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Schéma de la capsule de Tenon

Coupe verticale d'après Motais (*).

8. Aponévrose orbito-oculaire ou capsule de Tenon. — Elle est constituée par une membrane fibreuse provenant d'un déboublement du périoste. Tenon (1) le premier la décrivit avec soin, puis elle a été mieux étudiée par Hélie (2) et Richet (3). Selon Sappey (4), l'aponévrose orbitaire s'irradie, au contraire, du globe de l'œil comme d'un centre, sur les muscles qui le meuvent, puis s'étend jusqu'aux parois de l'orbite et aux bords adhérents des paupières.

Quant à la portion orbitaire ou pariétale, c'est-à-dire au périoste, que Richet regarde comme formant un feuillet externe de la capsule de Tenon, Sappey s'élève contre cette manière de voir, en mettant en lumière toutes les raisons qui empêchent de confondre un périoste avec une aponévrose. Tillaux (5) a parfaitement montré toutefois qu'au point de vue topographique et chirurgical, la continuité était bien établie entre le feuillet périostique, le feuillet oculaire, et les expansions musculaires. Enfin Motais (d'Angers) (6) a démontré dans un ouvrage remarquable que les ailerons antérieurs, expansions aponévrotiques des gaines musculaires, ne sont que des renforcements d'un diaphragme fibreux ininterrompu, et non pas de simples bandelettes isolées.

En résumé le périoste orbitaire, en sortant du trou optique (fig. 442), tapisse la. cavité orbitaire jusqu'à sa base ; là, il se dédouble en deux feuillets, l'un qui se porte en haut sur le front et en bas sur l'os maxillaire, et l'autre qui s'engage dans l'épaisseur de la paupière jusqu'au tarse, pour constituer son ligament suspenseur. En se réfiéchissant sur elle-même, la capsule double le cul-de-sac conjonctival, se porte sur le globe de l'œil en avant, jusqu'au voisinage de la cornée. Ici elle revient denouveau sur elle-même et se porte eu arrière pour i-ecouvrîr l'hémisphère postérieur du globe, auquel elle n'est unie que par un tissu cellulaire lâche. Arrivée vers le nerf optique, elle s'épaissit rapidement, et se confond intimement avec la gaine externe^ qui peut être considérée comme sa continuation directe.

11 résulte de cette exposition que l'aponévrose orbito-oculaire forme une sorte de cavité close postérieure qui renferme le tissu cellulo-adipeux, les muscles de l'œil, les vaisseaux et les nerfs. En avant de cette aponévrose se trouve une autre cavité qui est uniquement occupée par le globe de l'œil. Les muscles de l'œil ?n) sont

(1) Tenon, Mém. d'anal, et de phi/sioL, 1806, p. 200.

(2) Hélie, thèse de Paris, 1841.

(3) Richet, A7i'it. med. chirurg. Paris, 18G0, p. 326.

(4) Sappey, Traité d'anatornie descriptive, t. II, ire partie, p. 115, 1868.

(5) Tillaux, Traité d'anat. topographique, 1879.

(6) Motais (d'Angers), Analomie de l'appareil moteur de l'œil. Paris, 1887.

(*) ce, ce, ce, aponévrose ou capsule externe; cep, cep, feuillet profond de la gaine des muscles • CEM feuillet superficiel de la gaine du muscle droit supérieur; LT, LT, lamelles terminales de l'aponévrose' FS, Fb, fascia sous-conjonctival ; ci, ci, capsule biliaire ou interne ; ci', capsule interne ; c"i, capsule interne; ADl, aileron du muscle droit inférieur; 01, muscle petit oblique; DS, muscle droit, supérieur- R, muscle relcveur delà paupière; LS, ligament tarso-orbitaire supérieur; Ll, ligament tarso-orbitairê

rnT'rnN ' '^'•.«"-'"'■t"^»'- ^S, cartilage tarse supérieur; TI, cartilage tarse inférieur;

tON, CON, espace conjonctival (Motnis, pi. V).

MUSCLES DE L'ŒIL

situés dans la cavité postérieure, au milieu du tissu celluio-graisseux, et ils ne peuvent s'insérer à la sclérotique qu'après avoir franchi la capsule.

Lorsqu'on examine ces organes en détail, on voit que chaque muscle, en sortant de la capsule, est entouré, sur une certaine étendue, d'une gaine aponévrotique; c'est le prolongement de la capsule elle-même.

On comprend dès lors que, pour faire la section d'un de ces muscles, il faut ouvrir préalablement la capsule.

Deux points ont été particulièrement développés par M. Motais : d'abord la disposition continue, en forme d'entonnoir, de ces expansions antérieures que l'on regardait comme des tendons réfléchis indépendants, tendons réfléchis qui portent le nom d'ailerons et qui sont des modérateurs de l'action musculaire. Il est vrai de dire que l'épaississement considérable de cette toile aponévrotique au niveau des quatre muscles droits n'en maintient pas moins les données acquises au sujet du rôle physiologique des ailerons fibreux.

En second lieu, cet auteur a fort bien décrit la portion oculaire (d.d.) de la capsule de Tenon, portion qui doit être regardée comme une séreuse, favorisant les mouvements du globe.

Nerfs moteurs de Vœil. — Les muscles de l'œil sont pourvus de nerfs qui président à leurs mouvements. Les droit interne, droit supérieur, droit inférieur et le petit oblique, reçoivent leurs fibres nerveuses de la troisième paire, tandis que le droit externe possède le nerf de la sixième paire, et le grand oblique, le nerf pathétique ou quatrième paire. Examinons chacun de ces nerfs.

1. Nerf oculo-moteur commun {troisième paire). — Ce nerf naît, en apparence, à la

face interne du pédoncule cérébral, près de l'espace interpédonculaire.

L'origine réelle de ces nerfs est située, d'après Stilling, dans la protubérance, tout près de son bord antérieur et un peu au-dessous de l'aqueduc de Sylvlus (fig. 443, 5). Les fibres de ces deux nerfs s'anastomosent sur la ligue médiane, comme cela avait été démontré par Vulpian ; elles se portent vers la surface des pédoncules cérébraux, où elles se réunissent en un cordon nerveux. De là ce nerf se porte en avant et en dehors, chemine dans la paroi externe du sinus caverneux, au-dessus du moteur oculaire externe, en dedans du nerf pathétique et de l'ophthalmique de Willis. Il pénètre ensuite dans l'orbite en traversant la fente sphénoïdale, entre les deux tendons du droit externe. C'est dans son trajet du sinus caverneux que le nerf moteur oculaire commun s anastomose avec l'ophthalmique de Willis, et avec le grand sympathique.

Arrivé dans Torbite, il se divise en deux branches : la supérieure, qui se rend au droit supérieur et à l'élévateur de la paupière supérieure, et la branche inférieure

{•) 1, espace interpédonculaire ; 2, coupe de l'aqueduc de Sylvius ; 3, rapho médian ; 4, masses de fibres coupées transversalement et comprenant dans leurs intervalles des cellules nerveuses; ces fihres appartiennent aux pédoncules cérébelleux supérieurs au-dessus do leur décussation ; 5 racines du nerf oculo-moteur commun ; 6, noyau de ce nerf ; 7 coupe du tubercule quadrijumeau antérieur ; 8, pédoncule cérébral ; 9, substance noire {locus niger).

Fig. 443. — Origine de l'oculo-moteur commun, d'après Stilling. Coupe horizontale pratiquée à la naissance des pédoncules cérébraux (*).

Hameau du Droit Interne.]

Pédoncule Cérébral

Rameau du Releveur de la Paupière.

.Rameau du Droit Supér"^ //..Rameau du Petit Ohli^aè.

'LssL.Racine motrice du ganglion Ophthalimtjue

Rameau du Droit Sapér\

Fente Sphènoïdale.

Sinus Caverneux.

ur

Jfoyau du Muscle CiliaSre.

.Noyau du. Sphincler inen

Jfoyaa du Droit Interne.

' (du Droit Supérieur.

\du Releveur c(e la Paupière.

^.Noyau du Droit Inférieur -..Noyau du Petit Oblique.

Fig. 444. — Schéma du nerf de la troisième paire avec ses nombreux noyaux d'origine

MUSCLES DE L'ŒIL

fournissant des filets nerveux aux droit interne, droit inférieur, petit oblique et au ganglion ophthalniique. — Comme nous verrons plus loin, d'après les faits pathologiques, il doit exister un lilct spécial se distribuant dans les ûbres inférieures dû droit interne et les fibres internes du droit inférieur. La figure 444 présente le sch/'iua du nerf de la troisièms paire avec ses nombreux noyaux d'origine.

2. Nerf pathétique [quatrième paire) (fig. 445, 3). — Né en apparence au sommet de la valvule de Vicussens, derrière les tubercules quadrijumeaux, il parait provenir, d'après Vulpian, en partie du ruban de Reil et en partie du pédoncule cérébelleux

supérieur. Après avoir contourné la protubérance et la face inférieure du pédoncule cérébral, il longe le bord interne de la grande fente de - Bichat, et s'engage dans l'épaisseur de la paroi externe du sinus • caverneux, au-dessus de l'ophthalmique et en dehors du moteur r oculaire externe. 11 pénètre daasi* l'orbite par la fente sphénoïdale, , et se distribue au muscle grand 1 oblique. 11 est remarquable, d'après « Claude Bernard, par l'anastomosef qu'il offre avec la cinquième paire, que l'on peut distinguer sur la tigure 44G (P, P' A).

3. Nérf, moteur oculaire externe ■ {sixième paire).. — Il prend nais- • sance immédiateùient derrière la i protubérance, dans le sillon quii sépare cette dernière du bulbe ra-^chidien. D'après Lockhart-Clarke (I) et Duchenne (de Boulogne), ces nerfs prennent naissance réelle dans les noyaux centraux qui sont situés en arrière du point de la réunion des pyramides antérieures • avec le bord inférieur du pont de • Varole, près des fasciculus teres da plancher du quatrième ventricule.

De cette façon, il se trouve d'une ' part au voisinage de la sixième paire du côté opposé, et de l'autre à côté de la septième paire. Vulpian a pu suivre ces fibres jusque dans • l'épaisseur de la protubérance; peut-être sout-ce des communications avec le noyau ' de la troisième paire du côté opposé, et alors on s'expliquerait la simultanéité des contractions de la sixième paire d'un côté et de la troisième paire du côté opposé.

(1) Lockhart-Clarke, Researches on the intimité structure of the Brain [Philosop/ucat transactions, part. I, 1868, p. 302).

(•) 1, gaugliou deGasser; 2, nerf oculo-moteur commun; 3, nerf pathétique ; 4, nerf optique : nerf frontal; G, nerf lacrymal ; 7, nerf nasal ; 8, branche ethmoïdale du nerf nasal ; 9, nerf Irochleateur : U . ne i frontal int(;rno ; H, nerf frontal externe ; 12, branches terminales cutanées du lacrymal ; 13, ce nerf fournit à la glande lacrymale; li, filet anastomotique du lacrymal sur le rameau orhitair maxillaire supérieur. (Beaunis et Bouchard.)

ji.£.i/.y.t.ii

Fig. 445. — Nerfs de l'orbite (*).

ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE

Détaché de la masse cérébrale, il se porte en dehors et en avant sur les côtés de la lame quadrilatère du sphénoïde, et s'engage ensuite dans le sinus caverneux entre la carotide interne et le pathétique. Dans l'orbite, il pénètre à travers la fente sphénoïdale, entre les deux tendons du droit externe, dans lequel il se distribue tout entier. Dans des cas exceptionnels, il envoie des ramifications au petit oblique et au ganglion ophthalmique.

Ce nerf s'anastomose dans le sinus caverneux avec le plexus de ce nom et l'ophthalmique.

Fig. 446. — Anastomoses du nerf pathétique (').

Pliysiologrie des muacles et des nerfs moteurs de l'œil. — Les trois paires de nerfs crâniens que nous, venons de décrire sont destinés à animer les six muscles qui concourent aux mouvements de l'œil.

Le nerf moteur oculaire commun fait contracter les muscles droit interne, supérieur, inférieur, le petit oblique et l'élévateur de la paupière supérieure. Les deux troisièmes paires peuvent agir simultanément et faire converger les yeux vers un point qui se trouverait situé sur la ligue médiane ; lorsque, au contraire, on regarde soit à droite, soit à gauche, il y a simultanément contraction des muscles.de la troisième paire dans un œil et de la sixième paire dans l'autre.

Pour bien comprendre l'action des muscles oculaires, il faut envisager l'œil comme une sphère suspendue dans l'orbite et exécutant les mouvements de rotation autour de son centre. Dans tous ces mouvements, le méridien vertical des deux yeux reste toujours parallèle, mais il peut conserver sa direction verticale, ou devenir oblique, comme nous le démontrerons bientôt.

L'action des muscles oculaires est complexe ; ils n'agissent jamais isolément, mais par groupes qui sont en antagonisme les uns avec les autres. Voici les dififérentes directions dans lesquelles l'œil exécute ses mouvements :

10 Le tnouvement de l'œil en dedans et dans le plan horizontal s'exécute à l'aide du muscle droit interne.

1' Le mouve7nent de l'œil horizontalement en dehors se fait par la contraction du droit externe.

.30 Le moiwetnent de l'œil verticalement en haut est produit par l'action combinée du droit supérieur et du petit oblique.

40 Dans le sens vertical en bas, il y a aussi deux muscles qui se contractent • ce sont : le droit inférieur et le grand oblique. '

Dans tous ces quatre mouvements, le méridien vertical conserve sa direction verticale Les quatre directions suivantes sont accompagnées d'inclinaison du méridien Vertical soit en dedans, soit en dehors.

te£*'b'"n^^toSTnl"'^'''^' clans lequel se ciislnbue le norf pathétique P. P' ; nerf moteur oculaire ex- S JnU-.f « ' ,'• "'''^.'""'«"•' "«^^l-'î'-e commun, présentant lù, dans le sinus caverneux un Z

sur .e rrontal^interne; P.norrs ^:^:l^:Ù:^S:£'X±:^:'^ri::^^^^

5» Le mouvement diagonal en haut et à gauclie s'exécute au moyen de trois muscles : droit supérieur, droit externç et du petit oblique.

G° Dans le regard oblique 'à gauche et en bas, les méridiens verticaux des deux yeux sont parallèles et inclinés, celui de l'œil droit en dehors et celui de l'œil gauche en dedans. Ce mouvement est exécuté par trois muscles : droit externe, droit inférieur et le grand oblique.

V Dans le regard oblique à droite et en haut le méridien de l'œil droit est incliné en dehors et celui de l'œil gauche en dedans. Le mouvement du globe est exécuté par le droit supérieur, le droit interne et le grand oblique.

8" Le mouvement de l'œil oblique à droite et en bas est exécuté à l'aide de trois muscles : le droit inférieur, le droit interne et le grand oblique.

9" Le mouvement diagonal en bas et en dedans, lorsque les deux yeux fixent un objet de près, s'exécute par la contraction du droit inférieur associé au droit interne.

11 est plus que probable que ce ne sont que les fibres inférieures du droit interne et les fibres internes du droit inférieur qui se contractent séparément de la masse de deux muscles, et cette contraction doit s'exécuter au moyen d'un filet nerveux isolé. J'ai rencontré, en effet, deux cas dans lesquels il n'y avait que la paralysie de ces parties des muscles sans que les autres portions de la troisième paire aient ét endommagées. Le méridien vertical était légèrement incliné en dehors.

On voit par cette exposition que chaque mouvement de l'œil, dans une des dire tions verticale ou horizontale, se fait à l'aide d'un ou de deux muscles qui se contractent au même degré que leurs antagonistes se relâchent. Les mouvements obliques, en diagonale, ne se font que par la contraction des groupes de trois muscles, qui ont un nombre égal de muscles antagonistes ; ces derniers se relâchent au moment où les autres se contractent et vice versa.

Dans les mouvements associés des deux yeux, il y a constamment le même nombre de muscles qui agissent dans chaque œil.

Ce n'est que da,ns ces conditions que la vision binoculaire peut se faire et l'objet être vu simple, parce que, sous l'influence de la force égale des contractions musculaires dans les deux yeux, l'image de l'objet frappe les points identiques des deux rétines et produit l'effet de la vision simple. Mais il suffit que dans un groupe quelconque, un des muscles manque pour que l'équilibre dans les mouvements des deux yeux cesse, et que la diplopie ou vision double apparaisse. L'œil, dans ce cas, prend une direction vicieuse, il se dévie soit en dehors, soit en dedans, ce qui constitue un état pathologiaue appelé strabisme.

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