CHAPITRE II
MODE D'EXPLORATION DE LA CnOROlDE.
Les lésions de la cliroroïde ne peuvent être diac;nostiquées exactement pendant la vie qu'au moyen de l'ophthalmoscope. Mais il n'en est pas moins vrai que certaines choroïdites se traduisent par des symptômes fonctionnels par raugmenlation ou la diminution de la tension de l'œil, le changement de coloration de la sclérolique et de l'iris, etc., symptômes qui peuvent jusqu'à un certain point indiquer la nature de l'affection.
A. Examen ophthalmoscopique. — Les conditions de l'exploration de la choroïde avec l'ophthalmoscope sont les mêmes que celles qui sont nécessaires pour , examen de la réline. On doit chercher d'abord la papille du nerf optique et après avoir soigneusement noté la coloration du fond de l'œil tout autour deUe, on se dirige le long des vaisseaux principaux de la rétine jusqu'à l'ora serrata; on observe tout ce qu'il y a de particulier dans leur voisinage soit dans la coloration de la choroïde, soit dans la disposition des vaisseaux' cho-
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roïdiens et de son pigment. Cette exploration une fois terminée, on recommande au malade de regarder en haut et en bas, h droite et à gauche, et l'on s'assure si l'on ne trouve pas dans les parties périphériques du fond de l'œil quelques taches pigmentaires noires ou blanches exsudalives, qui indiqueraient une altération du cercle ciliaire.
L'examen du corps vitré au moyen d'un simple éclairage avec le miroir, en permettant d'y constater les moindres opacités ou flocons, facilite souvent le diagnostic de l'affection choroïdienne, puisque ces flocons ne sont le plus souvent que la conséquence des maladies de la choroïde.
B. Examen de l'acuité visuelle et du champ périphérique. — Les affections de la choroïde amènent à leur début beaucoup moins d'affaiblissement de la vision centrale que les maladies de la rétine ou du nerf optique; il n'y a que les altérations de la région de la macula qui soient suivies d'un affaiblissement immédiat de la vision centrale. Mais avec les progrès des maladies choroïdiennes, l'acuité visuelle diminue progressivement et se termine même parla cécité.
Les exsudations périphériques peuvent amener une diminution partielle du champ périphérique sans atteindre sensiblement la vision centrale.
C. Ophthalmotonométrie. — On sait depuis longtemps que la tension du globe de l'œil peut varier d'une manière notable, tant dans les yeux normaux que dans les yeux atteints de différentes affections choroïdiennes. C'est ainsi qu'un œil myope a une autre densité qu'un œil emmétrope ; dans une irido-choroïdite, l'œil devient à la longue tout à fait mou, tandis qu'il est dur comme une bille de marbre dans le cas de glaucome ou d'hydrophthalmie.
Il est donc d'une grande importance de pouvoir indiquer d'une manière précise si la densité de l'œil est normale ou modiflée dans l'un ou l'autre sens.
Deux moyens peuvent être employés dans ce but, la palpation de l'œil avec le doigt et l'examen avec le tonomètre.
1. Palpation. — Le moyen pratique est le suivant : après avoir recommandé au malade de fermer doucement les yeux, on appuie légèrement avec la pulpe des deux pouces sur les deux yeux, puis on roule successivement la paupière circulairement sur le globe de l'œil. Par ce moyen, on arrive à se rendre facilement compte si l'un des globes est plus dur que l'autre, si la densité est physiologique ou pathologique.
2. Ophthalmotonomètres. — Le professeur Donders (1) a fait construire un instrument destiné à mesurer la tension du globe, et il lui a donné le nom d'ophlhalmotonomètre. C'est une sorte de petit manomètre muni d'un cadran avec une aiguille, auquel est adapté un petit bouton que l'on appuie sur la sclérotique. Le nombre de degrés représenté parles chiffres indique jusqu'à quelle profondeur le bouton se laisse enfoncer dans la sclérotique et quelle est la force de résistance.
Quelques années plus tard, Henri Dor (2) fit construire un autre instrument. Au moyen de cet appareil, il est arrivé à démontrer que la tension normale de l'œil correspond à 27 ou 28 grammes de tonomètre, soit de 40 à 50 millimètres de mercure.
(1) Donders, Sur l'opht ha /motonomètre {Annales d'oculis tique, t. LI. p. 264; et Klinische MonalsbL, 18C3, octobre et novembre).
(2) Dor, Présentation d'un instrument pour la détermination de la tension oculaire {Compte rendu du Co?igrôs ophthabno/ogique. Paris, 1868. p. 161).