RÉFRACTION DE L'ŒIL
la rétine, va s'éloigner de plus en plus en arrière du centre optique, et tombera en 6', l'image ne sera plus nette sur la rétine, mais chacun de ses points sera remplacé par un cercle de diffusion.
Fig. 408. — Déplacement du foyer suivant les distances de l'objet observé.
La même chose aura lieu avec les rayons partant d'un objet placé en c, l'image de cet objet se dessinera encore plus loin en arrière de l'œil, en c' ; la réline, au contraire, n'aura qu'une impression confuse de cet objet. Cette confusion de l'image ne peut disparaître que lorsque le cristallin aura pu subir des changements rapides de courbures, devenir plus convexe et ramener le foyer constamment sur la rétine, tant pour les objets plus rapprochés que plus éloignés.
La faculté que possède l'œil de changer la courbure du cristallin pour distinguer nettement les objets situés à des distances différentes est appelée accommodation. M<iis avant d'étudier l'accommodation, c'est-cà-dire la réfraction dynamique ou facultative, il importe de dire quelques mots sur la mesure de l'évaluation métrique de la réfraction oculaire fixe.
, Evaluation métrique de la réfraction oculaire. — Valeur de la dioptrie. — L'état de la réfraction statique de l'œil emmétrope ou amétrope peut, nous avons vu, être représenté par une lentille ayant la même force dioptrique que le système lenticulaire de l'œil. La valeur réfringente de cette lentille est, on le sait, en raison inverse de sa longueur focale.
Jusque dans ces derniers temps on exprimait cette valeur par une fraction dont le numérateur était l'unité et le dénominateur la longueur focale de la lentille mesurée en pouces.
Ce mode de mensuration avait de nombreux inconvénients. Il laissait persister des mesures qui n'étaient plus en rapport avec le système métrique ; de plus le pouce, le pied, ayant une valeur variable suivant le pays, toute entente internationale en ophtalmologie restait impossible.
Grâce aux efforts de Javal, Nagel, Porro, et surtout Monoyer, après plusieurs années d'hésitations, on finit par adopter comme unité de mesure la lentille ayant un mètre de foyer. Cette unité de mesure reçut le nom de dioptrie.
La dioptrie est donc l'unité de mesure appliquée au système lenticulaire de l'œil et représentant le pouvoir réfringent d'une lentille ayant un mètre de foyer
Le numéro de la lentille en dioptries ne donne plus maintenant la distance focale, mais il est très facile de la trouver en se rappelant que la distance fo-
i7'74 RÉFRACTION ET ACCOMMODATION.
cale est l'inverse de la force réfringente, force que représente la mesure
dioplrique. Soit par exemple une lentille do 2 D ou - m; sa distance focale
i 100 ccnlîm. ^, , . ,1 est - m. ou = 0»»,b0. De môme 0 D correspond à - = 0«',10. -
Réciproquement, pour évaluer le nombre de dioptries correspondant à une distance focale donnée, ce nombre, qui est l'inverse de la longueur focale, sent fourni par une fraction dont le numérateur aura 1 mètre ou O^jlOO et le dénominateur la distance focale.
Veut-on obtenir le nombre de dioptries correspondant à une distance fa-
cale de 0'",25, nous dirons — — ou -ttt = 4 D.
; En général si une lentille a pour longueur focale une fraction de mètre représentée par n, sa valeur réfringente sera ni).
V Pour faciliter la mémoire on peut résumer ce que nous venons do dire par les simples formules suivantes : . , .
Appelons d le nombre do dioptries et fia distance focale; nous aurons :
"=? f=li ''•^•='-
La dioptrie est affectée du signe -}- pour les lentilles à foyers réels ou convergentes et du signe — pour les lentilles à foyers virtuels ou divergentes. • Transformation de l'ancien système de numérotage des verres en dioptries.
Autrefois on exprimait en pouces la distance focale des lentilles et ce nombre de pouces servait au numérotage des verres. Un verre convexe n" 18 ■par exemple était formé d'une lentille de 18 pouces de foyer. " Aujourd'hui on a pris pour unité la lentille d'un mètre de foyer; or un TOètre correspond à peu près à 36 pouces, donc :
- 1° Pour trouver le nombre de dioptries correspondant à un numéro donné de l'ancien système, il suffît de diviser 36 par le numéro du verre. Si l'on veut, •par exemple, savoir combien de dioptries représente l'ancien numéro 18 en
^divisant 36 par ce nombre on trouve — = 2 U.
■ 2'» Réciproquement, pour trouver le nombre de l'ancien système qui correspond à un nombre donné de dioptries, il suffira de diviser par 36 ce
nombre de dioptries. Ainsi 4 D correspondent à l'ancien n° 9 = j^j. De
. . ... 73/100 7o__ ^ g meme0,/oD= -gg— - gg^y - 45 m
. Du reste nous donnons à la fin de ce volume un tableau mettant en regard ■les valeurs correspondantes des deux systèmes.