HISTOIRE ET DESCRIPTION DE L'OPHTHALMOSCOPE
neaii interne C mobile et tournant autour de l'anneau externe D qui est fixe puisqu'il se rattache au manche de l'instrument. Pour donner aux cylindres l'inclinaison désirable il suffit de prendre les disques entre le pouce et l'index, de fcaire tourner l'anneau C dans l'anneau D, et les trois raies qui étaient en A occuperont successivement les positions A' A" A'". On parcourt ainsi les 360° de la circonférence indilféremment de gauche à droite ou de droite à gauche.
Les miroirs qui s'adaptent ad libitum à ces instruments sont les miroirs concaves à court foyer à inclinaison fixe de 35" montés sur des troncs de cône formant chambre noire pour l'œil de l'observateur, ou des miroirs ordinaires plus ou moins concaves.
Mode d'emploi. — On sait que la détermination de la réfraction oculaire évite, quand elle est faite exactement, toute une série de tâtonnements ayant trait au choix des lunettes. Helmholtz, Jaeger (18S6), Mauthner(l868) ont montré qu'on peut toujours, en plaçant des verres sphériques derrière un réflecteur, voir en image droite le tond de l'œil de tous les amétropes. Or en supposant annulée l'accommodation de l'observé et de l'observateur, le verre qui permet de voir ainsi en image droite est celui qui corrige approximativement l'anomalie de réfraction du sujet examiné. Mais il faut pour cela que l'instrument ne porte en lui-même aucune cause d'erreur. M. Parent a démontré que pour arriver à ce but il est indispensable que les verres correcteurs soient tenus bien parallèlement au plan irien. Sinon on déformerait l'image rétinienne. Pareil inconvénient n'est pas k redouter avec un miroir incliné en station fixe, mais capable de se mouvoir dans une rainure, dans le plan de l'ophthalinoscope ; c'est le cas des instruments décrits. De plus il importe, si l'on veut que l'examen à l'image droite soit facile, que l'on projette sur la rétine un large cercle de diffusion qui permette d'embrasser toute la papille et une partie limitrophe assez considérable. De là l'usage des miroirs concaves de 8 à 15 centimètres de foyer que l'on emploie selon que l'œil observé est plus ou moins long. Ceux de 8 centimètres sont surtout avantageux pour examiner les hypermétropes, les emmétropes etles myopes faibles, parce que l'entre-croisement des rayons se fait avec un aussi court foyer dans la partie antérieure ou dans la partie moyenne du corps vitré. Mais les myopies fortes exigent un miroir à foyer plus long. Sinon l'axe antéro-postérieur étant plus grand, l'éclairage est insuffisant. Quant aux miroirs plans ils sont très utiles pour l'examen des milieux de l'œil.
Tels sont les principes confirmés par l'expérience qui ont servi de base à la construction de cet ophthalmoscope. Il permet de voir aisément l'image droite de la face profonde de l'œil, d'en embrasser une large surface avec tous les détails très nets et sans reflets.
Ces résultats étant obtenus, toute modification dans la netteté de la perception tiendra, les milieux de l'œil examiné étant transparents, à un défaut dans la réfraction de l'appareil dioptrique. Ce défaut disparaît-il par l'interposition d'un verre convexe ou concave? l'œil du patient présente un degré d'hypermétropie ou de myopie correspondant au numéro du verre correcteur. 11 y a plus, l'inclinaison constante du miroir rendant indifférente celle des verres, il ne saurait y avoir de déformation des images que par suite de l'inégalité de courbure de la cornée selon tel ou tel méridien, c'est-à-dire de l'astigmatisme de celte membrane.
Ainsi, quand on s'éloigne d'un œU dont le méridien vertical est myope, le mé-
OPllïHALMOSCOPE.
ridien liorizonlal supposé normal, on voit une papille elliptique a yiand axe» vertical. Si les 2 méridiens sonl myopes, l'image est déformée et le grand axe de celui-ci correspond au méridien le plus myope. La papille devient ellipti(iue à grand axe horizontal lorsque le méridien vertical est hypermétrope, le méridien vertical étant normal. Il est donc possible de savoir rapidement que l'œil observé est astigmate et de déterminer le méridien le moins réfringent. C'esh à la recherche de ce méridien qu'on doit procéder. S'il est hypermétrope, ou i le détermine avec le verre convexe le plus fori, s'il est myope avec le verreconcave le plus faible. Cela fait, on corrige le méridien le plus réfringent qui i est d'ordinaire vertical à l'aide des verres cylindriques concaves dont on a soiu i de placer l'axe parallèlement au méridien le moins réfringent. Cette correction i est etfectuée lorsqu'on voit avec la môme netteté les vaisseaux horizontaux et verticaux.
Auto-ophthalmoscope. I
Coccius a, le premier, réussi à construire un instrument qui permet à une • personne de voirl'intérieur deson propre œil. Giraud-Teulon, Heyman etZehender ont fait construire d'aulres instruments du même genre.
L'instrument de Coccius, appelé auto-ophthalmoscope, se compose d'un petit tube métallique (fig. 274), long de 5 pouces, muni, à l'une de ses extrémités, d'une lentille biconvexe de 4 pouces de foyer, et fermé à l'autre par un miroir
plan, percé d'un trou au centre et dont la face polie est tournée du côté de l'œil. La lentille biconvexe est obscurcie sur toute son étendue, excepté dans un coin.
Pour se servir de cet instrument, l'observateur doit regarder par le trou du miroir o ; à ce moment, les rayons de la lampe placée en L arrivent par la partie transparente de la lentille à l'ouverture du miroir, et de là jusqu'à la rétine en p. Réfléchis par cette membrane et la choroïde, les rayons traversent les milieux de l'œil et rencontrent le miroir en p", qui les réfléchit de nouveau vers le point m. C'est ainsi que le point de la rétine m verra une partie voisine de sa propre rétine placée en p. Ce point , lui apparaîtra dans un point quelconque p'. En faisant varier la position de l'instrument, on peut éclairer successivement différentes portions de celle membrane.
Fig. 274. — Auto-ophthalmoscope de Coccius.
Dans ces dernières années on a cherché à utiliser la lumière électrique dans h-s examens ophthalmoscopiques. Mais cette application ne nous paraît pas devon* entrer prochainement dans la pratique commune.