TUMEURS VASCULAIRES
ou appelons encore à de nouveaux faits avant d'accepter délinilivcment cette variété de tumeur vasculairc de l'orbite. »
II. Passons à une deuxième variété de lésions mises en cause pour expliquer les tumeurs pulsatiles.
L'étude des tumeurs anévrysmales de Forbite présentait de tout temps des difficultés considérables, et tandis que certains auteurs, entre autres Travers, Jobert et Velpeau, décrivaient ces maladies comme des tumeurs érectiles, d'autres comme Dudley, Pétrequin et Demarquay, les rapportaient à la classe des anévrysmes de l'artère ophthalmique. Cette dernière opinion avait prévalu dans un grand nombre de traités; pourtant, si l'on examine les faits anatomopatliologiques, on se trouve en présence d'un seulfait deGuthrie, où les deux artères ophthalmiques avaient été trouvées dilatées, et d'un autre cas plus complexe où la carotide interne ainsi que l'origine de l'artère ophithalmique se trouvaient dilatées.
- Si, d'une part, les faits anatomiques de l'existence d'anévrysmes de l'artère ophthalmique sont discutables, nous nous trouvons, d'autre part, en présence de faits problématiques où, malgré la symptomatologie la plus complète de ce qu'on appelait l'anévrysme de l'artère ophthalmique, l'autopsie ne continua point le diagnostic. Il nous suffit de citer ici l'observation recueillie par Hulke (1), dans le service de Bowman, d'une femme âgée de quarante ans qui, à la suite d'un coup de poing, eut de l'exophlbalinie avec bruit de souffle et tous les autres signes caractéristiques d'anévrysme de l'artère ophthalmiquo. Bowman pratiqua la ligature de la carotide primitive et toute pulsation ainsi que le bruit cessèrent dans l'œil. Mais, huit jours après, la malade succomba à la suite d'hémorrhagies nombreuses provenant de la plaie. A l'autopsie, on ne trouva point d'altération du côté de l'artère ophthalmique, mais le sinus caverneux était rempli de coagulums ramollis et désagrégés. Un autre fait analogue sous tous les points est celui d'une malade opérée par le professeur Richet d'une ligature de la carotide dont elle succomba, chez laquelle à l'autopsie on ne trouva point d'anévrysme, tandis que la veine ophthalmique était fortement dilatée. Néanmoins il nous paraît juste d'ajouter que si on ne peut montrer aucun fait incontestable d'anévrysme de l'ophthalmique dans l'orbite, il n'en est peut-être pas de même pour les dilatations de cette artère à son origine. Le fait de Nunneley nous paraît avoir à ce point de vue une grande valeur.
III. Mais la lésion la plus incontestable, celle qui pourra, par bon nombre de faits, satisfaire le mieux l'esprit, est la rupture de la carotide interne dans le sinus caverneux; c'est en effet, comme l'a démontré le premier Nélaton, aux anévrysmes artérioso-veineux qu'on a le plus souvent affaire.
La thèse remarquable dcDelens (2) a jeté un jour nouveau sur cette question délicate de pathologie chirurgicale; elle contient une étude historique et une analyse détaillée de toutes les observations qui se rapportent à ce sujet fout en renvoyant le lecteur aux détails intéressants du travail de Delens nous chercherons pour notre part à résumer tout ce qu'il renferme concernant cette affection.
(l) Hulke, Ophlh. Uosp. Reports, 1859, n» 7 p G ^^(2) Dclens, De la communication de la carotide interne et du sinus caverneux. Paris,
ARTICLE PREMIER