HISTOIRE ET DESCRIPTION DE L'OPHTALMOSCOPE
Historique. — Avec la découverte de l'ophlbalmoscope qui a mis sous les j yeux de l'observateur les lésions des membranes profondes de l'œil, l'opblbalmologie moderne a fait d'immenses progrès; une ère nouvelle et féconde s'est ouverte pour la pathologie et la thérapeutique oculaires.
L'invention de cet ingénieux instrument est due à Helmholtz, qui en a indiqué 1 la construction en 1850. Il a été conduit, il est vrai, à cette merveilleuse découverte par les travaux des différents auteurs qui avaient fait des recherches sur les causes de miroitement des yeux de certains animaux, et surtout par les expériences de Cumming.
Méry et de la Hire expliquèrent les premiers ce phénomène par les lois de la réfraction des rayons lumineux, et démontrèrent qu'en changeant la direction de rayons sortant de l'œil, on voyait miroiter les vaisseaux de la rétine d'un i chat plongé dans l'eau. Pourtant leurs expériences restèrent sans application j pratique.
Au commencement de notre siècle, Prévost, de Genève (18H), plus lard Hassenslein (1838) et Kussmaul ont cherché à leur tour à expliquer le phénomène de miroitement des yeux.
Mais les premières tentatives pour éclairer le fond de l'œil appartiennent à Carron du Villars (1838), qui indiqua le moyen d'examiner les membranes profondes de Yœilhraidede miroirs creux, qu'il appella ophtalmoscopes.^i La lumière aitificielle, disait-il, n'est préférable à la naturelle que dans les cas où il est nécessaire d'étudier l'état de l'humeur vitrée et de la rétine, en faisant brusquement refléter le corps lumineux dans les différents points de l'anfractuosité oculaire. ■>'>
On voit combien cet auteur était près de la découverte ; mais, aulieu de regarder dans la direction des rayons lumineux réfléchis, il conseilla de se placer derrière le malade, pendant que celui-ci regardait dans un miroir oculaire creux. I! est évident que par ce moyen il ne pouvait pas mieux voir qu'à l'œil nu, et sa méthode d'examen devait rester sans résultat. . |
C'est en 1846 que Cumming à Londres et Brûcke à Vienne réussirent à éclairer le fond de l'œil par des procédés tout à fait analogues. Le malade se plaçait devant une bougie posée à une petite distance de l'œil et à son niveau; on lui recommandait de fixer un objet au delà du point lumineux. L'observateur, se placani alors de l'autre côté de la bougie et regardant dans la pupdle audessus d'un écran élevé au niveau de la flamme, voyait la pupille brdler d un éclat rougeàtre.