‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 120 sur 251 · HISTOIRE ET DESCRIPTION DE L'OPIITHALMOSCOPE · texte numérisé non relu

HISTOIRE ET DESCRIPTION DE L'OPIITHALMOSCOPE

l'ajusler convenablement; pour cela, en l'approchant de ses yeux, l'observateur fixera un objet quelconque et s'assurera si cet objet est vu simple et net. Il arrive alors qu'on ne voit qu'un seul objet, mais en fermant alternativement tantôt un œil, tantôt l'autre, on s'aperçoit qu'il n'y a qu'un seul œil qui voil, l'autre ne se trouvant pas sur la direction des points lumineux passant par le rhomboèdre. Pour obvier à cet inconvénient, on tourne le pas de vis situé en V, et à l'aide de ce mécanisme on sépare la partie C de B du rhomboèdre; on met ainsi le rhomboèdre et le prisme en rapport avec l'œil qui était porté trop en

f M^' ~ <^Phttialmoscope binoculau-e de Giraud-Teuion, vu de derrière à l'écliello ] T j^^' 266. — Coupe horizontale de l'ophthalmoscopc binoculaire montrant

les (Ictads du mécanisme optique qui procure la vision binoculaire (*).

dedans ou écarté trop en dehors. A ce moment, l'observateur verra deux objets au heu d'un, mais quelques tours de vis suffiront pour ramener les deux imagep on un même point.

On place la lampe en arrière du malade et un peu au-dessus do sa tète afin que les rayons lumineux tombent directement d'en haut; on peut cependant la placer aussi sur le côté droit ou gauche du malade. On s'assurera d'abord si l on voit bien le fond rouge de l'œil, puis on procédera à l'examen de l'image renversée de la réline. Pour avoir une image plus nette, il sera bon de dilater préalablement la pupille.

(•) A, prisme rhomboïdieu;B,C, même prisme coupé en deux moi^^ , j. ,„

<leiu images du point lumineux ; V, pas de vis. ^ 'ummeux , I, 1 , les

OPIITIIALMOSCOPE.

§ II. — Ophthalmoscope binoculaire de Coccius.

Le professeur Coccius (de Lepzig) a apporté une modificalion dans la cons- Iruclion de Tophlbalmoscope binoculaire.

Ce perfcctionnenieiil consiste dans l'application aux orifices de la boîte stéréoscopique de l'instrument d'une jumelle commune d'opéra appropriée à la vision des objets rapprochés. Coccius ajoutait à cette disposition une lenlille addilionnelle convexe, de i2 pouces, placée symétriquement au devant de la ligne verticale de contact des rhomboèdres immédiatement en arrière de l'orifice du miroir: cette dernière lentille avait pour objet l'accroissement de la force amplificatrice de l'instrumenl, en permellant la vision nette de 16 à 14 pouces de distan':e.

Cette double modification procure à l'observateur un agrandissement del'image droite des parties profondes de l'œil, ayant pour conséquence une observation plus précise des variations de la circulation oculaire sous l'influence des mouvements respiratoires, et une exploration plus délicate des altérations profondes de l'œil. L'image y est redressée au moyen d'une lentille négative de 2 à 3 secondes.

Cette combinaison procure un agrandissement de l'image approchant du double de celle obtenue en ophtbalmoscopie.

Mais on ne peut se dissimuler qu'ainsi transformé l'instrument ne soit devenu moins maniable et plus cher, que le champ superficiel présenté à l'observation ne soit bien réduit par le long chemin imposé aux rayons lumineux.

Une modificalion fort avantageuse introduite par Giraud-Teulon consiste à prendre pour axes des tuyaux de la jumelle d'opéra, la longueur même des rhomboèdres, en plaçant l'objectif commun entre le miroir et les dits rhomboèdres, et les oculaires immédiatement en rapport avec la face d'émergence de ces doubles prismes ; l'objectif commun consiste en une lentille positive de 32"' et chaque oculaire en une lentille négative de 24"'.

Dans cette combinaison, l'épaisseur de ces lentilles est la seule augmentation de volume imposée à l'instrumenl ation, l'accroissement du prix insignifiant, el le champ de vision augmenté dans la proportion où se voit réduite la longueur du chemin parcouru par les rayons lumineux entre les plans de l'incidence el de l'émergence.

L'observation s'exécute alors dans les conditions mêmes habituelles en ophtbalmoscopie sur une image amplifiée dans le rapport de 18/10; soit à l'image renversée par l'intervention d'ime lentille positive de 2", soit à l'image droite, en la remplaçant par une lentille de 2", 3", négative.

Les trois lentilles ajoutées, dans cette combinaison, peuvent en être aisément enlevées, etl'ophtbalmoscope est ainsi ramené à ses éléments ordinaires et connus.

IIL — Dans notre troisième catégorie, ne pouvant insister sur les ophthalmoscopes de Ruete, de Donders, de Hasner, de Desmarres père, de Gusco, de Poucet, de Sichel fils à deux observateurs, de Monoyer à trois observateurs, etc., nous nous arrêterons sur notre ophthalmoscope et sur celui de FoUin.

§ I. — Ophthalmoscope de Galezowski.

Il se compose de tubes rentrant l'un dans l'autre comme ceux d'une lune! le d'approche (lig. 267) ; sa longueur est de 25 centimètres. Une de ses extrémités

IllSTOlHE ET DESCRIPTION DE L'OPUTHALMOSCOPE. 471

est taillée obliquement et garnie d'un bourrelet élastique pour qu'il s'adapte exactement au pourtour de l'orbite de l'œil examiné. Le tube moyen, qui rentre dans le précédent, supporte une lentille biconvexe de 2 1/4 pouces de foyer; cette lentille est placée à la distance de 2 1/4 pouces de l'extrémité munie du bourrelet. Le troisième tube est le plus mince, il rentre dans les deuxprécé-

Fig. 267. — Ophthalmoscopc do Galozowski.

dents, et son extrémité est percé d'une écbancrure ovale dans laquelle est fixé un miroir concave de 15 centimètres de foyer; au moyen d'un mouvement double, ce miroir peut être tourné du côté de la lampe, et réfléchir la lumière dans l'intérieur du tube. Pour rendre l'image plus nelte et l'agrandir, une lenlille convexe n" 12 est placée derrière le miroir.

D'après l'avis du professeur Broca, nous avons fait ajouter à l'instrument une lige articulée, terminée par une boule luisante, que l'on dirige vers le point que le malade doit fîxel'. Cet instrument a été construit, d'après les modèles que j'ai donnés, par Robert et Collin.

Mode d'emploi. — Le malade peut être placé de deux manières : assis ou couché.

1 . Pour examiner l'œil du malade assis, il faut que sa tête soit appuyée contre un mur ou le dos d'un fauteuil (fig. 268), et en même temps, autant que possible, renversée en arrière.

La lampe doit être posée à 25 centimètres du réflecteur.

Ces dispositions prises, on saisit l'instrument de la main droite, lorsqu'on veut examiner l'œil gauche, et de la main gauche s'il s'agit de l'œil droit, et l'on appuie sur le pourtour orbilaire l'extrémité qui est garnie d'un bourrelet, de façon que l'échancrure carrée soit appliquée contre le nez du malade. A ce moment, on tourne le miroir du côté de la lampe et l'on s'assure que la lumière réfléchie éclaire la cornée. Quelques mouvements imprimés au miroir de bas en haut et de droite à gauche amènent cette lumière au point voulu; en maintenant alors l'instrument d'une manière fixe sur place, l'observateur regarde par le trou central dans le tube, et pourvu que la paupière supérieure ne cache pas la pupille, il verra distinctement le fond de l'œil et les vaisseaux de la rétine.

2. L'apphcation de l'ophthalmoscope au lit du malade est encore plus facile : étendu horizontalement sur le dos, la tête ne reposant que sur un oreiller, le malade ouvre largement les yeux ; l'observateur se place au bord du lit et'du côté droit, lorsqu'il veut examiner l'œil gauche et vice versâ. Appuyant ensuite l'instrument sur le bord orbitaire, comme dans la position assise, il tourne le miroir du côté delà lampe qui se trouve posée tout près de l'œil examiné. Les autres temps de l'opération sont identiques à ceux que nous avons décrits plus haut.

OPIITIIALMOSCOPE.

3. Il est indispensable que les pupilles du malade soient préalablement dila tées avec une solution d'atropine.

4. Au d(5but des recherches ophthalmoscopiques, il est utile -lu.., pendant qu. l'examinateur regarde à travers le trou du miroir, un ni.le lifM.i.e rinstrunuM.

Fig. 268. — Mode d'emploi de l'optithalnioscope de Galezowski (*).

et veilie à ce que la cornée reste constamment éclairée, c'est-à-dire qu'elle se trouve au milieu du disque lumineux.

5. Pour que l'observateur puisse trouver facilement la papille du nerf optique, il faut que le malade regarde du côté de son nez, vers un point imaginaire situé à 8 ou 10 cenlimèlres en dedans de l'extrémité inférieure du lube, et oi'i l'on place la petite boule.

Avantages et inconvénients de Vinstrument. — L'emploi de cet instrument remplit deux conditions très favorables : d'abord l'extrémité objective du tube porte une sorte de chambre noire, qui emboîte l'œil examiné et empêche la lumière du jour d'y arriver ; ensuite la distance entre l'œil examiné et la lentille qui se trouve à l'intérieur du tube étant fixe et invariable, on n'a pas besoin de chercher celle distance comme dans tous les autres ophlhalmoscopes. 11 suffit de le fixer sui' le pourtour de l'œil, pour que cette condition soit remplie.

Ces modificalions ont rendu possible l'examen des yeux en plein jour, dans les salles des hôpitaux, et au lit des malades, sans qu'il soit nécessaire de les transporter dans une chambre noire. C'est là un avantage considérable pour

(*) A, lampe; li, réflecteur ; C, lentille fixée à l'extrômité inférieure du tube; D, boule métallique servant de point de mire

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l'examen des malades atteints d'affections cérébrales ou autres affections

aiguës. 1, 1' j t

L'usage de cet ophthalmoscope n'est pas exempt de difficultés ; elles dependeni en partie d'une très grande mobilité de l'instrument ; de là le déplacement facile de la lumière projetée sur l'œil. Mais un peu d'exercice et d'habitude permet de vaincre cette difficulté, surtout lorsqu'une personne maintient^ l'instrument sur l'œil du malade et surveille s'il est bien éclairé, pendant que l'autre regarde dans le trou du miroir.

L'image de la rétine est souvent masquée par un reflet lumineux : rien n'est plus facile que d'écarter ce reflet de la partie de la rétine qu'on examine, en imprimant au miroir de petits mouvements latéraux.

Le professeur Laugier a introduit une modification dans mon ophthalmoscope, en adaptanl, au tube une bougie dont le fojer se trouve cà une distance ftxe du réflecteur.

§ II. — Ophthalmoscope fixe de FoUin.

11 se compose (fig. 269) de deux tubes de cuivre A qui se meuvent l'un sur l'autre à l'aide d'une crémaillère /"mise en mouvement au moyen d'un piton à engrenage c; à l'une des extrémités de ce tube est placé un miroir concave a de 25 centimètres de foyer, étamé, excepté à son centre, et mobile autour d'un de ses diamètres; à l'autre extrémité du tube se trouve une lentille biconvexe 6, qui peut être rapprochée ou éloignée du miroir au moyen du pilon c, lequel sert encore à allonger ou raccourcir le tube.

Le corps de l'appareil est supporté par une tige gg, pouvant être élevée ou abaissée à l'aide d'une crémaillère verticale h, et fixée par un écrou y à une table i. De la partie inférieure de cette tige part une tige llwpn coudée à angle droit, terminée par une petite plaque concave sur laquelle le malade appuie le menton. Une boule luisante e fixée sur une tige mobile sert à diriger l'œil du malade.

Mode d'emploi. — Après avoir fixé l'instrument à la table et placé le malade ainsi que la lampe à la dislance convenable et à la hauteur voulue, on cherche à concentrer avec le miroir la lumière de la lampe d'abord sur le front et ensuite sur la cornée du malade. Si la lumière n'est pas assez intense et si elle n'éclaire pas une surface assez large, on fait tourner le piton c jusqu'à ce qu'on obtienne un bel éclairage. C'est alors seulement qu'on remonte ou qu'on abaisse le tube au moyen du pilon h pour projeter la lumière sur la cornée et la pupille du patient, dont la paupière supérieure doit être suf.nsamment relevée. Si, malgré cela, l'observateur placé en o ne voit pas encore la rétine ni les vaisseaux, il est indispensable alors de rapprocher ou d'éloigner la tige nn qui maintient la tête du malade, ce qu'on obtient en faisant jouer la crémaillère m.

Cet instrument donne une image très nette et considérablement agrandie, et il est pour la démonstration clinique un des meilleurs ophthalmoscopes.

L'ophthalmoscope de Liebreich difTère très peu de celui que nous venons de décrire; il donne aussi une image grande et nette, mais on l'ajuste plus difficilement, c'est pourquoi il est moins usité en France que celui de Follin.

OPHTHALMOSCOPE.

IV. - Les ophthalmof^copes à réfraction onl pour but de faciliter l'examen des yeux amélropes, c'est-à-dire myopes ou hypermétropes, et de déterminer le degré de ces anomalies de réfraction.

Les meilleurs de ces instruments, les plus pratiques, sont ceux de Cooper et

Fig. 269. - Ophthalmoscope fixe do Folliu (*).

de Neltelshipp à Londres, de Knapp et de Loring aux Étals-Unis, de Badal, de Landolt, de Galezowski et de Parent, en France. Nous insisterons seulement sur ces deux derniers.

§ I. — Ophthalmoscope à, réfraction de Galezowski.

Cet ophthalmoscope se compose (fig. 270) d'un miroir B et d'une roue AA', le tout fixé sur une double plaque métallique découpée à laquelle se trouve adapté un manche en acier se repliant sur la partie principale de l'inslru-

(*) A, tube (le cuivre muni à l'extrémité d'un miroir concavea, et d'une lentille b i\ l'autre extrémité; e, boule luisante placée sur une tige articulée d; f, crémaillère; c, pilon; o, œil de l'observateur ; g, h, y, /, m, liges articulées supportant l'oplitlialmoscopc ; n,p, n, tige servant de point d'appui au menton du malade F, E, écran; L, lampe placée sur un pied P.

le miroir

ment, cousuiucc i>c,. ^^-^ - • • p ^ fr^v^r rm^rt

périphérique B à foyer long et central, et le miro.r C a foyer court.

HISTOIRE ET DESCRIPTION DE L'OPHTIIALMOSCOPE. nient, constituée par deux miroirs enclavés l'un dans l'autre

L'expérience a démontré qu'on peut faire ini large trou au centre d'un miroir réflecteur sans que l'éclairage pour l'examen à l'image renversée en soit sensiblement diminué. De même, en plaçant au centre du miroir oplitbalmoscopique à long foyer un autre petit miroir à court foyer de 6 centimètres, on ne compromet nullement la nelleté de l'image renversée et on obtient pour l'image droite un éclairage plus net.

Cet opblhalmoscope sert à la détermination des différents degrés d'hypermétropie ou de myopie et n'a qu'une seule roue portant les verres convexes et concaves. Ces deux systèmes de verres sont placés dans deux cercles concentriques, les verres concaves h la périphérie de la roue, les verres convexes sur un cercle plus rapproché du centre. Par un simple glissement, cette roue présente devant l'ouverture du miroir Tune ou l'autre série de verres au gré de l'observateur.

Le miroir doit pouvoir être incliné à volonté. Ce précieux avantage a été obtenu ici, et la position du réflecteur pet't osciller entre G et 3o°,

Le miroir B pour l'examen à l'image renversée a un foyer de 25 centimètres, il se place à plat contre la plaque qui couvre les verres. Ce miroir G a un foyer de 8 centimètres et doit être employé pour l'examen à l'image droite. Dans ce cas il s'incline soit à droite, soit à gauche, en menant les deux pivots aux extrémités des supports D, E.

On peut sans grand inconvénient remplacer le miroir à double foyei- par un autre réflecteur à simple foyer de longueur moyenne.

Fig. 270.

— Ophthalmoscope de Galezowski.

§ II. — Ophthalmoscope à réfraction et à verres cylindriques

de Parent.

Il existe deux modèles de cet ophthalmoscope : l'un et l'autre méritent une description complète parce qu'ils donnent la solution instrumentale d'une série de problèmes de réfraction oculaire extrêmement importants au point de vue pratique.

Ol'irrilALMOSGOPE.

Tous deux se composeiU de trois disques qui portenl des verres sphériques et cylindriques. ^

Le disque à verres cylindriques peut occuper les deux positions extrêmes K H et K II ainsi que toutes les situations intermédiaires. Il suffit pour cela de faire mouvoir 1 aiguille II autour de la roue graduée sur laquelle sont inscrits les .iOO degrés de la circonférence, suivant le sens indiqué par la flèche. Ce mouvement est naturellement indépendant de la rotation du disque chargée d'amener un verre quelconque devant l'œilleton. Or, quel que soit le cylindre en situalion devant ce dernier, dans la position K II son axe est horizontal, il en es! de même de tous les autres cylindres que l'on fait passer. Dans la position K' H' au contraire les cylindres passent à axe vertical.

Le second modèle récent (fig. 273) comprend trois roues, mais elles sont complètement recouvertes; la roue des verres concaves est en avant du côté du miroir, celle des verres convexes est en arrière, et celle des cylindres est plar ée

Fig. 272.

Fig. 273.

Fig. 271 a 273. — Ophthalmoscope du D"' Parent, même modèle avec roues de verr cylindriques permettant de déterminer l'astigmatisme.

entre les deux premières en retrait sur elles de deux millimètres. Elle est mise en rotation au moyen de la petite roue extérieure B qui offre une série de creux où se loge l'index qui la met on mouvement. Les chiffres marqués sur elle correspondent aux verres cylindriques. Les trois disques sont fixés sur l'an-

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