‹ Traité des maladies des yeuxChapitre 158 sur 251 · RÉTINITE SYPHILITIQUE · texte numérisé non relu

RÉTINITE SYPHILITIQUE

Jusqu'à présent les auteurs ne sont pas bien fixés sur la question de savoir si c'est la rétine ou la choroïde qui est primitivement attemte dans la rétin.le

'^''Dt^wrlspère, Follin et les auteurs anglais pensent que la rétine est presque toujours accompagnée d'une choroidite. Mes propres observations m ont permis j

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de constater, dans la majorité des cas, l'exactitude de celte opinion ; mais j'ai également eu l'occasion de voir des cas de rétinite qui n'avaient amené aucune altération du côté delà membrane vasculaire.

Bon nombre des rélinites ordinairement décrites comme rétinites parenchymaleuses sous le nom de rétinites postérieures circonscrites, rétinites péri-vasculaires, rétinites à -plaques exsudotives isolées, sont des rétinites sypbilitiques ; mais dans ces cas les signes ophthalmoscopiques ne diffèrent pas sensiblement do ceux qui se développent sous l'influence d'autres causes. Ce n'est qu'en s'appuyant sur des données étiologiques, ainsi qu'en écartant par voie d'exclusion les autres causes probables, que nous pourrons arriver à faire un diagnostic exact. Voici les signes principaux :

^ i. La rétinite syphilitique débute, le plus souvent, lentement; les malades s'aperçoivent peu à peu qu'ils ont une certaine difficulté à continuer leurs occupations, surtout à l'approche delà nuil.

^ 2. Une autre forme de rétinite syphilitique débute d'une manière brusque : c'est celle qui occupe la macula. Le scotome central recouvre les objets que l'on veut fixer.

3. Ce qui tourmente le plus les malades, ce sont des photopsies et chrupsies. A tout moment, le jour comme la nuit, les yeux ouverts aussi bien que fermés, ils voient des feux de différentes couleurs, des éclairs, des globules lumineux et quelquefois de vrais feux d'artifice.

4. Au début de l'affection, la vision centrale n'est que légèrement affaiblie, et les malades lisent les caractères des n^^ 4 ou 6 de l'échelle de Giraud-Teulôn. Mais si la macula est envahie par l'apoplexie ouïes exsudations, l'acuité visuelle est sensiblement émoussée, malgré l'intégrité parfaite du champ visuel périphérique.

Il arrive pourtant bien souvent que le malade, en fixant atlentivement pendant quelques instants un livre, parvient à distinguer les plus fins caractère^souvent û n'en voit que deux ou trois lettres, un mot ou la moitié d'un mot' immédiatement à côté une tache lui masque le reste des caractères.

5. La pholophobie est par moments très grande, et les malades sont complètement éblouis par le grand jour.* Il en est de môme lorsqu'ils passent d'un endroit clair dans un milieu sombre, et vice versd; ils sont forcés, pendant queltemps, de rester les yeux fermés avant de s'habituer à la lumière.

6. Un des phénomènes les plus curieux et les plus importants pour le diagnostic de la rétinite syphilitique, c^est la cécité partielle des couleurs. Ainsi, lorsqu U s agit des couleurs composées, comme le vert ou le violet, les malades i.e perçoivent qu une des couleurs primitives qui les composent; d'autre part le jaune leur parait blanc, et le bleu devient gris ou verdàtre. Un de mes malades versant du vin de Bordeaux dans un verre était très inquiet de voir le lia id presque incolore, le vin lui semblait blanc. i« Jiqume

d^ltrtT'"'" 1 ''''' f""" '^"^ l'«^'P^-«^^'°» de l'altération de la rétine ou du nei optique de quelque nature qu'elle soit. Il peut aussi exister dans une choroid.te syphditique ; son absence, au contraire, dans cette dernière maladie nous servira de preuve que la rétine n'est point malade ' /. Al'ophthalmoscope, nous avons constaté la rétine tantôt seule malade d rcho™'"' ' "'^"'^^ ''''''' ^'-^ et méni^

8. Habituellement, lu pupille ne présente qu'un trouble léger, mais tout autour d'elle et le long des vaisseaux on remarque des exsudations blanchâtres, tantôt longeant ses parois, tantôt situées ticôté d'eux. Quelques-unes des branches veineuses sont rompues et masquées par des taches ecchymotiques nombreuses disséminées tout le long d'elles.

9. Les taches apoplectiques n'ont rien de caractéristique. Ce sont ordinairement des branches veineuses qui se rompent; les artères ne présentent pas d'altération.

10. Dans le voisinage des apoplexies, la rétine est très souvent infiltrée. On trouve aussi des taches exsudatives plus ou moins larges et sans qu'il y ait la moindre trace d'hémorrhagie. Ces taches sont blanches, très étendues, et occupent souvent une large surface de la partie centrale et postérieure de la rétine.

On reconnaîtra facilement les taches exsudatives des atrophies choroïdiennes par leurs contours diffus, et par l'absence ou la présence du pigment accumulé au voisinage.

11. Quant à la choroïde, elle peut rester intacte pendant tout le temps que dure l'affection. Dans d'autres circonstances, l'affection peut successivement envahir la choroïde et l'iris; j'ai vu même, dans un cas, la kératite interstitielle se développer en même temps que l'iritis à la suite de la rétinite syphilitique.

12. Dans quelques cas, le nerf optique seul est affecté; tout le reste de la membrane nerveuse semble n'éprouver aucun changement appréciable. On remarque que les contours de la papille sont infiltrés; la papille elle-même est fortement injectée. Les vaisseaux sont très tortueux et variqueux. Mais cet état ne dure pas longtemps, et il est bientôt suivi, soit de choroïdile, soit ■de rétinite.

13. De Graefe a décrit une forme particulière de rétinite centrale à récidive, qui se localise spécialement dans la région de la macula. Elle est accompagnée d'un scotome central, avec conservation pendant longtemps du champ visuel périphérique. Quelquefois j'ai vu toute la partie centrale du champ postérieur de la rétine occupée par l'exsudation grisâtre, Umitée par des bords bien tranchés.

Ces rétinites centrales se compliquent quelquefois d'accès inflammatoires des plus violents, avec photophobie, douleurs ciliaires et rougeur périkératique. La vue se perd alors complètement pour tout le temps que dure l'accès. L'examen ophthalmoscopique démontre, dans cette période, un trouble général du fond de l'œil, dépendant d'une choroïdite aiguë syphilitique.

Une fois j'ai pu observer, dans une rétinite syphilitique, une infiltration périvasculaire et des épanchements sanguins disséminés sur les différentes parties du segment postérieur de la rétine.

Mais il arrive très souvent qu'une rélinite syphilitique est accompagnée ou suivie d'une iritis; ou bien un œil est atteint de rétinite pendant que l'autre porte des traces d'iritis. C'est, pour moi, le caractère pathognomonique de l'affection syphilitique. . • j i

14. Les taches exsudatives s'étendent quelquefois à la périphérie de la reline, et amènent un rétrécissement notable du champ périphérique. Dans d'autres cas, le malade perd la vision centrale par suite d'un scotome central plus ou moins large, occasionné par une exsudation de la 7nacula.

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