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TUMEURS NON PULSATILES DE L'ORBITE

Sous le nom de tumeurs non pulsatiles ou veineuses de l'orbite on décrit : (a) les angiomes simples ou caverneux et (6) les tumeurs veineuses proprement dites ou variqueuses.

Berlin a pu réunir .S4 observations de ces deux variétés de tumeurs vasculaires malgré le peu de précision et la variété des dénominations sous lesquelles elles sont rapportées.

A. V angiome simple (et les faits do Broca, de Lebert, de Parisc rentrent dans

cette catégorie) n'est le plus souvent qu'un nœvus de la paupière étendu a la logo orbitairc. Cette tumeur a donc les mêmes symptômes que la tumeur palpébrale; mal limitée, de consistance molle, de coloration rouge ou violacée plus ou moins adhérente aux tissus circonvoisins (le tissu cellulaire de l'orbit.} a été trouvé hypertrophié dans quelques cas), la tuméfaction cède à la pression disparait, pour augmenter de volume au moment des cris des petits malades! Les déplacements du globe oculaire sont rares.

Quant à l'angiome caverneux, il a été décrit pour la première fois par de Graefe en 1860, et les faits publiés depuis, le mien en particulier, semblent calqués sur cette description magistrale. Ces tumeurs ressemblent aux corps caverneux de la verge, elles possèdent

le môme réseau de faisceaux conncctifs brillants, dont les mailles retiennent le sang comme une éponge, et possèdent même Uf propriété d'élasticité pour lo retenir.

Selon Rindfleisch, tout tissu contenant des vaisseaux sanguins est susceptible de se transformer en tissu érectile. Le processus histologique qui préside à la métamorphose caverneuse est sans aucun doute néoplasique et il n'hésite pas à le ranger dans la classe des tumeurs histioîdes, res- | semblant tout à fait à un fibrome.

La figure 466 représente une ' tumeur caverneuse de l'orbite à l'état de développement parfait 1/300.

La métamorphose caverneuse < provient de ce que le tissu embryonnaire d'un organe se transforme le long des parois vasculaires en cellules fusiformes et en tissu fibreux; il en résulte une rétraction dans une direction et un élargissement dans l'autre. En un mot, les tumeurs caverneuses sont le résultat d'une dégénérescence fibroïde du système capillaire sanguin. Elles se développent de préférence dans les couches graisseuses, et c'est dans la graisse probablement de l'orbite que prend naissance la tumeur en question.

Nous avons eu l'occasion d'extirper, le 3 mars 1876, une tumeur analogue de la cavité orbitaire droite d'un enfant âgé de quinze mois, qui était atteint

Fig. 466. — Tumeur caverneuse de l'orbite d'après la préparation de Remy (*).

(*) B, B, cavités remplies des globules du sang ; c, c, cavités vides.

TUMEURS NON PULSATILES DE L'ORBITE. ^^23 dès sa naissance d'une oxophthalmie due à ccUc tumeur qui augmentait constamment. Elle avait le volume d'une petite noix. A Texamen microscopique fait par mon excellejit ami et aide Remy, ainsi que par le docteur Parcker, on a pu constater Texistence d'une tumeur caverneuse la plus caractéristique. La ligure 466, faite d'après la préparation de M. Remy, montre une disposition très nettement caverneuse. On y distingue de nombreuses cavités dans du tissu fibreux. Quelques-unes d'entre elles, B B, sont remplies de globules du sang, d'autres, comme c c, sont vides. Toutes ces cavités sont probablement des vaisseaux capillaires béants et dilatés.

Les faits publiés depuis 1860 s'accordent à démontrer la bénignité, la lenteur de la croissance, l'indolence ordinaire de l'angiome caverneux qui se comporte comme une tumeur de bonne nature et n'altère pas la santé générale. Ma petite malade s'est fort bien trouvée de l'opération ; Fexophtbalmie avait diminué, je n'ai pas appris qu'elle eut eu une récidive.

B. Quant aux tumeurs variqueuses ou mneuses proprement dites, elles ne sont constituées, comme groupe morbide indépendant, que depuis la publication du remarquable travail d'Yvert paru en 1881 dans le Reciceil d'ophthalmologie.

Chelius, en 1830, signale le fait rare de tumeurs proéminentes dans Torbite, compressibles età coloration bleuâtre. Velpeau, Mackcnzie, Schmidtet, Mazel, Foucher publient des observations réunies dans l'excellente thèse de Dupont (1863), puis paraît le travail d'Yvert en 1881. Voilà en traits rapides tout l'historique de la question.

Cette affection se présente sous deux formes : tantôt il y a une tumeur veineuse, tantôt une simple exophthalinie intermittente.

L'observation qui a servi de base au travail d'Yvert donnera une idée fort nette de la première forme symptomatique. 11 s'agit d'une femme de 43 ans ; quand elle est debout, la tète droite, on voit à la partie supéro-interne de la paupière supérieure une tumeur grosse comme un pois, recouverte par une peau normale; la grosseur est molle, fluctuante, réductible par la pression, sans souffle ni pulsation ni battement. Dans le décubitus et pendant le sommeil la tumeur disparaît pour redevenir perceptible une ou deux heures après le lever. Pendant les efforts, les cris, elle prend un volume double. Les mouvements de Foeil ne sont pas gênés, il n'y a pas l'exophthalmie véritable qu'on a observée dans d'autres cas.

La seconde forme morbide n'est plus caractérisée que par une exophthalmie intermittente se produisant pendant les cris, les eiTorts, dans les attitudes déclives, se réduisant spontanément dans les conditions inverses. La protusion de l'œil n'est accompagnée d'aucune tumeur, d'aucun gonflement sensible. Celte affection est bénigne, à marche lente et ne réclame aucune intervention.

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