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ALTÉRATIONS DE LA MACULA

Les altérations de la fosse centrale de la réline présentent une gravité tout exceptionnelle, à cause de l'afTaiblissement ou de l'abolition même de l'acuité visuelle, quoique par leur nature ces altérations ne diffèrent pas beaucoup de celles qui envahissent d'autres parties de la membrane nerveuse. Mais la structure de la macula étant plus délicate et ne se composant en réalité que d'éléments nerveux essentiels de la vision, on comprend que les moindres désordres qui se produiraient dans celte région amèneront une perturbation de la vue beaucoup plus graude que les altérations de toutes les autres portions de la réline.

Il n'est pas toujours facile de reconnaître les altérations de la macula, surtout à leui- début; cette difficulté tient à la position de la fosse centrale dans le pôle postérieur de l'œil, qui se trouve toujours masqué par le reflet de la cornée. Mais en suivant les indications que nous avons développées plus haut, on arrivera à vaincre les difficultés, surtout si la pupille a été préalablement dilatée.

Le diagnostic de ces altérations devient encore plus facile lorsqu'on prend en considération les signes fonctionnels qui s'y rattachent plus spécialement.

Examinons successivement tous ces symptômes, et voyons ce qu'il y a de pathognoinoniquc dans les maladies de cette région :

ALTÉIUTIONS DE LA MACULA. GoO

Si/mptomotûlogie. — \. Scotome cenIraL — Le malade remarque habituellement une tache plus ou moins foncée, plus ou moins large, qui se place constamment sur l'objet qu'il veut regarder. Cette lâche est tantôt pâle, blanchâtre, presque transparente; tantôt elle est rouge ou tout à fait noire. Ses contours sont assez nettement accusés, et le malade peut en dessiner la forme exacte. Quelquefois elle est ronde; dans d'autres cas, elle a une forme carrée, triangulaire ou échancrée. Ordinairement elle est fixe et ne se déplace point.

Un fait particulier s'observe dans ce scotome : c'est qu'il est d'autant plus grand qu'on regarde plus loin, et qu'il diminue de volume à mesure qu'on le voit de plus près. Il n'y a que les affections de la macula ou certaines formes d'atrophie commençante de la papille qui peuvent donner lieu à de pareils troubles.

Par suite de cette altération, le malade a souvent de la peine à trouver les petils objets vers lesquels il veut diriger ses yeux. En regardant de côté, il les voit bien ; mais dès qu'il veut les prendre et qu'il arrête l'œil sur ces objets il ne les retrouve plus. Bien entendu, ce fait ne se remarque que chez les personnes dont l'autre œil est tout aussi faible.

Je connais un malade, le prince L..., qui, à la suite d'une exsudation large de la macula gauche et d'atrophie choroïdienne de la macula droite ne peut nen regarder ni voir avec précision. 11 marche et se conduit dans les rues facilement; mais dès qu'il fixe les yeux sur quelque chose qu'il cherche, par exemple le numéro de sa maison, il a la plus grande peine à le Irouver : souvent il a déjà dépassé sa demeure, quand le numéro de la maison lui apparaît sur le côte; il le cherche de nouveau, et de nouveau il ne le retrouve pas.

2. Métamorphopms. — Les exsudations qui se déclarent entre la rétine et la choroïde, et les atrophies choroïdiennes de la macula, soulèvent par places la rétine, et produisent des troubles particuliers dans la vue, appelés métamorphopsies. Les objets paraissent défigurés, tordus; les lignes droites paraissent courbes ou en zigzag; les lettres sont brisées et interrompues par places

Fig. ;ja9. - Déformation des caractères et des ligues droites.

(flg. 3b9). Un de mes malades se plaignait de ce qu',1 ne voyait aucun obiel droit; sa canne droite, qu'il portait depuis longtemps, lui paraissait muiio d une crosse. En allant à la halle pour chercher des provisions, il (^J^Znl étonne de prendre les bottes de radis, par exemple, pour des bottes de carotte Ces symptômes sont palhognomoniques des malaJi.s de lu macula On oh"

serve, il esL vrai, de pareils phénomènes dans les décollements de la réline; mais dans ce dernier cas la nit^tamorpliopsie est due au soulèvement de la rétine dans la macula, produisant là une sorte de pli qui brise l'image.

3. Perte subite de la vision centrale. — Les all'ections do la macula se déclarent le plus souvent d'une manière brusque,' et les malades accusent une perle subite de la vision centrale. Si le malade regarde un objet avec l'œil affecté, il aperçoit ses bords et ses contours sans distinguer le centre. 'Cela s'observe surtout dans les apoplexies qui se déclarent, soit isolément dans la macula, soit dans les rétinitos albuminuriques.

11 est digne de remarcpie que la rétinite albuminurique'peut durer des mois entiers san« amener de troubles de la vue et sans que le malade s'en doute; mais il suffit qu'un épanchement survienne dans la macula pour que la vue se perde, et c'est alors seulement que le malade viendra consulter.

L'bémorrhagie survient quelquefois la nuit, dans la macula d'un seul œil, pendant que l'autre reste intact ; l'alTection peut passer inaperçue pendant quelque temps, comme l'avait remarqué Métaxas.

Dans les affections syphilitiques, la vue centrale se perd souvent aussi instantanément .par suite d'une exsudation maculaire. Tout au contraire, les atrophies choroidiennes de cette région qui se développent chez les myopes marchent ordinairement lentement, et le trouble de la vue s'accuse progressivement et petit à petit.

4. Dysckroinatopsie pathologique. — La perversion de la faculté chromatique s'observe aussi chez quelques personnes qui présentent des altérations dans la région de la-macula. Ce phénomène est dû à l'altération des cônes qui entrent en grande partie dans la composition de cette région; et comme ce sont des éléments essentiels de la perception colorée de l'œil, on comprend aisément que leur désorganisation entraîne des troubles du sens chromatique. L'observalion m'a démontré pourtant que, pour que la cécité des couleurs existe, il faut que l'altération occupe une certaine étendue de la rétine. Un de mes malades, atteint d'atrophie- choroïdienne et d'exsudations de ilamiacula, ne pouvait distinguer le ronge-carmin du jaune, et ile vertildi paraissait jaune. D'autres malades reconnaissent cependant les couleurs des numéros 10 et 15 de mon échelle chromatique, mais, ils confondent les nuances secondaires (n^^ o et l) elles couleurs composées.

Différentes variétés d'altérations de la macula. — îLes signes fonctionnels ne peuvent que, nous lîaeiliter :1e diagnostic, mais 'on ne pourra en défuiitive statuéi^'^suriki iiaturetde ^la inmkdie qii'apr^^ l'œil h

l'aide de rophtliàimoscope.

Différentes ^altérations peuvent prodiiire'tles signes analogues;» ceux que nous venons de signaler : les unes-sonl primitivement; développées dans la membrane nerveuse, les autres n'envahissent celte dernière qu'après avoir préalablement altéré la choroïde. Voici les maladies les' plus fréquentés dé la madula :

A. Apoplexies de la. macula. — Habituellement les épanchements sanguins, qui occupent la région de la macula, proviennent d'un vaisseau capillaire quelconque, rompu au voisinage de cette région. Il se passe alors des phénomènes très variés selon la quantité de sang épanché et les couches- de la rétine qu'il va atteindre. Bien souvent le sang épanché s'étale entre la membrane hyaloïdienne et la limitante interne ; là il se creuse une sorte de loge, et il recouvr.-

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