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LA LEUKÉMIE, L'ANÉMIE AIGUË

A. Polyurie. — Sous le nom de polyurie ou de diabète insipide, on désigne un état morbide caractérisé par une émission exagérée et non passagère d'urines d'un poids spécifique faible, sans sucre ni albumine.

Il résulte des recherches du professeur G. Sée que la polyurie simple peut durer longtemps sans apporter le moindre trouble dans la santé. Et, en effet, si les taches de scorbut ou de purpura ont été signalées à la surface de la peau, elles sont en -général, d'après Lancereaux, très rares et peu nombreuses.

La vue, chez ces malades, est généralement intacte, quoique, chez quelquesuns d'entre eux, nous ayons pu découvrir la présence de taches hémorrhagiques disséminées sur la périphérie de la rétine. Ces taches étaient très petites, arrondies, grosses comme une téte d'épingle, et ne gênaient en aucune façon la vision.

J'ai observé quatre faits de ce genre : un dans le service du Dr Hérard, à riIôtel-Dieu, en 1864, un second sur un malade du professeur Lasègue, en

1869, à l'hôpital Necker. A l'examen ophthalmoscopique, on trouvait dans chaque œil de trois à huit taches hémorrhagiques régulièrement arrondies. A part ces hémorrhagies, il n'y avait point d'altération ni dans la papille, ni dans aucune membrane de l'œil. On trouvera, dans notre Atlas ophthalmoscopique,

une figure reproduisant cette forme d'altération ainsi que le résumé de nos deux dernières observations. Depuis, trois cas de rétinite polyurique ont été signalés.

B. Oxalurie. — Th. Leber, Maulhner, Jaeger ont rapporté cinq observations de rétinite dans l'oxalurie. Bouchardat avait, avant ces auteurs, décrit des troubles de la vision chez des malades à urines de densité considérablement augmentée et chargées d'oxalate de chaux.

C. Cirrhose et ictère. — Junge a signalé la coexistence de la rétinite dans un cas de cirrhose hépatiquè. Ces nombreux cas d héméralopie à la suite des lésions du foie prouvent qu'il ne faut pas voir dans le cas de Junge une simple coïncidence. La rétine dans cette observation présentait une petite extravasation sanguine.

D. Hémophilie et purpura haemorrhagica. — L'hémophilie peut amener des hémorrhagies dans les deux rétines à la fois. Cette même affection frappe souvent le cerveau et les nerfs optiques. C'est ainsi que nous avons observé, en 1862, dans le service du professeur Trousseau, à l'Hôtel-Dieu, un malade qui était atteint d'hémophilie très grave suivie de perte de connaissance, de coma et d'autres symptômes graves cérébraux, dont il mourut. L'examen ophthalmoscopique, fait en présence du docteur Dumontpallier, nous révéla de larges taches rouges apoplectiques dans plusieurs endroits des deux rétines.

Un autre fait non moins intéressant se présenta à notre observation en 1870, sur un malade du service du professeur Ambroise Tardieu, à l'Hôtel-Dieu. Agé de cinquante ans, il était arrivé, par des excès alcooliques, à une émaciation extrême. Des taches hémorrhagiques, taches de purpura, s'observaient sur tout le corps, et l'examen ophthalmoscopique, fait en présence du D"" Hayem et du D»" Rue, nous permit de constater de larges plaques ecchymotiques qui recouvraient presque tout le champ rétinien, et envahissaient la macula dans l'œil droit. Les détails de cette observation ont été rapportés par le D»" Rue.

E. Anémie aiguë, anémie pernicieuse progressive. — Le professeur Béhier a attiré l'attention des praticiens sur une maladie particulière, qu'il appelle anémie aiguë, quia, selon lui, une grande analogie avec l'anémie du cheval. Chez ces malades, l'émaciation arrive à un degré humide, la diarrhée persistante paraît en être la cause, et sous l'influence d'une hydrémie et d'une fluidification extrême du sang, le corps tout entier est œdématié, et la rétine se recouvre de taches ecchymotiques très nombreuses, larges, situées sur le trajet des veines. Un cas analogue se présenta à notre observation en 1870, à l'Hôtel-Dieu, et l'examen ophthalmoscopique, fait en présence du professeur Béhier, nous a permis de constater des hémorrhagies dans les deux yeux; les deux' papilles étaient infiltrées d'une exsudation séreuse, et dans différents endroits on constatait des taches exsudatives blanchâtres.

Cette forme d'altération rétinienne ressemble, de tout point, à celles que nous avons observées et décrites dans l'hémophilie. *

Dans l'anémie pernicieuse progressive, l'apoplexie de la rétine est très fréquente. Les lésions histologiques ont dans ces cas une très grande analo"ie ^vec celles de la leucémie. Il y a entre elles cette simple différence que les înfarctus siègent dans les capillaires et non dans les petits vaisseaux

F Leucémie ou leucocythémie. chez quelques-uns de ces malade- Liebreich a constaté une forme particulière d'inflammation de la rétine, qu'il â

GAI.EZOWSKI, 3" édit.

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appelée rt'tinile leucémique. Peiriii a rapporté un cas des plus intéressants de rétinite leucémique. A en juger d'après les faits connus, la papille, dans celte affection, est pàle, entourée d'une légère infiltration séreuse; les veines présentent de nombreuses varicosités, et les artères sont ténues et claires. Sur les parties périphériques de la réline ainsi que dans la région de la macula, on a constaté de nombreuses taches hrillanles et blanchâtres, entourées ou nond'un'^ auréole rouge.

Dans le premier cas, les plaques blanches sans mélange de rouge sont la manifestation d'une sclérose des fibres nerveuses. Dans le second cas, les plaques environnées d'une couronne rougeâtre sont constituées par un amas de leucocytes entourés d'une zone d'hématies.

Poncet a trouvé la papille tellement infilli^ée de globules blancs que ces derniers s'aplatissaient complètement dans la gaine lymphatique des vaisseaux. L'éminent auteur n'admet pas l'opinion qui fait des foyers leucocytiques des néoplasmes lymphoides. Ce tissu n'existe pas plus dans la rétine que dans la choroïde .

Il arrive quehiuefois que la maladie prend les caractères d'une vraie névrorétinite, comme cela est arrivé chez une malade de Tillaux, à l'hôpital Sainl- Louis, qu'il nous a été permis d'examiner. Les contours de la papille étaient chez cette malade complèiement masqués par une exsudation. Les vaisseaux étaient tellement développés qu'ils avaient plus de quatre fois le volume normal. Par places, sur la rétine, on voyait des taches rouges hémorrhagiques. Les vaisseaux étaient bordés d'exsudations blanchâtres.

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