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ACCOMMODATION DE L'ŒIL

enchevêtrées avec des fibres longitudinales, se courbent dans plusieurs endroits en forme d'anses et deviennent longitudinales.

Le muscle ciliaire reçoit les nerfs du ganglion ophtlialmique. Dix à quinze de ses filets traversent la sclérotique au pourtour du nerf optique, cheminent entre la slérotique et la choroïde, et se distribuent dans le muscle ciliaire, l'iris et la cornée. Dans le muscle ciliaire, ils forment un riche plexus, qui lui donne son innervation. Les contractions.de la pupille, de même que les contractions du muscle accommodateur, dépendent des libres de la troisième paire, tandis que la dilatation de la pupille et le relâchement du muscle accommodateur se font à Taide des filets nerveux du grand sympathique.

Mécanisme du muscle ciliaire, d'après HelmhoUz. — Le mécanisme de ce muscle paraît très complexe, si l'on juge d'après l'explication que nous donne cet éminent physicien. Voici cette opinion (1) : « Le cristallin, dit-il, dans l'état de repos est tendu par la zonule qui s'insère à son bord. Lorsque le muscle ciliaire se contracte, il peut, en faisant avancer l'extrémité postérieure de la zonule, la rapproclier du cristallin et en diminuer la tension. La tension de la zonule doit avoir pour effet d'augmenter le diamètre du cristallin, d'en dimmuer l'épaisseur ainsi que la courbure de chacune des deux faces. Faisons intervenir, de plus, la pression de l'iris, et le milieu du plan qui passe par l'équateur du cristallin se portera en avant; par suite, la courbure de la face antérieure augmentera, et celle de la face postérieure diminuera, de manière à pouvoir redevenir à peu près ce (lu'ollc était dans le cristallin disposé pour la vision à distance. »

Opinion de i auteur. — ?^e\on nous, les deux portions du muscle accommodateur ont une action distincte. Les fibres circulaires, en se contractant, pressent par l'intermédiaire du cercle ciliaire et du canal de Petit sur la grande circonférence du cristallin, ce qui nécessairement rend son diamètre antéropostérieur plus long. Pendant ce temps les fibres longitudinales qui emboîtent le corps vitré tout entier, en se contractant, condensent cette humeur et empêchent par cela même que le cristallin, qui augmente d'épaisseur, se porte en arrière. Par l'effet de cette dernière action, la surface postérieure du cristal lin reste sur place, et il n'y a que sa face antérieure qui se porte en avant. Ce résultat était indispensable pour l'accommodation ; il faut en effet que la distance entre la rétine et le cristallin reste invariable, si l'on veut que le foyer puisse être amené pendant l'accommodation sur la rétine.

• Deeren dans une étude récente (1885) s'est rangé à cette théorie.

• D'après les récents travaux de Schmit Rimpler (1880) le temps nécessaire i^our accommoder l'œil aux plus petites distances et pour produire le relâchement complet de l'accommodation varierait entre 2 secondes 40 et 2 secondes 72

Amplitude d'accommodation. — D'après ce que nous avons vu plus haut, un œil emmétrope, par sa conformation optique, peut voir les objets placés à de très grandes distances sans aucun effet d'accommodation. Les objets rapprochés ne peuvent plus être vus qu'cà l'aide de la fonction accommodatrice, et plus 1 objet est rapproché, plus il y aura nécessité d'user de ce pouvoir Mais pour une certaine distance très rapprochée de l'œil, l'accommodation est incapable d augmenter davantage la courbure du cristallin, et l'objet ne peut

(I) Helmhoitz, Optique physiologique, p.

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être vu que d'une manière confuse. Cette dislance ne dépasse pas dans le jeune ilgc clicz l'œil emmétrope 8 à 9 centimètres, c'est donc à cette distance que se trouve le point le plus rapproché de la vision distincte. On l'appelle punclum proximum, en le désignant par la lettre p. Le point le plus éloigné de la vision distincte est désigné par la lettre r, punclum r a raotum, ou remotissimum. La distance entre la limite extrême éloignée r et le point le plus rapproché constitue Vamplitude accommodation.

On désigne généralement par - l'amplitude d'accommodation. Elle peut

être définie en chiffres, d'après la formule que nous avons développée ])lus

haut et qui est celle-ci : - = • Ici A est la distance focale d'une

A jp »•

lentille auxiliaire dont se servirait l'œil s'il voulait l emplacer par celle-ci sa force d'accommodation.

Chez Vemmétrope, le pnnctum remotum r étant à l'infini, l'amplitude de

l accommodation := - — — ou v = " A ?j °° A p

Supposons en effet que cet emmétrope distingue, avec maximum d'effort

d'accommodation, un objet à la distance de 0°»,10, nous aurons r=cc , p=0,10

ou ^ = ~ = c'est-à-dire que la lentille auxiliaire qu'il aurait fallu

placer devant l'œil accommodé pour l'infini afin de lui faire distinguer l'objet au punctum proximum aurait une puissance dioptrique de et par conséquent un foyer de 10 centimètres.

Chez le myope le punctum remotum n'est plus à l'infini. Supposons que, dans ce cas, le point le plus éloigné de la vision distincte soit à 0°,.oO et le plus rapproché à 0'^,20, l'amplitude de l'accommodation deviendra 1

i i i — — L, c'est-à-dire de 0'",30 de foyer ou 3'»,33 dioptries.

A ~ 0,20 0,m 0,30 Le calcul est le même pour V hypermétrope, avec cette différence que l'œil étant

adapté pour des rayons qui convergent en un point situé derrière la rétine, -

devient négatif et doit par conséquent, d'après la formule, être ajouté a

Pour mesurer exactement la distance du point le plus éloigné et le plus rapproché de la vision distincte, on se sert habituellement des échelles typographiques de Giraud-Teulon ou de Snellen, qui sont composées de telle sorte que le caractère n" XX doit être vu par un œil normal à vingt pieds, ainsi de suite. Pour le point le plus rapproché, les caractères fins des mêmes échelles peuvent être utilement employés, ou bien les optomètresde Scheiner ou de de Graefe, qui contiennent des fils de fer tendus dans un cadre à des distances égales. En rapprochant un de ces optomètres de l'œil jusqu'à ce que les caractères se confondent ou que. les filets disparaissent, on a la distance du point le plus rapproché (1).

Accommodation binoculaire. — Un objet placé à une grande distance peut être

(!) Hjort, Kliîiische monalsh. f. augenheUkunde, t. XIV, p. 205.

PRESBYTIE. — CHOIX DE LUNETTES. '^81

vu de la même façon et avec la môme puissance d'accommodation, avec un ou les deux yeux. Mais il n'en est pas de même lorsqu'il s'agit de voir un objet rapproché ; un œil seul pourra voir beaucoup plus près que les deux yeux à la fois. Cela s'explique par la limite de la convergence des deux yeux, et pendant qu'un œil seul peut user de son accommodation d'une manière complète dans la vision monoculaire, cette fonction sera forcément limitée par la convergence de deux yeux.

Il y a donc entre la force d'accommodation et le degré de convergence de deux yeux, un certain rapport que Donders a démontré d'une manière saisissante par des tableaux schématiques.

On distingue encore l'accommodation positive et négative. Lorsqu'on place des caractères ordinaires à une très petite distance de l'œil, on ne pourra les lire que pendant quelques instants, après quoi l'œil se fatigue. Mais si l'on éloigne un peu ces caractères de l'œil, on les lira plus longtemps et sans fatigue. Dans le premier cas l'œil aura usé tout son pouvoir d'accommodation, et il n'y aura qu'une accommodation négative; tandis que dans le second il ne se sera servi que d'une portion relativement faible de cette force, et l'on aura ainsi l'accommodation positive, qui est encore disponible.

L'œil évite ordinairement la fatigue et cherche à se placer dans de telles conditions, qu'il n'use qu'une partie de sa force d'accommodation. A cet effet, on a l'habitude de tenir les caractères qu'on peut voir distinctement, non pas au point le plus rapproché, mais à une certaine distance qui n'est ni trop éloignée ni trop rapprochée. C'est la distance moyenne de la visioii distincle, qui est en général, pour l'œil emmétrope, de 25 centimètres.

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