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CHAPITRE II

MODE D'EXPLORATION

A. Exploration à l'œil nu. a l'étal normal, le cristallin reste complètement limpide, transparent, et n'est visible ni à l'œil nu ni au moyen de 1 éclairage artificiel. Avec l'âge pourtant, il prend une coloration légèrement jaunâtre, ce qui fait qu'on aperçoit, dans ces cas, derrière la pupille, un reflet particulier qui peut très facilement simuler une cataracte ou une teinte glaucomateuse de l'œil.

Pour s'assurer qu'il existe réellement une opacité quelconque dans le crislallii), on place le malade tout près d'une fenêtre, et, pendant qu'on abaisse et qu'on relève successivement ses paupières avec les doigts, on le fait regarder au loin et un peu de côté. Dans ces conditions, les pupilles s'élargissent et permettent au chirurgien de mieux explorer les parties qui se trouvent en arrière de l'iris. On voit alors un reflet profond légèrement grisâtre, mal défini et qui se déplace avec les mouvements de l'œil. C'est un reflet physiologique bien différent du reflet net et tranché que donnent les opacités du cristallin.

Les opacités capsulaires, de même que les cataractes corticales antérieures, peuvent être reconnues à l'œil nu, lorsqu'elles arrivent dans le champ pupillaire. Les unes et les autres se présentent comme des lâches blanches ; mais tandis que les cataractes capsulaires apparaissent comme des points d'un blanc luisant, ordinairement ronds ou irréguliers, les opacités corticales affectent toujours des formes géométriques telles que des lignes, des triangles, etc.

Parmi les cataractes complètes, on distinguera celles qui sont dures de celles qui sont molles par les caractères suivants : les premières présentent au centre des couches corticales un noyau jaunâtre, tandis que les secondes sont d'un blanc laiteux et ont presque partout une teinte uniforme, avec ou sans stries.

B. Exploration à l'éclairage oblique. — En projetant le sommet du cône lumineux de la lampe, au moyen d'une lentille biconvexe 2 1/4, comme nous l'avons indiqué plus haut, on apercevra les plus légères altérations de la surface du cristallin ainsi que celles qui peuvent exister dans les couches antérieures.

On sait qu'à l'état physiologique, la capsule et la lentille ont une teinte bleuâtre. Au milieu de cette teinte bleuâtre, les moindres opacités se dessineront comme des taches blanchâtres ou brunâtres. En effet, les plus petits dépôts pigmentaires provenant d'une iritis seront aperçus sous forme d'un cercle ou de points bruns isolés. Les opacités de la capsule et du cristallin seront blanches. Avec la dilatation de la pupille, on verra facilement les opacités situées à la périphérie de la lentille.

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€. Exploration à l'aide de l'ophthalmoscope. — L'examen du cristallin à l'aide de l'éclairage ophthalmoscopiqae donne les résultais les plus satisfaisants et les plus complets. On se sert à cel effet soit, ce qui est préfèrabie, du miroir plan, soit du miroir concave de l'oplilhalmoscope, au moyen duquel on projette sur l'œil la lumière réfléchie de la lampe. En plaçant l'instrument (levant son œil et en l'appuyant légèrement contre la racine du nez et le bord orbitaire, le chirurgieii examine la pupille à travers le trou central du miroir. I,a papille éclairée par la lumière réfléchie de la lampe apparaît rouge écarlale (telle que la représente la ligure 6, pl. I, de notre Allas ophthalinoficopique] ; cette coloralion apparaîtra d'autant plus, que la pupille sera plus laige et que les milieux réfringents conserveront une transparence plus parfaite. Elle dépend de la lumière projetée dans le fond de l'œil et réfléchie ensuite par la choroïde.

Les opacités peuvent siéger en des régions très différentes; lantôt ce sont des stries et des points opaques dans les couches antérieures; tantôt le trouble siège dans le noyau, les couches corticales postérieures ou à la périphérie.

Rien n'est plus facile que d'apercevoir les cataractes commençantes, lorsqu'elles gagnent le centre de la pupille. Elles se présentent alors comme des taches ou des stries noires au milieu du fond rouge. Il n'en est pas de même quand il s'agit des opacités corticales périphériques, situées vers le grand cercle du cristallin. Cachées par Firis, elles peuvent très souvent échapper à l'examen le plus minutieux, surtout si la pupille est très resserrée.

Pour obvier à cette difficulté, on recommande au malade de porter successivement son regard en haut et en bas, à droite et à gauche, et, pendant ce temps, le chirurgien doit projeter la lumière du réflecteur de bas en haut, ou bien de droite à gauche, et ainsi de suite.

Cependant, bien qu'on ail diminué l'éclairage, la pupille peut rester tellement contractée que tout examen des parties périphériques du cristallin ou du fond de l'œil soit impossible. Nous conseillons dans ces cas de dilater le sphincter irien au moyen de l'instillation de quelques gouttes de la solution suivante :

Eau distillée iQgr

Bromhydrate neutre d'homalropine 0 ,02

Les opacités de la périphérie du cristallin ont ordinairement la forme de lignes disposées en rayons, de stries ou de triangles très allongés.

Dans l'état physiologique, on n'aperçoit pas ordinairement le bord du cristallin ; quelquefois pourtant il apparaît sous la forme d'un anneau très peu étendu, grisâtre ou noir, et à contours mal définis; dans d'autres cas, il se présente sous forme d'un anneau muni de petits prolongements qui ne sont dus, d'après Mauthner, qu'au plissement de la zonule de Zinn. Ce bord opaque du cristallin se voit distinctement quand la pupille est dilatée par l'atropine, ou

lorsqu'onafaitune excision del'iris. Le cristallin luxé offrelemêmerebord opaque.

Pour le diagnostic des cataractes commençantes, il importe de savoir si les opacités que l'on consiate avec l'ophthalmoscope sont situées dans le cristallin, la cornée ou le corps vitré. Rien n'est plus facile que de s'assurer de l'état de là cornée au moyen de l'éclairage oblique. Quant aux opacités du corps vitré, elles ne sont pas fixes, et se déplacent dans tous les sens ; leurs rapports avec id bord pupiUaire varient à chaque mouvement de l'œil; tantôt elles apparaissent au centre de la pupille, tontôt elles ne peuvent être retrouvées.

CRISTALLIN

l'opacité crislallinienne, puis n t v if^i "'"'^ Cl. pendant l'œil .'u L.a.e 'lesto^ I! ir'^/r"

n dehors ou en dedans. Si l'opacité du cristallin suit les mou nents 'œil elle es dans le segment antérieur ; au contraire, elle se déplace dan a d re Uon pl"^^^^ ' ^--'--^^e dans retint

L'examen ophthalmoscopique permettra aussi de reconnaître avec facilité les déplacements oa les luxations du cristallin. On verra dans ces cas son bord arrond. et gnsâtre se placer, soit vers le milieu de la pupille, soit vers un de

D. Méthode de Sanson et Laugier. - On sait qu'une bougie allumée placée devant un œil sain y détermine la formation de trois images représentant la flamme. Cette expérience a été utilisée par Sanson pour reconnaître les cataractes complètes ou en voie de formation. Plus tard, Laugier est arrivé à des conclusions très importantes au point de vue de l'application de ces expériences pour 1 examen des cataractes. Le premier, il avait établi que, si l'image renversée disparaît pendant que les deux autres existent, il y a opacité d'es parlies profondes et centrales du cristallin avec conservation de la transparence dans ses couches antérieures.

Depuis les recherches ophthalmoscopiques, cet examen a perdu de son importance pratique ; mais il aura sa valeur incontestable quand on voudra s'assurer de la présence ou de l'absence du cristallin.

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