‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 130 sur 251 · CORPS ÉTRANGERS, CRISTALLIN LUXÉ ET CYSTICERQUES DU CORPS VITRÉ · texte numérisé non relu

CORPS ÉTRANGERS, CRISTALLIN LUXÉ ET CYSTICERQUES DU CORPS VITRÉ

A. Corps étrangers. — Les corps étrangers qui traversent la sdérotique s'arrêtent très rarement dans le corps vitré, pour y constituer une sorte de flocon. Les éclats de capsule, les paillettes d'acier ou de cuivre, les grains de plomb, etc., descendent d'ordinaire vers les parties déclives de la cavité oculaire, où ils provoquent de très graves désordres du côté de la réline et de la choroïde, amenant le plus souvent la destruction de l'œil tout entier.

Il arrive pourtant que des corps étrangers très fins restent pendant quelque temps en suspension dans l'humeur vitrée; si les milieux de l'œil conservent leur transparence, on voit, à l'aide de l'ophthalmoscope, le corps étranger, sous forme d'un petit flocon dont les contours bien tranchés et la surface plus ou moins luisante permettent de le différencier d'un épanchement sanguin ou de toute aulre exsudation (1).

Au bout d'un certain temps, les corps étrangers gagnent les parties décliv.de l'humeur vitrée et provoquent des altérations suppuratives de la rétine et dla choroïde. Quelquefois pourtant on les a vus s'envelopper d'une masse exsudative, qui les isolait complètement, ou bien adhérer par cette exsudation à une partie périphérique du globe.

Les signes physiologiques sont ordinairement de peu d'importance; pendani tout le temps que le corps étranger reste suspendu dans l'humeur viti'ée le malade ne souffre point, et il n'est pas gêné autrement que par des mouches qui voltigent devant l'œil blessé.

Mais l'œil est constamment menacé d'une inflammation aiguë, qui peut se d clarer aussitôt que le corps étranger, de mobile qu'il était, devient fixe et se loge dans la rétine ou dans la choroïde. Cette inflammation peut aller jus qu'au phlegmon de l'œil, ou hien elle prend une marche lente, dont la durée est interminable, comme le dit Desmarres. White Gooper a vu un éclat de pierre séjourner

(1) Un fait analogue s'est présenté à mon observation eu 1862 sur un malade de la clinique du docteur Dcsmarres père. Il s'agissait d'un garçon de quinze ans qui, ayant été blessé à l'œil droit par un éclat de capsule, ne présentait qu'une légère rougeur de la moitié e.tterne de la sclérotique, à 1 centinictre de la cornée. Avec l'ophthalnioscope nous découvrîmes, avec le docteur Desmarres, quelques flocons librineu.x. et une paillette noire, d'une forme à peu près rhomboïdale irrégulière ; dans certains mouvements de l'œil, ce corps opaque paraissait luisant, ce qui ne pouvait èti'' produit que par un fragment de capsu le.

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