TUMEURS NON PULSATILES DE L'ORBITE
I.orlc ci-après les détails, la compression n'a été faite qu'une demi-heure ou une heure tous les jours ou tous les deux jours, et au bout de quatre mois et demi les bruits ont cessé et la malade est aujourd'hui complètement i;uérie.
Si ce dernier traitement ne réussit pas, il aura toujours l'avantage de préparer le succès de la ligature en déterminant la dilatation des anastomoses.
3. Ligatare de la carotide. — Les statistiques paraissent être, d'après les auleurs (Lefort), très favorables pour le traitement des tumeurs pulsatiles de l'orbite par cette méthode. C'est ainsi que sur 33 cas recueillis par Delens, il v a 22 succès complets et b cas partiels, et sur les 63 cas de Sattlcr il n'y eut que 8 morts, soit une proportion de 12 p. 100 d'insuccès, tandis que cette même proportion est de 58 p. 100 pour les cas de ligatiu'cs ordinaires. On ne sait à quelle cause attribuer cette heureuse particularité.
On pratique généralement la ligature de la carotide primitive. Demarquay pense que la ligature de la carotide interne serait suffisante. Mais, pour plus de sûreté, Legouest, après avoir lié la carotide primitive, posa une seconde ligature sur la carotide externe au-dessus de la thyroïdienne supérieure.
4. Pour calmer les douleurs de tête et de l'œil, on aura recours à l'usage interne de Fiodure de potassium et à la compression méthodique et prolongée du globe de l'œil. Ces moyens m'ont en effet réussi dans le cas d'anévrysmc cité plus bas; les douleurs cessèrent, et Texophlbalmie, sous l'influence de ce traitement, disparut complètement.
Observation. — Une feiame, ùgéo de quarante-deux ans, vint nous consulter le lor février 1871, pour une exophthaluiie considérable accompagnée d'une paralysie de la paupière supérieure et de tous les muscles externes de l'œil, d'un chémosis considérable formant un bourrelet entre les paupières. L'auscultation faisait découvrir un bruit de souffle très marqué que la malade entendait elle-même sans discontinuer la nuit comme le jour, dans toute la tête, en avant comme en arrière. C'était pour moi un auévrysme artérioso-veineux. Mon diagnostic a été confirmé par Gosselin, Delens, L. Labbé et Guéneau de Mussy. La malade souffrait beaucoup de la tête la nuit : je lui prescrivis le traitement interne à l'iodure de potassium, et je la soumis en outre à la compression méthodique de l'œil avec un bandage et à la compression digitale de la carotide d'une demi-heure à une heure tous les jours. Les docteurs Accolas, Breton et Du Gazai, aides-majors, Presbiano, Diamanlopoulos, Theuot et plusieurs autres médecins ont bien voulu prêter ici leur concours obligeant. Grâce à ce traitement, l'exoplithalmie disparut complètement, le bruit de souffle devint plus faible, et au bout de quatre mois et demi il cessa complètement. Depuis
lors la guérison se maintient.