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ASPECT PHYSIOLOGIQUE DE LA RÉTINE ET DE LA FOSSE CENTRALE

A. Rétine. — La rétine est complètement transparente à l'état normal, el à l'éclairage ophthalmoscopique elle resle habituellement invisible. Lorsque le fond de l'œil est fortement pigmenté, et que l'éclairage ophthalmoscopique esi relativement faible, on voit une certaine partie de la lumière se réfléchir de la surface antérieure de la réline. Elle apparaîl, dans ces cas, comme une membrane d'un blanc grisâtre, légèrement opaline, surtout dans les environs sur la papille, où celle membrane possède une épaisseur relativement plus grande qu'ailleurs. Celte opacité physiologique de la rétine s'observe surtout chez les sujets jeunes, chez les enfants bruns, dont la choro'ide est riche en pigment. Ou doit connaître ce phénomène pour ne pas le confondre avec les infiltrations pathologiques péripapillaires qu'on rencontre dans les affections cérébrales.

Un autre phénomène physiologique produil par la même cause s'observe quelquefois dans la rétine : je veux parler du reflet blanchâtre périvasculaire, apparaissant tantôt d'un côté, tantôt de l'autre des vaisseaux, elqui peut faire penser à l'existence d'une exsudation périvasculaire. Il est facile pourtant de reconnaître la nature de ces stries blanchâtres ; en faisant, en effet, des mouvements légers latéraux avec le miroir, on s'aperçoit qu'elles changent de position en passant d'un bord à l'autre du vaisseau. Cela n'aurait pas lieu si la lâche périvasculaire était due à une exsudation.

Les vaisseaux de la réline ne sont ni très nombreux ni très serrés ; on les voit se bifurquer dicholomiquement, devenir de plus en plus menus, à mesure qu'ils se rapprochent de Vora serrala, el s'y perdre ensuite en capillaires. Très souvent l'arbre vasculaire est la seule et unique partie de la rétine que nous voyions, et tant que ces derniers ne sont ni masqués ni interrompus, nous eu concluons que la réline elle-même est saine.

B. Fosse centrale. — Cette région de la rétine se confond assez souvent avec le resle du fond de l'œil, et l'examen le plus minutieux n'y laisse voir

aucune particularité. , f ' i

Mais, dans d'autres cas, la macula se reconnaît par la teinte plus toncee ue la choro'ide, qui forme une tache arrondie un peu plus large que la papille- C'est en fixant le centre même de celle zone foncée qu'on y découvre une tache rouge grosse comme une tête d'épingle, pouvant même simuler une hemorihagie. Quelquefois, au milieu de cette tache rouge, on constate un petit point

blanc très fin. „

Il y a encore une troisième forme de la tache jaune, que nous avons laïc fi.'urer dans la figure 1, pl. I, de notre Traité iconographique d'ophthalmoscopie. Cesl une sorte d'ovale, placé horizontalement, dont les contours sont biau-

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chaires, et au centre duquel on voit aussi un point ronge. Le cercle blanchâtre qui entoure cette région n'est constitué que par une sorte de reflet se faisant au niveau du rebord de la macula et qui s'élève à pente rapide au-dessus de la fossette centrale elle-même, chez les enfants blonds, chez lesquels le fond de l'œil n'est pas très pigmenté.

Dans les yeux des albinos, la macula n'est point distincte. Chez les nègres, elle paraît presque complètement noire au milieu du fond gris-brun.

Dans le jugement qu'on veut porter sur l'état de la macula, on ne doit jamais se contenter de l'examen d'un seul œil, mais bien comparer l'aspect de l'un avec celui de l'autre. Ce n'est souvent que dans l'examen comparatif des deux yeux qu'on trouve l'explication des signes ophthalmoscopiques.

BiBLiOGRAPiuE. — Coccius, Ueber die Anwendung des Augenspiegels. Lpipzig, 18.53, p. 4() à (50. — Schirmer, Ueber das Ophtkalmoscopische Bild der Macula lut.ea [Arcliiv fiir Op/itfialm., 18G4, Bd X, Abth. I, p. 148). — Perrin, Traité pratique d'ophthalmoscopie. Paris, 1870, p. 139. — Lcber, Remarques sur le système vasculaire de la rétiiieau niveau de la macula lutea [Albrecht v. Graefe Archiv f. Augenheilk. , 1881). — W. Schœn, Le pouls veineux de la rétine {Klinische monatsb., 1881 . — Benson, Flexuosilo extrême des vaisseaux rétiniens {Société ophth. du lioyaume-Pni, 188.2). — Galezowski, Traité iconographique d'op/ithalmologie, 2^ édition. Paris, 188G.

ClJAPlTïiE IV

PATHOLOGIE ET THÉRAPEUTIQUE

La structure de la rétine ressemble, par plusieurs points, 'à celle du cerveau ; les rapports analomiques et la communication directe existant entre l'un et l'autre de ces organes expliquent aussi la fréquencé très grande d'altération de cette membrane dans les altérations cérébrales. D'autre part, les maladies générales, et surtout celles qui se traduisent par la dyscrasie sanguine profonde, retentissent tôt ou tard sur la membrane visuelle et amènent des désordres marqués.

La tâche de l'ophthalmologiste devient, à cause de ces rapports pathologiques, très importante, et il ne suffit pas d'apercevoir les alléralions de la rétine et de préciser leur siège exact; il faut encore et surtout indiquer les rapports avec l'état morbide général de l'organisme, et reconnaître si la maladie de la rétine est purement locale, ou si elle dépend d'une maladie du cœur, du cerveau, du sang : de l'albuminurie, de la glycosurie, de la syphilis, etc.

D'autre part, les maladies de la rétine peuvent souvent dépendre de la choroïde, et ne constituer qu'un phénomène du second ordre, la maladie du système vasculaire de l'œil étant l'affection principale.

Il faudra aussi envisager ces différentes altérations au point de vue étiologique.

Après quelques mots sur les troubles circulatoires de la rétine, nous décrirons :

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