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La saisie de Viris se fait

Fig. 194.

Pupille artificielle. Incision de la cornée avec le couteau lancéolaire.

de différentes manières, soil en introduisant la pince dans la chambre antérieure, soit en saisissant l'iris hernié.

Les pinces étant fermées et leur convexité tournée du côté de la sclérotique, on les pousse très doucement dans la chambre antérieure, jusqu'à ce qu'elles dépassent un peu la marge pupillaire, mais en ayant soin de porter en avant les mors de l'instrument. Les branches sont ensuite écartées, et l'iris s'y engage tout seul ; une fois saisi, on le retire au dehors.

Pendant tout le temps que la pince manœuvre dans la chambre antérieure, la main de l'opérateur doit prendre point d'appui sur les parties voisines de la face; autrement, on risquerait de peser trop fortement sur l'iris et sur le cristallin, et d'occasionner la luxation ou la blessure de ce dernier.

c. Dans les cas où l'iris et surtout son bord pupillaire sont adhérents à la capsule du cristallin ou à la cornée, l'opération présente quelques difficultés. Il est alors difficile de saisir l'iris et de l'attirer au dehors ; mais par des tractions plus ou moins fortes on rompt ces adhérences et on amène la membrane au

hors. Il peut arriver qu'on ne réussisse pas à la décoller, mais qu'elle se •chire par morceaux, ainsi que l'a observé Desmarres (1). Non seulement cette résistance et la déchirure de l'iris ne présentent point de danger, mais, dans les cas d'irido-choroïdite, c'est le seul moyen de guérison.

C'est à Desmarres père que nous sommes redevables de cette découverte ; il a démontré le premier qu'on peut et qu'on doit déchirer les anciennes adhérences. Son procédé opératoire, ]du reste, qui a reçu le nom d'iridorhexis, ne (lilîère de l'iridectomie que par les manœuvres plus laborieuses de la pince pour saisir et déchirer l'iris.

d. Excisioii de l'iris. — La partie de l'iris ramenée au dehors doit être immé-

(1) Desmarres, Ti^aité des maladies des yeux, t. II, p. 542, et Journal des connaissances médico-chirurgicales. Janvier 1850, p. 9.

Pupille arLiflcielle. Excision de l'iris.

MALADIES DE L'IHIS.

diatemenl excisée. Ce moment de l'opération peut ôtre exécuté par un aide habile ou bien par le chirurgien lui môme.

Lorsqu'on estassisté d'un aide expérimenté, on le place alors, avant l'opérat.on, de telle façon qu'il puisse glisser les ciseaux le longde la plaie cornéenne Aussitôt que lins est amené au dehors, l'ai.le engage u,ie branche des ciseaux

courbes sous le prolapsus iri< ii

et l'autre en avant ; puis, appuyant doucement avec la part:o convexe des ciseaux contre les bords de la plaie, il coupera l'iris aussi près que possible de la plaie (fig. 19o). Si le praticir n préfère exciser l'iris lui-mêmr-, il confie la pince à fixer à sou aide, et passe la pince dont il tient l'iris à la main gauche, tandis qu'il saisit les ciseaux de la main droite, et pratique la résection.

Arlt a proposé de faire l'excision en deux temps, en incisant d'abord une seule moitié de l'iris hernie, puis l'autre moitié. Cette précaution est superflue, lorsqu'on aura soin d'exciser soigneusement tout le prolapsus.

e. Il arrive pourtant qu'après l'excision il reste une partie de l'iris pincée dans l'un des angles de la plaie. Dans ce cas, on s'efforcera de ressaisir immédiatement cette portion de prolapsus et de l'exciser, ou bien on tâchera de la repousser avec la curetle dans la chambre antérieure; autrement, on court le risque devoir se produire une hernie consécutive qui relardera de beaucoup la cicatrisalion.

f. L'excision de l'iris est habituellement suivie d'un épanchement de sang, qui s'écoule en partie au dehors, et en partie dans la chambre antérieure. Mais celte hémori hagie n'est jamais grave ; souvent il n'y a même que quelques gouttes de sang. Dans le cas où l'épanchement est très abondant, on cherche à le faire sortir de la chambre antérieure au fur et à mesure qu'il se reproduit en écartant légèrement les bords de la plaie avec la curette de Daviel. On peut aussi dans le même but élever le blépharostat et la pince à fixer, et glisser à plusieurs reprises la paupière supérieure ou inférieure sur la cornée dans une direction verticale à la plaie; on essaye de ramener ainsi tout le sang vers la plaie, que l'on rend béante.

g. Le pansement est très simple : on place sur les deux yeux une petite compresse fine ayant une échancrure pour le nez, et par-dessus de petites rondelles de charpie fine antiseptique, jusqu'à ce que la fosse qui existe entre la racine du nez et le bord sourciller soit remplie; puis on fixe le tout par quelques tours d'une bande de toile de vieux linge ou de flanelle. On aura soin en appliquant ce bandage de n'exercer qu'une pression légère et méthodique.

Reporté dans son lit, le malade sera couché sur le dos, et l'on aura soin de lui relever les épaules et la tôle avec des oreillers; les rideaux de la chambre seront baissés; le malade restera tranquille et ne parlera que très peu. On ne

PUPILLE ARTIFICIELLE ET SES INDICATIONS. 379 lui accordera que des bouillons et des potages légers. La garde-malade mouillera de temps en temps le bandage en laissant tomber quelques gouttes d eau

boratée. ... Le lendemain on enlèvera la bande et l'on vérifiera 1 état de la plaie; mais

on continuera la compression de l'œil durant ci-nq ou six jours.

Accidents qui peuvent survenir pendant ou après l'opération. — 1. La conjonctive peut êlre seule saisie avec la pince à fixer, et en se déchirant elle donnera lieu cà une large ecchymose sous-conjonctivale. Il suffit, dans ce cas, d'appliquer la pince une seconde fojs, mais en ayant soin de saisir les tissus sous- Gonjonctivaux; quant à l'ecchymose, elle disparaîtra toute seule.

Fig. 196. — Couteau mousse.

2. L'incision de la cornée peut être trop petite. Rien n'est plus facile que de l'élargir, soit avec un petit couteau mousse (fig. 196), soit avec des ciseaux dont une branche est émoussée à son extrémité 'fig. 197).

Fig. 197. — Ciseaux à pointe émoussée.

3. L'incision tout entière peut être faite dans l'épaisseur de la cornée, sans que le couteau ait pénétré dans la chambre antérieure. Cet accident provient de la position trop horizontale que l'on a fait prendre à l'instrument. On comprend très bien que l'iris ne saurait être amené au dehors à travers une plaie dont l'ouverture interne correspond presque au bord pupillaire. Lorsqu'on s'aperçoit d'un pareil accident, il faut chercher à élargir la plaie sur un de ses rôlés avec un couteau mousse, et l'on tâchera de prolonger l'incision interne vers le bord sclérotical.

4. L'iris peut être incomplètement et trop brusquement excisé, ce qui donnera lieu à une ou deux petites hernies dans les deux angles de la plaie. Dans ces cas il sera nécessaire d'exciser séparément chaque lambeau de l'iris ainsi enclavé, ou bien de les repousser avec la curette dans la chambre antérieure.

5. D'autres accidenis beaucoup plus graves peuvent survenir après l'excision de l'iris, comme le constate la statistique de Bader (1), qui en 1860 publia les détails de quatre-vingt-quatre opérations d'irideclomie faites à l'hôpital ophthalniologiquede Londres. Quinze fois, il est survenu des hémorrhagies abondantes; une fois, le corps vitré et le cristaUin s'échappèrent, et il y eut une hémorrhagie évaluée à 15 grammes de sang. Quatre fois des fragments du cristallin sortirent

(1) Bader, Ophthalmic [îoap. Reporta. Jnnuary t8G0.

par la plaie. Une fois le cristallin encore dans sa capsule se présenta à l'ouver ture de la plaie, et six heures après on le trouva à côté du malade avec un tiers du corps vilré. Un de mes malades a présenté un cas analogue : l'excision fut régulière, mais la plaie restait béante. J'ai fait la compression; malgré c^la j a. trouvé le lendemain, entre les bords de la plaie, des débris de cristallin' quej ai été forcé de retirer.

Ces accidents surviennent surtout dans les yeux glaucomateux, et lorsque lœil du malade est agité par des mouvements violents durant l'opération On peut les conjurer jusqu a un certain point, en immobilisant l'œil, autant qu'il est possible, avec la pince à fixer ou en chloroformant préalablement le pali.iut.

6. Il arrive quelquefois que le résultat immédiat de l'iridectomie est très satisfaisant, mais qu'au bout de quelque temps se forme une cataracte. Cet accideni ne peut être attribué qu'à une blessure de la capsule avec le couteau ou la pince, ou à sa déchirure par des tractions exercées sur l'iris, dans les cas d'iritis chronique ou d'irido-choroïdile.

7. La réunion de la plaie ne se fait quelquefois qu'au bout de cinq ou six jours, et pendant tout ce temps la chambre antérieure ne se rétablit point. Cela s'observe surtout dans les cas de staphylôme cornéen, et dans l'hydrophthalmie. Maintenir l'œil comprimé avec un bandeau jusqu'à ce que la plaie soit cicatrisée et la chambre antérieure rétablie est un moyen certain de guérison.

8. A la suite de l'iridectomie chez les glaucomateux, il se forme quelquefois au bord de la plaie comme une sorte de kyste transparent ou blanchâtre, que de Graefe (1) appelle cicatrisation cystoïde. Ces kystes persistent très longtemps, souvent pendant toute la vie du malade. J'ai pu me convaincre qu'ils sont conséculifs à une hernie de l'iris qui reste après l'iridectomie. La cicatrisation se fait par-dessus le lambeau irien hernié; mais il se forme un trajet fistuleux entre la chambre antérieure et la pelhcule cicatricielle, qui ne peut plus disparaître.

Indications de l'excision de Vins. — La pupille artificielle peut être pratiquée dans des conditions très variées, et le but qu'on se propose d'atteindre n'est pas toujours le même.

Il y a trois groupes distincts d'indications pour la pupille artificielle : 1° rétablir une voie aux rayons lumineux; 2° combattre l'inflammation d'une des membranes oculaires en diminuant la pression intra-oculaire, et 3° assurer le succès de l'extraction de la cataracte, ou d'un corps étranger de l'iris, etc. La première de ces opérations s'appelle iridectomie optique, la seconde iridectomie thérapeutique et la troisième iridectomie prophylactique..

A. L'iridectomie optique est pratiquée dans les conditions suivantes :

1° Opacité partielle de la cornée. — Une tache plus ou moins large et plus ou moins épaisse, placée vis-à-vis de la pupille, s'oppose à la vision. L'excision de l'iris en face d'une partie transparente de la cornée la rétablit.

2° Dans le cas de cataracte congénitale centrale stratifiée, lorsqu'on peut être certain que les couches périphériques resteront transparentes pendant longtemps.

B. L'excision de l'iris sera pratiquée dans le but de combattre une inflammation chronique des membranes de l'œil, ainsi que de diminuer la pression intra-oculaire :

(Ij Graefe, Archiv f. Ophthalmolog., Bd VIII, Abth. 11, S. 2G4.

PUPILLE ARTIFICIELLE ET SES INDICATIONS. 381

1° Dans les kératites glaucomateiises et les ulcères graves, étendus de la cornée, accompagnés d'hypopion, et lorsque tous les autres moyens sont mipuissants pour arrêter la destruction de la cornée (1).

2° La pupille artificielle sera indiquée dans le cas d'obstruction partielle ou totale delà pupille consécutive à une iritis à récidives. Par suite des adhérences de l'iris à la capsule, la communication est interrompue entre les deux chambres, et, comme l'humeur aqueuse est sécrétée, ainsi que nous l'avons démontré plus haut, par le cercle ciliaire faisant saillie dans la chambre postérieure, il 'ensuit que ce liquide reste emprisonné entre l'iris et le cristallin. Ce liquide repousse l'iris en avant et le cristalbn en arrière, et, pourvu que cet état se prolonge, il se produit une irido-choroïdite contre laquelle une large iridectomie est la seule ressource.

3« Dans le cas de distension partielle, ectasique de la cornée, et notamment dans le staphylôme partiel opaque, car l'expérience a prouvé que l'iridectomie est un excellent moyen pour rendre celui-ci stationnaire ou l'empêcher de progresser. Dans ce cas, elle a en outre très souvent l'avantage d'améliorer la

vision.

4° Dans les affections glaucomateuses, la pression intra-oculaire ne peut être arrêtée que par une iridectomie.

5° Enfin ajoutons que Castorani (2), Dransart (3), Warlomont (4) ont préconisé l'iridectomie dans le traitement du décollement de la rétine* Nous-même, nous avons pratiqué cette opération dans ces cas depuis 1871 sans grand résultat. ' C. L'excision de l'iris est aussi très souvent pratiquée dans le but de faciliter diverses autres opérations; voici ses indications :

1° Les corps étrangers et les kystes de l'iris ne peuvent être enlevés qu'avec la partie de l'iris qui les contient.

2° Dans l'extraction des cataractes dures parla méthode de de Graefe.

3° Lorsqu'on veut faire une extraction du cysticerque ou d'un corps étranger du corps vitré, opération qui a été pratiquée avec succès par de Graefe.

Lieu d'élection. — Pour que la vision binoculaire puisse être conservée, et que l'œil opéré ne soit pas ébloui par

une trop grande quantité de lumière entrant par la nouvelle pupille, il faut se conformer dans l'exécution de cette opération aux prescriptions suivantes :

\° La pupille artificielle doit être établie le plus près possible de la ligne visuelle ; la convergence des lignes visuelles des deux yeux en est ainsi facilitée.

Le meilleur endroit pour la pupille artificielle faite dans un but optique sera donc la partie interne (fig. 198, 1), puis inféro-interne (fig. 198, 2), ex-

(1) Galezowski, Recueil d'ophthalmologie, 2« série. Paris, 1874, avril, et Gayet, Iridectomie dans les abcès cornéens {Congrès de Copenhague, 188i).

(2) Castorani, 1884, in-8.

(3) Dransart, Congrès annuel de Paris, 1886.

(4) Warlomont, Congres annuel de Paris, 18S6.

Fig. 198. — Lieu d'élection pour l'opération de la pupille.

terne horizontale (fig. 198, 3), externe inférieure (fig. 198, 4) et en dernier lieu supérieure (fig. 198, S), laquelle sera le plus souvent masquée par la paupière supérieure.

2° Lorsque Texcision de l'iris est pratiquée dans le but d'arrêter le progrès d'une ulcération de la cornée, on choisit l'endroit le plus rapproché de l'uîc*'ration.

3" Dans le slaphylôme partiel de la cornée, l'excision est faite dans un point tout à fait opposé au staphylôme. Lorsque au contraire l'iris est fortement tiraillé par la cicatrice cornéenne, on fera mieux de pratiquer l'iridectomie au voisinage du slaphylôme.

4" Dans les irido-choroïdiles et les iritis chroniques, on choisira pour l'excision lanlôtle segment inférieur, tantôt le supérieur, et l'on donnera à la plaie une grande étendue, afin que la communicalion entre les deux chambres soit aussi largement ouverte que possible.

5° Dans le cas de glaucome, il faut, suivant les conseils de de Graefe (1) et de Bowman, préférer la moitié supérieure de l'iris, où la nouvelle pupille sera cachée par la paupière; alors l'œil ne sera point ébloui. Pourtant, si cette parli.' de l'iris était plus atrophiée que les autres, si l'œil était trop enfoncé dans l'orbite, la chambre antérieure trop petite et l'iris rapproché de la cornée, on fera l'excision, soit en dehors, soil en dedans selon le besoin.

6° S'il s'agit d'opérer dans les deux yeux, on fera en sorte que les pupilles se trouvent toutes deux en bas, ou toutes deux en dedans, et non en dehors. C'est en se conformant à nos indications que la diplopie sera évitée, et, si elle survenait, elle ne sera que passagère.

!§ II. — Iridodialyse ou décollement de l'iris.

Cette méthode a été découverte et mise à exécution par Scarpa et Schmidt: mais avec cette différence que le premier opérait sur la sclérotique et le second sur la cornée. Ces deux procédés sont tombés en désuétude à cause des dangers que présentait leur exécution et de la gravité des suites possibles.

Le procédé d'iridorhexis de Desmarres remplace très heureusement celte méthode dans l'immense majorité des cas.

11 faut avouer pourtant que la méthode de décollement de l'iris peut quelquefois offrir des avantages considérables, surtout lorqu'on peut s'attendre à des adhérences étendues de l'iris sur une grande superficie du cristallin. Je me suis convaincu à plusieurs reprises que l'iridectomie reste alors sans résultat. Je pense donc qu'il sera utile, dans ces cas désespérés, de recourir au décollement de l'iris. Voici en quoi consiste cette mélhode :

Manuel opératoire. — Après avoir fixé l'œil comme dans les méthodes précédentes, le chirurgien pratique une ponction de 4 à 5 millimètres sur le point le plus rapproché du centre delà cornée, et il introduit ensuite à travers cette plaie un petit crochet à décolUment (fig. 199) qu'il glisse entre l'iiis et la cornée, de telle sorte que sa pointe soit placée en bas et sa convexité en haut. Arrivé au point d'insertion de l'iris au corps ciliaire, et derrière le bord sclérotical, il fait décrire au manche un quart de tour, accroche l'iris par un petit coup sec d'avant

(1) Graefe, Clinique ophthnlmologique . Paris, 1867.

Fig. 199. — Iridodialyse ou décollement de l'iris.

PUPILLE ARTIFICIELLE ET SES INDICATIONS. 383 on arrière et l'attire du côté de la plaie. Le plus souvent ce diaphragme n'oppose plus de résistance, et une fois entraîné hors de la chambre antérieure, il est r.xcisé comme dans une iridectomie ordinaire.

Mais il arrive quelquefois (|u'au lieu d'une petite portion de l'iris, on décolle et on enlève l'ii'is tout entier. Tel est le cas rapporté par de Graefe; tel est aussi le cas suivant tiré de ma propre pratique. Chez un malade que j'ai opéré pour une irido-choroïdile, à peine avais-je saisi l'iris, que je l'ai vu sortir tout entier. L'iridérémie complète a été la conséquence de l'opération; le malade guérit radicalement, et ce qui est digne de remarque, c'est que l'éhlouissement qui s'est manifesté à la suite de l'opération n'a duré que cinq mois; aujourd'hui il voit très bien de cet œil.

Le docteur Cuigiiet (d'Alger) (I) a publié, sous le litre d'Arrachemeiit de l'iris en totalité ou en partie, une série d'observations, par lesquelles il démontre qu'on peut décoller cette membrane de toutes ses attaches ciliaires, et que cette opération peut être commandée dans certaines circonstances. Sur 20 tentatives d'arrachement de l'iris, il a réussi 8 fois à l'extraire en totalité; l'irido-choroïte a été arrêtée.

J'ai pensé depuis qu'il y aurait, dans certains cas d'irido-choroïdile grave, un avantage réel à enlever l'iris tout entier. C'est dans ce but que je pratique Viridodyalise; mais, au lieu de me servir d'un crochet, j'ai recours à une pince droite à mors fins, mais saillants.

En résumé, je pense que la mélhode de décollement de l'iris en totalité et son extraction peuvent présenter des avantages incontestables pour la guérison de certains cas d'irido-choroïdite grave.

§ m. — Iridotomie.

^ Cette opération, qui a été pour la première fois exécutée par Cheselden (1728), vientd'être remise en pratique par Bowman, qui fit une communication au congrès de Londres, en 1872, à ce sujet. Quelques années avant, de Graefe avait recommandé ce môme procédé pour le cas où, à la suite d'extraclion de la cataracte, des exsudations rétro-iridiennes auraient amené une obstruction complète de la pupille, et où l'excision de l'iris resie sans résultats.

Cette opération permet aussi de créer une pupille optique dans les cas de subluxation partielle du cristallin.

Janin, Guérin et Wecker ont essayé de faire cette opération au moyen de

(1) Cuignet, Journal d'ophthalmologic. Paris, 187-2, p. 247.

MALADIIÎS DE L'IRIS.

ciseaux pointus ou mousses introduits à travers une plaie plus ou moins larp;e de la cornée, en plein dans l'iris, que l'on incise sur place.

Selon moi, on doit procéder de deux manières dilierentes, suivant qu'on a. affaire à une cataracte lamellaire ou à une cataracte secondaire avec atrésie pupillaire.

Procédés de Bowmnn. — Lorsque la pupille artificielle doit être placée em dedans, Bowman pratique une incision avec le couteau lancéolaii»e, dans le diamètre horizontal de la membrane transparente, et près du hord externe. Par celte ouverture, il introduit un couteau mousse, large d'un millimètre, à travers le champ pupillaire, sous le bord opposé de la pupille» Le tranchant de l'instru-ment est alors retourné en avant, et, par un mouvement combiné de traction eti de pression, il sectionne le sphincter de l'iris. Par l'écartement des fibres dui sphincter pupillaire, il se forme Une pupille nouvelle qui s'unit à la normale' pour former une pupille pyriforme.

Procédé de l'auteur. — 1. Lorsqu'on veut pratiquer une pupille en face de lai partie périphérique transparente du cristallin, ou fait au bord de la cornée, surt la limite scléroticale, une petite incision avec le couteau lancéolaire, puis oni retire l'iris au dehors, et, après avoir incisé son sphincter avec des ciseaux, oni

refoule l'iris avec une burette, dans lai

chambre antérieure, et on établit une com-

pression .

Fie. 200. — Aiguille à serpette t * '■^ ' -t j» ■ -j i-i

iiQ. xww^^ ^^^o^^^^^^ f 2. Lorsqu il s agit dune iridocychte ou,

d'une atrésie pupillaire avec cataracte secondaire, je commence par introduire une aiguille à serpette de mon modèle^ (fîg. 200) à travers la cornée, dans la partie centrale de la membrane pupillaire, . et, par un mouvement de va-et-vient, je cherche à inciser cette membrane,, dans le diamètre horizontal, puis j'achève dans le sens vertical mon incision qui. prend ainsi la forme d'un J.

Procédé de Wecker. — Pour pratiquer cette opération, il se sert d'une paire^^ de pinces-ciseaux de Luer (fig. 201) à branches très mousses.

Fig. 201. — Pinces-ciseaux de Luer.

Lorsqu'il ne s'agit que d'agrandir la pupille normale dans un œil où le cristallin est sain, on fait alors une incision de la cornée du côté opposé à la pupille à créer, puis on introduit les pinces-ciseaux, une branche au-dessous et. une autre à la surface de l'iris. D'un seul coup rapide des ciseaux l'iris est ! coupé. Quand il s'agit de faire une iridotomie à travers une cataracte secon-daire et des exsudations, l'auteur imite alors le procédé Bowman avec cette dif- • férence qu'il se sert de ces pinces-ciseaux au lieu des ciseaux pointus.

PUPILLE ARTIFICIELLE ET SES INDICATIONS

§ IV. — Corelysis et irito-ectomie.

Ajoutons pour être complet que Strealfîeld et Weber ont donné le nom de Corelysis à une opération aujourd'hui abandonnée consistant à dégager au moyen d'un crochet aplati ou d'une spatule le bord de l'iris adhérent au cristallin par des synechies postérieures.

LHrito-ectomie est une opération qui consiste à enlever à l'iris un lambeau triangulaire dans le cas où celte membrane atrophiée, tiraillée, adhérente à la capsule, est venue confondre la pupille naturelle ou artificielle avec le tissu cicatriciel adhérent. De Wecker, Manolescu ont décrit différents procédés de cette opération peu pratiquée.

Bibliographie. - Guépiu (de Nantes), Monographie de la pupille artificielle et Annales doculistique, se voL suppl. lo' fascicule, p. 30. - Desmarres, Journal des connaissances n.édico-chzrurgicales jtinvier 1850, et Traité des malad. des yeux, 1865, t. II, ^" n \ 7 .7°^"'''^*' 1862, et Annales d'oculist., t. XLIV n 222

.7f YMV ' ^^îf «^"^1^ '^''P- '^'PO^'^-^ V; et Annales d'oculistigûe, t. XLII, p. 130 ! L .mr' ?l l^^- - ^'•'^^^■^ Ophthabn. 1856, Bd II, Àbth II S 202

'\^'^n/'"'.?'^- "' 2^^- - Wells, Ophthalmic Hosp. Reports' 1860 1 861'

it'V-n''/ \'r''''' oftheeye. Londonf 1869 p 172 -ai^

lezowsk, Z)e /a pupille artificielle, 1862. Comptes rendus de la clinique de M Des marres {Amalesd-oculistique, 1802, p. 224). - Richet, Le Fort, Follin eÏDofbeau Dis' cussion sur l'irtdectomie devant la Société de chirurgie en 1864 {Bulletin Te /n ^'J^^^^^ de chirurgie de Paris. 1865, t. V, 2e série, p. 388, 39^ 402^ 12 4 t 4 ) - Bow nan

p. \Z6) - Gayet, Indectomie, procédé en l'absence de chambre antérienvp ^..sftA française d'ophthalmoloqie 31 iuin 1884 - Frohiir rLfT7 ■ ^> ^oct^^é

mccès. Klinische monat!bl. /"«r^ a« J nAei/yl Juiîle t /ssf ^f ''"f ^ """S '''^'^'''^^'^ cédé d'irito-ectomie ^ArchJs rf'o^Stl.'^lj.^V 1885)7

r.Ai.ExowsKi, 3« édit.

HUITIÈME PARTIE

CRISTALLIN

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