APOPLEXIE GÉNÉRALE DU CORPS VITRÉ
Symptomatolosie. - Les épanchements de sang qui se produisent dans le 00 PS vilre peuvent le remphren partie ou en totalité. Lorsqlie l'épanchement a lieu dans l hémisphère postérieur de l'œil par suite de rupture des artères r i'
niennes, il refoule le corps vitré en avant ; on voit dans ce cas le fond le l'œil r(-fléchir une teinte blanc grisâtre ou rougeâtre.
L'épanchenientde sang peut provenir des vaisseaux ciliaires rompus; il occupe alors la région antérieure du corps vitré et se répand sur toute la surface postérieure du cristallin. Dans d'autres cas, il est le résultai d'une rupture de l'artère centrale de la papille.
Cet accident survient ordinairement d'une manière soudaine, et le malade perd la vue presque instantanément; tout au plus peut-il distinguer le jour delà nuit.
L'œil, au début, ne présente rien de particulier; mais, au bout de quelque temps, l'iris change de couleur, devient brunâtre ou verdàtre. Les phosphènes se conservent. Il est impossible d'éclairer le fond de l'œil avec l'ophlhalmoscope, bien qu'on ne puisse découvrir aucune opacité dans le cristallin.
La pression intra-oculaire n'est point augmentée, selon Daguenet, la chambre antérieure conserve son volume normal, et le globe de l'œil son élasticité ordinaire, car en même temps que l'épanchement de sang a lieu, il y a une résorption équivalente et compensatrice de l'humeur vitrée.
Il peut arriver qu'on aperçoive à l'éclairage oblique un reflet rougeâtre à la surface postérieure du cristallin ; j'ai vu quelquefois le sang fluctuant derrière la lentille. L'existence de ce phénomène indique d'une manière certaine l'épanchement sanguin.
II n'y a qu'une seule affection qui puisse simuler cet état morbide; c'est la cataracte noire. Dans ce dernier cas, le cristallin n'est pas transparent, et présente une teinte mate; d'autre part, en dilatant fortement la pupille, on distingue les limites du cristallin opaque.
Marche, durée, pronostic. — Les épanchements considérables de sang occupant l'hémisphère antérieur du corps vitré peuvent se résorber presque complètement surtout chez les jeunes malades et la vue se rétablir en conséquence. Mais, pour que la transparence de cette humeur reparaisse, il faut un laps de temps considérable, de huit mois à deux ans. Une de mes malades devint complètement aveugle par suite d'une embohe de l'artère centrale de l'œil droit et d'une hémorrhagie générale intra-oculaire gauche. Mon pronostic était favorable pour l'œil gauche, l'épanchement sanguin du corps vitré se résorba en effet en grande partie après le traitement de dix-huit mois et la malade peut aujourd'hui lire les caractères les plus fins.
Étiolo^ie. — Ces héraorrhagies générales du corps vitré sont excessivement rares. Lorsqu'elles se déclarent spontanément, il faut chercher la cause du côté du cœAir ou de la composition vicieuse du sang, comme dans le scorbut, l'albuminurie, etc., ou dans un trouble de la circulation locale, iridochoroïdite, glaucome.
Les blessures graves de l'œil et les pertes considérables du corps vitré occasionnent des hémorrhagies ex vacun. Elles surviennent après les opérations de cataracte, les ruptures de la sclérotique, etc.
Traitement. — Il faut prendre en considération les causes générales qui cul amené ces désordres, et surveiller le régime des malades, recommander une nourriture tonique, éviter les impressions morales trop vives, ainsi que laction d'une lumière trop éclatante sur l'autre œil.
Chez les femmes, on sera attentif à l'état de leurs règles; chez les personnes dyspeptiques on cherchera à régulariser la digestion.
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Quant au traitement, il est bon d'avoir recours aux instillations alternatives d'atropine et d'ésérine, aux fomentations chaudes, frictions excitantes sur le front et la lempe, aux révulsifs, aux injections de pilocarpine et enfin à mon opération à'ophthalmotomie postérieure.
Dans des cas tout récents, on pourra songer à une paracentèse scléroticale, afin de faire sortir une certaine partie du sang épanché.
Ophthalmotomie ou scLÉaocHORiOTOMiE POSTERIEURE, — J'ai fait au congrès de Paris (1886) une communication sur une opération que jai appelée ophthalmotomie postérieure et qui peut rendre de grands services dans le traitement de l'apoplexie générale du corps vitré.
J'attire l'œil autant que possible en dedans et en bas avec une pince que je fixe près du bord externe de la cornée. J'enfonce alors le couteau de Graefe entre les muscles droit supérieur et externe, dans la sclérotique, la choroïde, la réline et le corps vitré, puis, par un mouvement de va-et-vient, je prolonge l'incision d'arrière en avant jusqu'à la région du cercle ciliaire. Il s'échappe alors beaucoup de liquide sanguinolent; à ce moment, sans perdre de temps, je réunis la plaie par un point de suture avec un fil de catgut que je laisse à demeure.
Fig. 285. — Fond de l'œil d'une malade opérée d' ophthalmotomie postérieure pour une apoplexie générale du coi*ps vitré.
Nous verrons que dans certaines variétés de glaucome postérieur, dans Vhydrophlhalmie, la buphthalmie, celte opération inoffensive que j'ai pratiquée vingt fois avec plein succès rend de grands services. La figure 285 représente le fond de l'œil d'une malade que j'ai opérée d'ophthalmotomie postérieure pour une apoplexie générale du corps vitré, affection qui avait déterminé une cécité subite et absolue. Trois semaines après l'intervention, la papille était, comme on peut le voir sur la figure, un peu nuageuse, à la périphérie de la rétine flottait encore une membrane blanchâtre ; mais la malade comptait les doigts à une distance de 40 centimètres.
BiBLioGnAPiiiE. -DnmonlpciWier, Hémophthalmie{Arch. d'o/M/ialm. de Jamain, 185', ly, p. 189). - Whitc Goopcr, Ann. d'ocuL, t. XXXVIII, p. 170, et XL, p. 18I -i llulko M. lunes and Gaz., 1862, 4 octobre. - A. Daulhon, Essai sur les hémorrha- Oœs intra-ocukures, thèses de Paris, 18G4. - Lawson, Bril. med. Journal, 18C.5 10 d. r - Hydel Massenhafle Glaskorperblulunç,, etc. {Bericht lœher die Auqenklinik von Ar/i ,n -, ,^ \, P- ~" ^^Suonct, Des apoplexies sponlanées du corps vilré
[Recueil dophthahnologie, octobre 1873, p. 45). - Ilutchinson, ^ case ofprimary inlm ocular hemorrhac/e with remarks on the causes of Ihe occurence ( Transant. of the ophll, of theumt kinrjdom, p. 8, 1881). - Abadio, Des hémorrhaqies profuses du fond ^/ Lœil chez les jeunes sujets [Annales d'oculislique, 188G, p. 36).