EMBOLIE DES VAISSEAUX RÉTINIENS
à 1 embolie de l'artère centrale. Quelques heures ou quelques jours après le début, il se forme dans cette région un nuage grisâtre, épais, qui devient à la longue de plus en plus opaque. Ce nuage blanchâtre se compose d'une quantité de petits points blanchâtres que de Graefe avait signalés, et que j'ai pu voir sur deux de mes malades. Au centre même de cette infiltration, on remarque habituellement une tache rouge bien limitée, d'un volume très varié.
Fig. 349. — EmboUe de l'artère centrale de la rétine, d'après de Graefe.
En haut et en bas de la fossette centrale, on distingue bien souvent, surtout au début de la maladie, de nombreux vaisseaux capillaires fortement engorgés, -disposés parallèlement les uns aux autres et se dirigeant de haut en bas. °
Sielï'an, Fano et Just ont vu des hémorrhagies se produire dans les différentes régions de la réline, surtout vers le bord interne de la papille ou dans la macula elle-même. Pourma part je les ai vues apparaître dans la période régressive de la maladie au bout de dix ou quinze jours.
Nous devons aussi signaler l'existence d'une tache rosée et ovale s'étendant dans les premiers jours de la maladie, entre le bord externe de la papille et la macula, et qui peut simuler une ecchymose. Il m'est arrivé d'observer un fait de ce genre. L'examen à l'image droite m'avait permis alors de constater que la partie rouge n'était point infiltrée ; elle étail au contraire complètement Irans parente, et laissait apercevoir dans toute cette élenduela choroïde rou^e oui par contraste avec la réline infiltrée au voisinage, se présentait comme un énanchement de sang. On discute encore sur la nature de celfp i-^oh^ r • i pense que celle plaque rouge est produite par la eUofoïde rouge'vue à" le fond 1res mince de la fovea et au milieu du nuage blanc laiteux qui envahit cette dern.ere Fuchs de Liège et Leplat (1883) ont vu des cas qui leur fo penser a une bémorrhogie.
Sitines foMliOMMfe. - L'embolie de l'artère centrale se déclare babituellement d une manière brusque; le malade s'aperçoit qu'an voile épais couvre oùda ..emenl ses jeu., et quelques minutes après la vue est abolie dans un œîl
Ordinairement la cécité est complète, elle dure quelques jours, et ce n'est que plus tard qu'une partie excentrique du champ visuel se rétablit, mais à un degré tellement faible, qu'elle ne peut être d'aucune utilité pour le malade. Dansd'autres cas plus rares, l'amélioration est beaucoup plus sensible et se traduit par le recouvrement de la vue dans la moitié externe du champ visuel ou bien dans une certaine limite de la portion centrale.
Artères dites cilio-rdliniennes. — Comment se rétablit la circulation dans les cas heureux? Esl-ce par les rameaux dits cilio-rétiniens, c'est-à-dire des vaisseaux qui, venus du cercle ai tériel d'origine ciliaire entourant le nerf optique, apparaissent au bord externe de la papille et se rendent dans la rétine? L'existence de ces vaisseaux anaslomotiques est encore un sujet de controverse. Millier, Neltleship, Sclileich, en ont dessiné ou observé des exemples grâce à l'ophthalmoscope. Schnabel et Sachs nient la présence de ces rameaux ciliorétiniens. Birnbacher, Benson et Leplat (1885) ont publié des observations où une portion de la rétine avait conservé ses propriétés normales grâce à l'existence d'une artère cilio rétinienne. Cependant Hirschberg a cité un fait où un rameau présentant tous les caractères assignés aux artères dites cilio-rétiniennesest devenu fdiforme après avoir maintenu pendant quelques jours Tintégrilé de son calibre. Il ne s'agirait donc, suivant Hirschberg, que d'une branche centrale émanant du tronc en arrière de l'embolus et postérieurement atteinte par l'agrandissement du bouchon, ou l'endartérite de l'artère centrale. De nouvelles éludes sont nécessaires pour trancher la question.
B. Embolie partielle. — L'oblitération d'une des branches collatérales de l'artère a été observée par Sasmisch, Hirschmann, Knapp et moi.
Elle se présente sous des formes très variées. Tantôt il n'y a qu'une branche artérielle, supérieure ou inférieure, qui soit oblitérée. On observe alors que toute la partie correspondante de la réline est trouble et légèrement infdtrée à l'artère complètement disparue ou se trouve seulement réduite en un fdament très fin ; ce qui contraste d'une manière frappante avec l'autre moitié de la papille où les vaisseaux conservent leur volume.
Cette embolie partielle laisse quelquefois la macuta intacte, et la vision centrale se conserve dans toute son intégrité. C'est ainsi qu'un malade, M. A..., âgé de vingl-neuf ans, qui me fut adressé par le professeur Lasègue, avait perdu brusquement la vue de l'œil droit quelques semaines avant de venir me consulter. L'examen m'a permis de constater que la papille était blanche dans sa parlie supérieure et l'artère réduite à une petite strie à peine distincte (fig. 350, a) ; la veine qui l'accompagne était aussi moins volumineuse que celle de la partie inférieure de la papille. Le champ visuel était aboli dans tout le champ mferieur et externe, jusqu'à 3 centimètres du point de fixation. Le malade pouvait pourtant lire le n° 1 de l'échelle typographique, quoiqu'il fût gêné dans son travail par une ombre qu'il voyait constamment à côté du point de fixation. ^
Des faits non moins intéressants se trouvent reproduits dans les figures 3ol , 352 et 353. Le premier se rapporte a un malade du docteur Vigla à l'Hôtel-Dieu, âgé de quarante-cinq ans, qui perdit la vue tout à coup au mois d'août 1869. L'examen ophlhalmoscopique m'a montré une branche artérielle oblitérée, et transformée en un cordon blanc qui se voyait aussi du côté de la macula.
La fi"ure 352 représente l'œil droit d'une malade qui a été prise soudainement d'atlaqSes cérébrales graves avec perle de la parole et de la mémoire, et de