Du côté interne, l'orbite se trouve au voisinage des cellules ethmoïdales et de la partie supérieure des fosses nasales, dont elle n'est séparée que par la paroi interne la plus mince de l'orbite.

Parties molles intra-orbit aires. — Les parties molles qui remplissent cette cavité sont: 1° le périoste orbitaire; 2° le tissu cellulo-graisseux ; 3° les vaisseaux; 4° les muscles et les nerfs

1. Périoste orbitaire. — Le périoste orbitaire est la continuation delà dure-

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ORBITE

mère, qui entre dans cette cavité par le trou optique et la fente sphénoïdale pour \ tapisser toutes ses parois. Arrivée vers la base de l'orbite, elle se divise, comme ; nous avons vu plus haut (1), en deux feuillets, l'un qui se prolonge sur les os du i contour de l'orbite, et l'autre se porte vers le tarse et le globe de l'œil pour consti- I tuer une membrane toute particulière appelée aponévrose orbito-ocuîaire, et qui sépare ] le globe de l'œil des parties remplissant la partie postérieure de l'orbite. I

2. Tissu celMo-graisseux . — ■ Le globe de l'œil repose en arrière sur une sorte de i coussinet moelleux, qui est constitué par du tissu cellulaire jaunâtre, graisseux, très- j mou, plus ou moins abondant et qui est très-élastique. Ce tissu permet à l'œil de se ! laisser refouler en arrière et éviter de cette façon les contusions et les compressions j auxquelles cet organe est exposé par sa position superficielle. !

Le tissu cellulo-graisseux forme des mailles plus ou moins serrées (fig. 378), et con- I stitue par cela même une masse assez résistante. Ces paquets adipeux enkystés par des i parois iamineuses sont constitués par la réunion des vésicules sphéroïdales comprimées (fig. 379). Enfermé en arrière dans la cavité osseuse, il ne peut en augmentant |

ment lieu dans les inflammations de ce tissu. La cavité postérieure de l'orbite com- j munique avec la fosse zygomatique par l'intermédiaire de ]a fente sphéno-maxillaire et I avec le tissu cellulaire de la paupière supérieure par l'intermédiaire de la gaîne du 1, muscle releveur. Ces communications nous expliquent les infiltrations des paupières dans les cas de phlegmons de l'orbite, et la propagation de divers autres processus pathologiques de cette cavité vers la fosse zygomatique.

C'est au milieu de ce tissu cellulo-graisseux que se trouvent placés les muscles de l'œil, les vaisseaux et les nerfs ophthalmiques.

3. Vaisseaux de V orbite. — U artère ophthalmique naît de la carotide interne au moment où cette dernière sort du sinus caverneux (fig. 380, 3). Accolée au côté externe du nerf optique, elle pénètre dans l'orbite par le trou optique, de là elle se porte en haut entre le droit supérieur et le nerf optique, pour se rapprocher de la poulie du grand oblique où elle se divise en deux branches terminales. Les branches ! musculaires (4 et 8) proviennent de l'ophthalmique de même que les artères ciliaires I courtes (6) et longues (7), et se trouvent disséminées au milieu du tissu cellulograisseux.

La veine ophthalmique est constituée par un tronc unique, apparaissant à la base (1) Voyez p. 761.

(*) V'ésiciiles prenant la forme polyédrique «n raison de leur pression réciproque (300 diamètres'. (**) Vésicules adipeuses isolées, prises sur un individu éniacié, offrant de face et de côté des cristaux de marjfarine.

ORBITE

I de l'orbite près de la poulie du grand oblique, elle accompagne l'artère du même

! nom jusqu'au sommet de la cavité, où elle se sépare pour traverser la fente sphé-

î noïdale et se jeter ensuite

j dans la partie antérieure du sinus caverneux. D'après Seemann , outre la veine décrite plus haut, il y aurait encore une autre veine ophthalmique inférieure qui s'ouvrirait tantôt isolément dans le sinus caverneux, tantôt dans la veine ophtba/mique supérieure et offrirait en ce point une valvule. Seioa Jes recherches de Sappey, ]a veine ophthalmique ne présente point des valvules dans son trajet. Cet éminent ana-

! tomiste ne les a trouvées que dans les veinules destine'es aux muscles de l'œi/.

Il est important de connaître les rapports exacts de l'artère et de la veine ophthalmiques avec l'artère ca-

j rotide et Jes sinus caverneux. Le smus caverneux e>t situé sur le côté de la selle turcique et communique avec le sinus pélreux supérieur et inférieur et le sinus circulaire. C'est dans sa partie antérieure que s'ouvre la veine ophthalmique. L'arlère caro-

! tide interne traverse le sinus caverneux, où elle s'infléchit deux fois et offre dans ce trajet des. parois tvès-miiices. D'après Trolard (1), la carotide est séparée des parois osseuses de ce canal par un sinus qu'il appelle 3inus carotidien. C'est en sortant du sinus que la carotide interne fournit l'artère ophthalmique,

4. Muscles et nerfs. — Les muscles de l'orbite sont ceux qui concourent aux mouvements de l'œil. Nous les avons étudiés ailleurs (voy. Muscles de l'œil). Les nerfs de l'orbite sont très-nombreux, et, à l'exception des nerfs optiques, ils ont des connexions intimes avec les sinus caverneux. Ces nerfs sont : moteur oculaire commun pathétique, moteur externe, nerf optique et la branche ophthalmique de Willis avec le gangUon ophthalmique. Ils se trouvent placés au milieu du tissu cellulo-graisseux de l'orbite. Le nerf sous-orbitaire se trouve placé au-dessous du périoste dans une rainure osseuse qui lui est propre.

(1) Trolard, Thèse de Paris, 1868.

(*) \) carotide interne ; 2, méningée moyenne ; 3, aitère oplitlialmique ; 4, musculaire inférieure ; 5, lacrymale 6, eiliaires courbes ; 7, ciliaires longues ; 8, musculaire supérieure ; 9, ethaioïdale supérieure ; 10, ethmo'idal» antérieure; 11, artère sus-orbitaire ; 12, frontale intern 13, nasale; 14; palpébrale.

FiG. 305. — Artère ophtlialntiique (*).

OIllîlTE.

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