‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 114 sur 251 · CORPS ÉTRANGERS ET GYSTICERQUES DU CRISTALLIN · texte numérisé non relu

CORPS ÉTRANGERS ET GYSTICERQUES DU CRISTALLIN

A. Corps étrangers. — Quelquefois un corps étranger, lancé avec une certaine violence, s'introduit dans le cristallin et y reste pendant un temps plus ou moins long. C'est ainsi qu'on y rencontre des pailles de fer, des éclats de capsule, des morceaux de verre, et jusqu'à des grains de plomb. Il en résulte habituellement le développement de la cataracte, qui devient molle, complète ou partielle, selon le degré de densité du cristallin, ainsi que du volume du corps étranger lui-même.

Il n'est pas toujours facile de constater la présence de ce corps étranger au' milieu d'un cristallin cataracté et opaque. C'est pourquoi il importe d'examiner le malade avec le plus grand soin, de recueillir tous les renseignements sur l'accident dont l'individu a été victime. On dilatera la pupille, et l'on soumettra l'œil blessé à une inspection minutieuse, à l'éclairage oblique.

On reconnaîtra la présence du corps étranger par sa coloration foncée au milieu des masses corticales blanches. Souvent même on pourra reconnailre sa présence par un reflet luisant, si c'est d'un éclat de capsule qu'il s'agit. J'ai eu l'occasion d'observer un fait pareil; et, tandis que le malade niait la cause traumalique, ce signe, uni aux autres et h la présence d'une ancienne cicatrice de la cornée, n'a laissé aucun doute dans mon esprit. L'extraction du cristallin avec le corps étranger a confirmé mon diagnostic.

Le corps étranger d'un tout petit volume peut rester très longtemps dans le cristallin sans provoquer d'opacification générale, mais ces cas sont rares. Plus fréquemment la cataracte se complète; ce corps étranger ne constitue pas alors de Ranger pour l'œil. Mais le danger deviendra grand lorsqu'au moment de

Page 1