PÉRIOSTITE, CARIE ET NÉCROSE DE L'ORBITE
constamment par résolution. Toute suppuration rétrobulbaire doit être rattachée au phlegmon de l'orbite.
Les causes de la tcnonite sont générales ou locales; parmi les premières il faut ranger les pyrexies (rougeole, scarlatine, oreillons) et surtout l'influence du froid humide ; parmi les secondes citons la compression des veines ciliaires iintérieures et surtout tous les traumatismes portant sur la capsule et la strabotomie en particulier. Mooren a noté cette influence 3 fois sur 3,705 sections musculaires.
Idiopathique, l'inflammation de la capsule de Tenon est une manifestation de la diathèse arthritique au même titre que l'iritis séreuse, Fhydarthrose, etc.
Traitement. — C'est l'étiologie rhumatismale qui domine les indications; il faudra donc recourir surtout au salicylate de soude.
Quant aux symptômes locaux, on les combattra parles moyens ordinaires : le chémosis par les scarifications jointes aux fomentations émollientes; les douleurs par la morphine, l'atropine; l'inflammation par les révulsifs intestinaux, etc.
Bibliographie. — 0. Ferrai, Téno?iite {Union médicale, 1848.) — Carrou de Villards Etude pathologique et clinique sur les différentes espèces d'exophthnlmie [Annales (l'ocul., 1858). — Schiess-Gemusaeus. Etude sur la tenonitis {Klin. monast. b. f. < augenheilk, 1887). — Chauvel, Article orbite (Dictionnaire encyclopédique 1882). — Panas {Archives d'ophthalmologie, 188.3). — Puechagut, thèse de Paris.
PÉRIOSTITE, CARIE ET NÉCROSE DE l'oRBITE.
Certains auteurs décrivent en des chapitres particuliers la carie, la nécrose et la périostite des parois de l'orbite. Mackenzie assigne à la carie cinq formes principales; Spencer Watsend reconnaît trois variétés de périostite. Ces distinctions et subdivisions cà l'infini ont, à notre avis, le défaut de favoriser la confusion parmi les maladies inflammatoires de l'orbite. La carie et la nécrose n'étant le plus souvent, dans la cavité orbitaire, que la conséquence de la périostite qu'elles précèdent dans les cas fort rares, leurs symptômes et leur traitement se confondant avec ceux de la périostite, il nous semble [)lus rationnel et plus pratique, à l'exemple, du reste, de Chauvel et d'autres auteurs récents, de décrire les ostéo-périostites orbitaires dans leurs seules formes aiguës et chroniques et en les envisageant dans leurs localisations sur V. le rebord ou sur les parois de la cavité osseuse.
Éliologie. — Les affections inflammatoires des parois de l'orbite reconnaissent des causes locales et générales.
Les périostites peuvent se déclarer à la suite de toute violence, de tout traumatisme porté sur la région. La propagation de l'inflammation des cavités voisines (sinus maxillaires, frontaux, crâne, etc.) peut aussi avoir le même résultat.
Le froid a été souvent incriminé, avec raison du reste. J'en ai vu plusieurs exemples irréfutables, notamment en 1880, mais l'influence des maladies générales comme la scrofule et la syphilis est plus généralement reconnue par les auteurs.
Bien qu'elles ne soient pas rares aux dernières périodes de la vie, les lésions ostéopcriostiques, beaucoup plus fréquentes que le phlegmon do l'orbite, se rencontrent de prélérence chez les jeunes sujets.
Symptonuitologie. — (u) Ostéo-périustile des parois orbitnires. — 1. C'est lorsque i'ostéo-périostile aiguë affecte les parois qu'elle a la plus grande ressemblance symptomatologique avec le phlegmon, et la similitude sera d'autant plus frappante que l'étendue des parois lésées sera plus considérable. Les douleurs péri-orbitaires précédant le gonflement des paupières suivi d'exophthalmie directe ou latérale viendront plonger le chirurgien dans un embarras diagnostique assez grand. Heureusement que les symptômes offrent en général moins d'intensité que dans le phlegmon : la fièvre est moins vive, le gonflement moins accusé et plus irrégulier, l'exophthalmie plus fréquemment latérale. Nous avons déjà insisté sur ces points à l'article phlegmon, nous n'y reviendrons pas. Répétons toutefois, vu l'importance du fait, que la ponction exploratrice qui est en même temps un moyen de traitement, permettra un diagnostic précis en indiquant le point où doit être pratiquée une large et profonde incision.
2. Mais cette forme aiguë est rare. Le plus souvent la périoslite des parois qui affecte une marche chronique et insidieuse est marquée au début par des symptômes vagues. Longtemps, en effet, des douleurs sourdes se font sentir dans l'orbite dont le rebord est, signe important et constant pour Mackenzie, douloureux à la pression, puis la paupière gonfle, se tuméfie, la conjonctive s'infiltre, l'œil est refoulé en avant. Dans la plupart des cas, j'ai vu la mobilité du globe rester intacte, il est vrai que les malades de de Graefe ont présenté l'observation contraire. La vue est ordinairement conservée. Un de mes malades, en 1879, avait une acuité visuelle assez bonne malgré une hémorrhagie de la rétine dont je constatai la présence avec surprise. Cependant il est juste de dire qu'Horner et d'autres auteurs ont cité des cas de névrites et périnévrites optiques observées à l'occasion de périostites chroniques des parois de l'orbite.
Peu à peu, une tuméfaction douloureuse et dure au toucher se dessiné' dans le cul-de-sac conjonctival. La tumeur se ramollit et évolue comme un abcès froid qui, ouvert, donne lieu à une fistule à cicatrisation interminable et donnant longtemps issue à un pus séreux souvent fétide. Par la fistule, le stylet n'arrive pas toujours sur les parois dénudées; le plus souvent, cependant, les os donnent à la sonde la sensation de fragilité de la carie ou la dureté de la nécrose. De très petites parcelles osseuses sont éliminées par une
sorte d'exfoliation. ^
Bien que de larges séquestres se détachent rarement des parois de 1 orbite, celles-ci n'en sont pas moins très souvent perforées par ce processus lent et le pus pénètre par ces orifices dans les cavités voisines : sinus frontaux, fosse temporale. La cavité crânienne n'est pas épargnée. On conçoit facilement quelle gravité prend l'affection dans ces circonstances. Cependant de Graefe a vu un cas de guérison après perforation de la paroi orbitaire supérieure et suppuration intra-crànienne.
(6) Périostite, carie et nécrose durebord orbitaire. — Bien qu'on puisse trouver dans les auteurs certaines indications sur ces inflammations localisées au rebord de l'orbite, c'est à Sichel que revient le mérite d'en avoir donné It' pre-